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 carte vers 1965 al804

Ville d'Halluin 59250 - Carte postale du centre... vers 1965.

(Vers la gauche, l'Eglise Saint Joseph : Quartier les Baraques Menin B.)

(ARPH DD 31702  n° car)

 

Halluin et son Histoire.

 

  Blason : D’argent à trois lions de sable, lampassés de gueules, armés et couronnés d’or.

 Superficie : 1.256 hectares.

 Population :  20.088 Habitants (recensement 2007)

 Topographie :  Altitude moyenne : 20 m, Altitude du Mont : 69 m, Le Colbras : 47 m.

Halluin est l’une des 87 communes appartenant à Lille-Métropole (Communauté Urbaine de Lille). Construite sur le dernier des Monts de Flandre, elle se situe dans la Vallée de la Lys.

Bornée au nord par la Lys et la ville de Menin (Belgique), à l’est par la commune de Reckem (Belgique), au sud par les communes de Neuville-en-Ferrain et de Roncq, à l’ouest par la commune de Bousbecque.

Traversée par deux petits cours d’eau : La Becque de Neuville et la Becque de la Viscourt.

Situation géographique : La commune est située à 18 kms de Lille, 24 kms d’Armentières, 9 kms de Tourcoing, 12 kms de Roubaix, 1 km de Menin  et 54 kms de Gand (Belgique).

Situation administrative : 10ème circonscription électorale – Canton de Tourcoing Nord – Nom des Habitants : Halluinois – Code Postal : 59250 

 

 img702

Livre : Histoire de Halluin par l'Abbé Coulon. 

(DD 31707  n° Img 702) 

  

Historique et Origines.

 

L’origine de la dénomination de la ville n’est pas certaine, et diverses hypothèses ont été avancées par des étymologistes. Pour notre part, nous retiendrons deux possibilités. D’après l’Abbé Alphonse-Marie Coulon qui a consacré une bonne part de sa vie à des recherches multiples concernant Halluin, Halluin viendrait-il de HALU et IN, IN ayant la même portée que ghem, hem, gnies, court, zeele, radicaux désignant anciennement une habitation, une demeure. 

L’origine de la dénomination de la ville n’est pas certaine, et diverses hypothèses ont été avancées par des étymologistes. Pour notre part, nous retiendrons deux possibilités. D’après l’Abbé Alphonse-Marie Coulon qui a consacré une bonne part de sa vie à des recherches multiples concernant Halluin, Halluin viendrait-il de HALU et IN, IN ayant la même portée que ghem, hem, gnies, court, zeele, radicaux désignant anciennement une habitation, une demeure.  

Dans cette hypothèse, Halluin désignerait la demeure ou le siège d’un chef de famille nommé Hallu autour duquel étaient groupés ses familiers ou sujets. 

D’autres étymologistes pensent que la dénomination d’Halluin a pour origine HASOU HALLE qui signifie entrepôt, magasin et WIN qui signifie VIN.

 

Toutefois, le nom d’Hallewyn apparaît pour la première fois dans l’histoire, dans le célèbre diplôme par lequel le Comte de Flandre Baudoin V, en 1066, assigne une dotation à la Collégiale de Saint-Pierre de Lille.

Au XIIIe siècle, les prévôts d’Halluin furent anoblis, leurs armes d’Argent à Trois Lions de sable, armés, lampassés de gueules et couronnés d’or, posés 2 et 1.

En 1559, Jeanne Henriette, fille héritière de Jean II d’Halluin a épousé Philippe de CROY ; les terres d’HALLUIN passèrent ainsi donc dans cette illustre famille.

En 1614 on qualifiait Halluin de Baronnerie. Les seigneurs d’Halluin furent les mêmes que ceux de Comines à partir de la fin du XVe siècle ; ce furent, successivement, les Maisons de Croy, de Ligne-Croy et d’Hénin-Liétard, enfin les ducs d’Orléans depuis 1706.

La situation de la ville à proximité de la frontière et de la place de Menin, lui valut d’être éprouvée à maintes reprises : en 1582, le Duc de Parme fit construire un fort sur les ruines de l’église, pour résister aux rebelles installés à Menin. En 1658, 1667, 1706 et 1744, Halluin souffrit des sièges de Menin, pendant le siège de Lille en 1708, les alliés passèrent dix-huit fois par la ville.

En 1706, Charles Louis d’Alsace vendit les Baronnies de Comines et d’Halluin, au duc d’ORLEANS et la maison BOURBON d’ORLEANS, les conserva jusqu’à la Révolution.

 

chteau plan en 1709 xnbak Plan de Menin en 1709 avec la situation du château d'Halluin (cercle rouge).

(X DD 31706  n° cha)

 

Au cours de l’histoire, la ville d’Halluin eut beaucoup à souffrir des guerres et de plus, elle fut démembrée à deux reprises : une première fois en 1686 par Louis XIV, qui incorpora à la ville de Menin une partie du territoire d’HALLUIN, parce que celui-ci était enclavé dans le tracé des nouvelles fortifications. Et en 1779, Louis XV céda aux Pays-Bas Autrichiens, le hameau du Cornet, soit 179 ha.

 

Il est certain que les légions Romaines se sont installées dans le site d'Halluin, particulièrement favorable à la défense par la proximité des monts d'Halluin et de la Lys.

Les Romains qui s’étaient introduits dans les Gaules par la force des armes, avaient pour politique de donner à leurs nombreux sujets leurs arts et leur science ; c’était en effet le moyen de conciliation le plus sûr. Sous leur domination, on vit s’établir dans les Gaules des lieux choisis où l’on s’occupait spécialement de la filature de la laine et du lin, de la fabrication des toiles et d’une infinité d’autres objets. La zone d’Halluin accepta sans doute ce présent d’autant que, lorsque César entra en Gaule, on y cultivait déjà le lin que l’on convertisait en toile.

 

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(X DD 31695  n° Img 627)

 

L’invasion des barbares en Europe sur la fin du Ve siècle fut une époque désastreuse pour l’industrie naissante ; cependant elle ne périt pas complètement, et du temps de Charlemagne, on fabriquait des étoffes de laine et de la toile, mais le règne de ses fils arrêta cet essor des arts.

Le mouvement industriel et commercial dans notre pays date du XVe siècle et fut une des heureuses conséquences des croisades. Nos ancêtres qui s’enroulèrent pour ces expéditions lointaines admirèrent les manufactures très précieuses que possédaient l’Orient, et revenus dans leur pays, s’empressèrent d’en élever de semblables.

Dès  les XIIe, XIIIe et XIVe siècle, rien n’était plus florissant que les fabriques de pannes, serges, tripes, camelots, calemandes et autres étoffes en laine des villes de la région, dont notamment Halluin.

 

A cette époque, Halluin avait un scel pour marquer ses draps. Ce fait est confirmé  par Ch. Roussel. Defontaines dans son Histoire de Tourcoing page 351 : « Cependant Tourcoing, malgré son importance commerciale, n’avait pas encore de scel et était obligé d’aller à Halluin faire marquer ses draps ».

Le Roi Jean autorisa le bailli de Lille, par lettre du 6 novembre 1360 d’octroyer aux habitants de Tourcoing une marque ou signe pour marquer les draps qui s’y fabriquaient.

Cette autorisation ne fut sans doute pas suivie d’effet, car jusqu’au 8 juin 1372, date d’octroi d’une nouvelle autorisation donnait à Tourcoing d’avoir son scel particulier.

Outre ce scel que les habitants d’Halluin possédaient de très ancienne date, ils obtinrent la permission d’en apposer un second en vertu des lettres qui leur furent accordées au mois de mai 1397 par Philippe le Hardi, duc de Bourgogne et Comte des Flandres.

 

On raconte qu’à ce sujet au cours d’une assemblée tenue pour la confection de ce scel, le Seigneur et les Echevins entendirent du bruit. On apprit que quelques individus ayant vidé toutes les outres de l’auberge sise à proximité, se promenaient autour d’une table en élevant au-dessus de leur tête une outre renversée et en chantant en flamand « All wyn i suet ». Ce qui veut dire en français « tout le vin est vidé ». Eh bien ! repartit le Seigneur, mettons sur notre scel une table surmontée d’une outre renversée et inclinée. 

 img700

 Extrait de la carte des environs de Lille... Halluin 1726 - 1727.

(X DD 31699  n° Img 700)

 

Après une évolution remarquable de l’industrie textile, entravée au cours des ans par les guerres, Halluin comptait plusieurs centaines de tisserands.

Cette évolution fut encore accélérée par l’arrêt du Conseil d’Etat qui en 1762 permet aux habitants des campagnes, de filer toutes espèces de matières et de fabriquer toutes sortes d’étoffes comme de les apprêter en se conformant aux règlements. Halluin profita pleinement de cette situation nouvelle et plusieurs centres industriels se formèrent dans la Châtellenie de Lille dont quelques-uns dans Halluin, prirent une importance considérable.

On y confectionnait des toiles et du linge de table, blanchis dans les prairies bordant la Lys, des toiles à matelas, des cordons et des rubans de fil, des articles de bourgeterie et de sayetterie, des tripes de velours, camelots, calemandes, molletons et bassins.

Halluin s’adonnait encore à une autre spécialité avec trois autres villes de la région : la fabrication des toiles de fil et coton connues sous le nom de toiles à carreaux.

La chaîne de ces toiles était en fil de lin et la trame en fil de coton dans les premières qualités, et en fil de lin et de coton dans les autres. En 1789, on comptait 260 métiers battants à toile à carreaux. 

En 1792-1794, au cours des opérations militaires, Halluin fut occupée tour à tour par les Français et les Autrichiens. 

 

Au XIXe siècle, le calme favorable à l’épanouissement fut enfin retrouvé. A la fin du siècle, Halluin peut être considérée comme une ville textile spécialisée dans le tissage de la toile.

Le travail en usine, qui s’est généralisé entre 1880 et 1890, a favorisé chez les ouvriers une prise de conscience de leur situation d’exploités.

Les grèves et les manifestations se succédèrent rapidement, les grévistes sont directement soutenus par une municipalité communiste. Les tensions croissent et Halluin reçoit l’appellation de «Ville Rouge ».

Entre 1920 et 1930, Halluin apparaît pour les militants politiques comme un modèle de la lutte ouvrière.

 

Pour la petite histoire, Halluin peut s’énorgueillir d’avoir reçu d’illustres visiteurs, ainsi Louis XIV, accompagné de la Reine et des Princes Royaux, y dina en la journée du 28 mai 1670 ; Louis XV y vint aussi en 1746 ; le Baron de Comines et d’Halluin, le futur Louis-Philippe (photo ci-dessous) y séjourna, une quinzaine de jours, avec son père le Duc d’Orléans en 1792 ; Napoléon la traversa en 1803 et Louis XVIII en 1815. 

 

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Fils du Duc d'Orléans, Louis-Philippe 1er

dernier roi des Français de 1830 à 1848.

(X DD 31705  n° Img 588)

 

Le Mont d’Halluin, autrefois « Mont des Louvières », vit séjourner dans l’ancienne prévôté d’Halluin, Thomas Becket archevêque de Canterbury, venu vers l’an 1170 tenir son filleul sur les fonts baptismaux. Ce prélat anglais né à Londres en 1118, décéda en 1170 à Canterbury, assassiné dans sa cathédrale sur ordre d’Henri II, roi d’Angleterre, Il fut canonisé par le pape (Saint Thomas).          

                                             

Cet historique, ci-dessus, a été puisé dans « l’Histoire d’Halluin »

de l’Abbé Coulon, et des archives de la Ville d’Halluin. 

 

P1590259

Eglise Saint-Hilaire centre ville Halluin - 23 Janvier 2019.

(DD 31704  n° P1590259) 

 

1500 ans d’Histoire Halluinoise.

Récit par le Journal Paroissial "La vie chez nous" en Avril 2011.

 

Les origines saxonnes du nom Halluin dateraient du Ve siècle. C’est plus de cinq cents plus tard que fut bâtie la première église. 

Le nom d’Halluin viendrait de Halu-in. « In » est un suffixe saxon signifiant villa, comme les suffixes « ghem » et « hem ». Cela ferait dater Halluin d’avant l’expansion franque depuis Tournai, donc vers le Ve siècle.

Une vie à Halluin serait peut-être plus ancienne, car Halluin se trouvait sur les voies romaines Cassel-Wervicq-Tournai, et Arras-Courtrai, via ce qui deviendra Lille, dont une partie est la route du Dronckaert aujourd’hui. Notons que des objets romains ont été trouvés à la sortie de Menin (B), près de la route d’Ypres.

L’abbé Coulon précise que la première église d’Halluin (Saint-Pierre) existe depuis 1101 ou 1105, au centre de l’ancien bourg situé au sud de la morte Lys, entre le milieu des « Baraques » et les rues Emile Zola et Gustave Desmettre actuelles.

L’église Saint-Pierre se trouvait à l’orient de la route de Lille, sur la rue de Mouscron actuelle. Elle était importante, donc Halluin était déjà bien peuplé, ce qui confirme qu’elle existait depuis longtemps.

Le chemin des Prés longeait la Morte Lys, il en reste une partie débouchant près de l’église Notre-Dame, et une autre appelée Weide Straat rue du pré à Menin (B). La Morte de Lys devait se trouver à la hauteur de Saint-Hilarius Straat. 

 

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 Livre de l'Abbé Coulon Histoire de Halluin.

(DD 31696  n° Img 637)

 

De Saint-Pierre à Saint-Hilaire. 

Le château des Hallewyn se trouvait plus au nord-est, entre le rond-point de la route de Mouscron et le pont sur la Lys. Une drève reliait le château à l’église. Eglise, château et plusieurs censes sont détruits au XVIe siècle lors de la guerre de religion dite des Gueux. 

L’église est rebâtie en 1603, au même endroit, mais le maître-autel est dédié à saint Hilaire ; l’église a donc changé de patron, comme l’atteste saint Hilarius Straat à Menin, dans l’ancien territoire du vieux bourg d’Halluin.

 

En 1668, Halluin passe à la France de Louis XIV qui s’empare aussi de Menin et veut fortifier cette place stratégique par une citadelle de Vauban. Le bourg gêne le point avancé de la citadelle appelé cornet (la rue du Cornet ou Hoornwerkx à Menin témoigne de cet ouvrage) et en 1686, Louis XIV la rase, ainsi que cent quarante habitations, jusqu’à la hauteur du chemin de Linselles (Emile Zola aujourd’hui).

Le Bras Mort protège le cornet, il disparaîtra par la suite. La quasi-totalité du vieux bourg passe à Menin. Près d’une citadelle, on ne peut construire en dur, des habitations sont alors montées en bois, d’où le nom de « Baraques ». 

 

Une forte immigration… belge. 

L’église est reconstruite en 1678 sous le nom de Saint-Hilaire à son emplacement actuel. Le bourg va renaître autour de la route de Lille et ce qui deviendra la rue Gustave Desmettre et va s’agrandir au nord, puis au nord-est, puis à peu près symétriquement de chaque côté de la route de Lille.

Notons qu’une autre amputation du territoire d’Halluin a été faite en 1779 pour la route Menin-Mouscron (B), ce qui correspond au quartier de l’église Saint-Joseph au nord du quartier actuel de la Rouge Porte, ce quartier a été appelé un moment Halluin-Nord.

Puis Halluin s’est développé en particulier parce que ses usines attiraient beaucoup de monde, dont beaucoup de Belges. Durant la période révolutionnaire, Saint-Hilaire est vendue et en partie détruite.

 

La population s’accroissant, une nouvelle église Saint-Hilaire est construite en 1856.

En 1858, la moitié est du bourg est constitué. A l’ouest, des maisons touchent les limites du « Colbras », avec une place Saint-Martin sur l’emplacement de l’actuelle salle Faidherbe. Vers 1906, les maisons du centre couvrent à peu près le territoire actuel. 

Habitude curieuse de anciens Halluinois : les habitants du centre sont appelés Halluinois, les autres sont du Mont ou du Colbras…   

 Halluin AL0015

Centre Ville Halluin... au 21ème siècle.

(AL DD 31698  n° Halluin AL0015)

 

Rappel historique... Traité d'Utrecht :

 

Contrairement à ce que croit la majorité des gens, la rivière Lys ne délimite pas exactement la frontière franco-belge.

Et donc, en septembre 2014 au Port de Plaisance d’Halluin-Menin, des bornes ont été placées symboliquement sur la véritable ligne qui sépare la France de la Belgique… ceci afin de célébrer les 300 ans du traité d’Utrecht, lequel définit, à peu près, les délimitations territoriales que nous connaissons maitenant.  

 P1220434

Septembre 2014 :  Borne installée au Port de Plaisance Halluin-Menin.

(Photo DD 22251  n° P1220434) 

 

Voir aussi... cliquez ci-dessous :  

Halluin : Haleuwin, Hallewin, Haluwin, Halewyn... (Historique du Nom).

 

 

5/8/2011 - 25/1/2019                                                                                                                                 

Commentaire et Photos : ARPH - Presse - Doc - Daniel Delafosse