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 Monument aux Morts du Cimetière d'Halluin, 

dédié notamment aux Halluinois décédés 

lors de la Guerre d'Indochine - Juin 2012. 

(Photo DD 12488  n° p1050285) 

(Pour un agrandissement , utilisez la loupe en bas à droite).

Le 8 juin est la Journée Nationale

 d'Hommage aux Morts pour la France en Indochine. 

 

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 L'Halluinois Gabriel Vervacke restera 

une vingtaine de mois en Indochine. 

(Photo DD 12486  n° Img 139)

(4/4) Gabriel Vervacke... ou le témoignage

 d’un ancien de la Guerre d’Indochine.

 

(suite et fin des 4 volets consacrés aux Halluinois et l'Indochine).

Gabriel Vervacke est l’un des derniers combattants d’Indochine. A l’occasion de la mise à l’honneur par la Ville d’Halluin, en juin 2007, des halluinois Jacques Wagnon et Jean Nollet décédés en Indochine, cet Halluinois exemplaire a bien voulu témoigner, dans la presse locale, de cette histoire douloureuse.

Effectivement, Gabriel Vervacke était anxieux. A quelques jours de l’inauguration de deux rues portant les noms d’anciens combattants d’Indochine, cet homme qui a eu le courage de s’engager dans l’armée au moment de la Seconde Guerre mondiale et titulaire de la Médaille Militaire, est impressionné par les honneurs. « C’est bête, hein, moi qui ne me suis jamais laissé faire ! ». Mais cette cérémonie fait resurgir un tas de souvenirs.

Gabriel Vervacke est né le 28 octobre 1923 à Halluin. En 1939, il a 16 ans et refuse de partir en Allemagne. « J’ai dû me cacher. Je me suis engagé pour la campagne de France pour libérer mon pays ». Après La France, il participe à la libération de l’Italie. Puis revient à Fréjus. « Là, j’ai intégré le corps expéditionnaire d’Extrême-Orient. Et le 2 février 1946, j’ai embarqué pour l’Indochine ». Dans cette colonie française, on parle alors d’insurrections. « Mais, c’était la première guerre coloniale, je l’ai compris après… »

Parmi les hommes envoyés, se trouve aussi Jacques Wagnon, Halluinois. « Mais on ne se connaissait pas. C’est après quand je suis rentré en France que j’ai appris par ses parents qu’il était décédé en Indochine ».

 

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Un soldat vietnamien lors de la Guerre d'Indochine.

 (Photo DD 12472  n° Img 099)

 

Gabriel Vervacke lui, combat contre les « insurgés », mais aussi le paludisme et la moiteur tropicale. « C’était un climat très dur pour nous : humide et chaud. Les « opérations » se déroulaient souvent dans les rizières. C’était pourri de moustiques. On a tous attrapé le palu. Heureusement ce n’était pas trop grave ». 

Des engagés de l’armée française ne rechignent pas au combat. « Cela peut paraître bête aujourd’hui, mais on voulait toujours y aller. On était toujours volontaires pour ne pas laisser tomber les copains. Et puis on était jeunes ». soupire M. Vervacke.

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Piste d'atterrissage permettant de recevoir

du matériel et des hommes transportés par avion,

au point d'appui de Diên Biên Phu confié

au Colonel Christian de Castries.

(Photo DD 12486  n° Img 140)

 

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Lorsque cette piste sera devenue inutilisable,

l'armée de l'air française larguera

des parachutistes en grand nombre.

(Photo DD 12487  n° Img 142)

Mais l’ardeur et le courage au combat ne protègent pas des balles. Après presque deux ans en Indochine, Gabriel Vervacke est grièvement blessé. Il est rapatrié en France et il est transporté sur "Le Chantilly", un bateau médical militaire. Et là il découvre que l’hostilité de certains Français pour cette guerre se retourne contre ces combattants.

« On n’était pas bien vu. C’était d’ailleurs écoeurant ».  Il est hospitalisé à Paris. Là il reçoit même la visite de Madame Auriol, la femme du président de la République.

Gabriel Vervacke revient à Halluin avec des séquelles de ses blessures. Il cherche du travail et, malgré une loi qui contraint les entreprises à employer des blessés de guerre, il ne décroche pas de poste. C’est finalement l’Union Patronale qui l’embauche. Il apprend aussi la chute de Diên Biên Phu en 1954. « On ne pouvait pas rester indifférent. Il a fallu l’accepter ; c’était comme ça, une drôle d’époque, plutôt triste ». 

Mais en 2007, à 84 ans, Gabriel Vervacke ne regrette pas son engagement. «J’avais un idéal, j’ai combattu pour cet idéal. J’ai eu le courage de le faire ».

 

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Années 60/70. Assemblée générale des Mutilés de Guerre d'Halluin.

On reconnaît notamment :

Fernand Graye, Danset, Albert Tierrie, Albert Hoste, Eugène Provost, Emile Coopman,

Albert Gadeyne, Augustin Declercq, Henri Verkindère, Arsène Brouchok, Mignon,

André Lecluyse (avec son chapeau au milieu), A. Descamps

 et Gabriel Vervacke (A gauche, 1er rang le 5e).

(photo n° 1950)

 

Secrétaire du groupe halluinois des Mutilés de guerre depuis le 7 février 1960,

Gabriel Vervacke est élu président de cette association le 5 octobre 1984.

A cette date, il était également président de l'U.N.C. d'Halluin.

Grand invalide de guerre, il est titulaire de la Médaille Militaire, de la Croix de guerre avec palme, de la Médaille coloniale, de la médaille des blessés, des médailles commémoratives pour la Campagne de France, d'Italie et pour celle d'Indochine, Croix du combattant volontaire de la guerre 1939-1945 ainsi que de la Croix du combattant.

Né le 28 Octobre 1923 à Halluin, M. Gabriel Vervacke est décédé le 1er Octobre 2015 à Tourcoing, dans sa 92ème année. 

 

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Monument aux Morts, rue de Lille, Halluin - Juin 2012.

(Photo 12473  n° p1050211)

 

Le Monument aux Morts d'Halluin, situé rue de Lille, 

entretient la même mémoire que celui situé au Cimetière. 

12/6/2012

Commentaire et Photos : Presse - Daniel Delafosse