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La mise à jour des fouilles du château d'Halluin.

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(VdN DD 31796  n° ves)

 

Voici comment fut relatée cette découverte

     dans le Journal "La Voix du Nord", des 23 et 24 Mai 1971 :  

 

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La base des deux tours du Château d'Halluin... en 1971.

(VdN DD 31800  n° ves)    

 

C'est grâce à la création du poste des douanes d'Halluin-Est que les Halluinois connaîtront le lieu exact de leur « château ». D'autres diront sans doute et avec autant d'arguments, que c'est parce que la ville de Menin a obtenu que soit poursuivie vers la rue de Courtrai, la route de contournement, que la découverte a été faite. 

A la vérité, il s'en est fallu de peu pour que personne ne connaisse jamais les vestiges du « château d'Halluin ». 

C'est en définitive, parce que pioches et marteaux-piqueurs étaient trop faibles pour en venir à bout que ces vestiges auront pu être connus du public.  

 

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Les vestiges...

(VdN DD 31801  n° ves)

 

Un énorme chantier...

 

Il y a de cela trois ans, la ville de Menin demandait au gouvernement belge que la route de contournement créée pour le poste frontière d'Halluin-Est soit prolongée en Belgique vers Courtrai pour dégager le centre de Menin.

Ce n'était pas un mince problème. Il fallait pour créer cette voie nouvelle redresser le cours de la Lys et construire un nouveau pont. La plupart des Meninois et Halluinois ignorent qu'un chantier gigantesque est ouvert pour réaliser cette opération.

Le gouvernement belge n'a pas lésiné sur les moyens. Il a décidé que cette rectification du cours de la Lys devait être faite en fonction d'un projet vague mais possible de porter la rivière au gabarit européen. Cela supposait un élargissement considérable et c'est dommage que le chantier se trouve isolé par un accès difficile, sans quoi,la foule des curieux se serait ruée pour le découvrir. Il n'est pas trop tard pour bien faire et l'information que nous donnons ci-dessous va sans doute provoquer la ruée des amateurs d'histoire et des curieux.  

 

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... du  Château d'Halluin...

(VdN DD 31799  n° ves) 

 

Une découverte inespérée...

 

Tous ceux qui se sont intéressés à l'histoire d'Halluin savent que la frontière se trouvait au temps de Vauban, à la Lys. La vraie Lys étant alors située place Astrid, à Menin (B.), que certains ont connu avec son bras mort. Les fortifications existent encore partiellement, qui témoignent de cette situation.

Dans son histoire d'Halluin, l'abbé Coulon parle du château d'Halluin, sans pouvoir le situer exactement. Il donne un croquis qui le représente avec des tours carrées.

 

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Situation du Château d'Halluin - Plan Menin B. en 1709.

 

L'histoire vient d'être mise à nu par l'entreprise chargée de la rectification du cours de la Lys, et on peut affirmer qu'elle s'en serait bien passée.

Les ouvriers se sont brusquement heurtés à une maçonnerie rebelle au marteau-piqueur. Ils ont creusé, taillé, pour mettre à jour la base de deux grandes tours, l'une de 12 mètres de diamètre, l'autre de 9 mètres avec des murs de 3 mètres d'épaisseur. Ils ont aussi découvert un pan de mur d'un mètre soixante-quinze d'épaisseur et dans le sol non encore fouillé apparaissent, ici et là, les bases du château.

 

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... Mis au jour en 1971.

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L'identification est indiscutable,

il s'agit bien du château d'Halluin.

 

Sa maçonnerie est d'une qualité extraordinaire. Les briques qui formaient les fondations semblent neuves et sont d'une dimension inusitée, 30 centimètres sur 20 environ et sont recouvertes de granit. L'ensemble est saisissant et le sera sans doute bien davantage lorsque les travaux seront poursuivis.

 

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(VdN DD 31797  n° ves)

 

 A la dynamite...

 

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(VdN DD 31802  n° ves)

 

Pourtant le spectacle sera sans doute de courte durée. L'entreprise qui a trouvé cet « obstacle » sur sa route, a demandé et obtenu l'autorisation de le détruite à la dynamite ! Ce sera fait vraisemblablement la semaine prochaine et le château d'Halluin aura définitivement vécu. On sera néanmoins fixé sur sa situation.

Pour le découvrir les Halluinois et les amateurs d'histoire pourront emprunter le chemin de halage à droite avant le pont sur la Lys à Menin. Le spectacle en vaut la peine.

Cette découverte extraordinaire incitera sans doute nos concitoyens qui possèdent des documents sur l'histoire de la ville à les confronter. Nous servirons volontiers de boite à lettres pour les réunir de façon à enrichir les archives d'Halluin en y versant des images et peut-être des textes qui feront mieux connaître Halluin.

 

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Archives "Voix du Nord" les 23 et 24 Mai 1971.

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 Reconstitution du Château d'Halluin par les archives belges.

 

Le Bourg d’Halluin...

(Traduction du Livre de Sanderus de 1737)

« Flandria Illustrata ».

 

Halluin est situé sur la rive droite de la Lys, à côté de Menin, dans un endroit agréable et fertile, près d’une colline (Mont d’Halluin) peu élevée à environ 20 km de Lille, 15 de Courtrai et 10 km de Comines. Autrefois, c’était un bourg très renommé, et maintenant il a encore un peu l’allure d’une ville, surtout du côté de la grand-route qui va de Menin à Lille. On y trouve là de belles auberges, mais plusieurs grandes maisons ont été détruites par les guerres.

 

Les habitants jouissent depuis plusieurs années du droit de tisser le drap ; on y fabrique aussi plusieurs sortes de toiles ; les prés d’alentour, de même que la Lys offrent une bonne occasion pour les blanchir. 

Autrefois, on y voyait une très belle église, et près de la rivière (Lys) un château où demeuraient les Seigneurs d’Halluin, avant que les Pays-Bas ne fussent inquiétés par les troubles intérieurs. Pendant les guerres, l’église et le château furent incendiés (en 1579) ; l’église est maintenant reconstruite, plus belle et plus grande qu’auparavant.

Quand la Flandre fut tourmentée par les troubles déjà mentionnés, et quand les ennemis du roi eurent conquis Menin, fut érigé à Halluin un château royal sur l’ordre d’Alexandre, Duc de Parme, et aux frais de la ville de Lille dont les alentours étaient dévastés par les pillages continus, et pour mettre fin à ces pillages ;  mais dès que la ville de Menin fut reprise, le château fut démoli.

 

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Représentation d'Halluin dans les Albums de Croÿ.

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Les Seigneurs d'Halluin...

 

Les hommes célèbres qui naquirent jadis au château d’Halluin,

ainsi que ceux qui ont porté le nom de ce château

et qui ont acquis leur célébrité par leurs actes de courage,

sont entre autres les suivants :

 

Johan van Hallewyn (Jean d’Halluin) qui s’est déjà distingué entre les chevaliers en 1243.

Rogier van Hallewyn (Roger) qui, la même année, obtint la dignité de Chevalier.

Rogier van Hallewyn (un autre du même nom) qui fut armé Chevalier pour son action courageuse par Robert de Béthune, comte de Flandre, en 1320.

Wouter (Gauthier) d’Halluin qui, quelques années plus tard à côté de Guy de Ryckenburg, fils naturel de Louis de Nevers, comte de Flandre, fut tué sur l’île de Cadzand en se battant courageusement contre les Anglais.

Lorsque Edouard, roi d’Angleterre battit Philippe, roi de France en 1339 et assiégea Cambrai, le Seigneur d’Halluin était un des commandants du Roi, mais son nom n’est pas mentionné.

Roland-Gauthier, Seigneur d’Halluin, se conduisit glorieusement pendant la même guerre, et reçut pour cela des mains du Comte de Flandre, les insignes de l’ordre des chevaliers, mais en 1351 il fut fait prisonnier à Courtrai, ainsi que  son frère, par les mutins de Gand, de Bruges et d’Ypres. Ces derniers l’accusèrent de concussion et les tuèrent.

Les parents vengèrent leur mort en attaquant les Gantois près de Vyve-St-Eloy et en les battant ; ceux de Bruges et d’Ypres auraient connu le même sort s’ils n’avaient pris la fuite.

Le successeur du précédent se nommait Wouter (Gauthier) van Hallewyn. Il défendit avec ses soldats la ville d’Audenarde attaquée par les Gantois en émeute, en 1379. Il fut armé Chevalier par le Comte de Flandre le jour même où les Gantois attaquèrent Audenarde avecle plus de violence.

Judocus van Hallewyn tomba glorieusement en combattant pour Louis de Mâle, comte de Flandre, en 1380, près du Pont-Long en Flandre. Sa mort fut d’autant plus pénible pour le Comte que…

Tristan van Hallewyn périt courageusement lui aussi en défendant Audenarde.   

Daniel van Hallewyn combattit à côté de Joost et de Tristan van Hallewyn au siège d’Audenarde. Lorsque les Gantois se révoltèrent à nouveau contre Louis de Mâle, Tristan fut nommé gouverneur de cette ville par le Comte et placé là avec une garnison. Il s’acquitta si bien de sa tâche que les Gantois n’obtinrent aucun succès durant six mois et finirent par reculer lorsque les renforts de Philippe, Duc de Bourgogne, arrivèrent.

Gillenus (Ghislain) van Hallewyn fut armé Chevalier par ce duc avant la bataille de Vimiak où il se battit courageusement mais finit par tomber aux mains de l’ennemi. Plus tard, il fut nommé Gouverneur de Gursbeer et se couvrit de gloire pendant la révolte de ses citoyens.

Johan (Jean) van Hallewyn, héros de guerre, accompagna Philippe de Bourgogne dans son expédition en Hollande. C’est par ce dernier que Johan fut armé Chevalier après la bataille où périrent les hommes de guerre de Joacobus van Beveren. Jean d’Halluin  devint par la suite Seigneur d’Halluin, adviseur  et camerlingue des ducs de Bourgogne. Il mourut en 1441 et fut enterré à Halluin.

Boudewyn (Bauduin) van Hallewyn, comme le racontent les livres ce temps-là, fut tué dans la bataille entre les guerriers de Charles le Téméraire et les bandes françaises en 1465 près de Hendriksberg.

Jean van Hallewyn, en épousant Jeanne de Comines, reçut lors de son mariage la Seigneurie de Comines et rattacha celle-ci à celle d’Halluin. (Jean était fils de Gauthier et de Jacqueline de Visch. Il mourut en 1475.

Jean van Hallewyn, son fils, commandant d’une troupe de cavalerie au service de Charles-Quint, fut tué pa run coup d’arquebuse au siège de Saint-Dizier en 1544.

Joris (Georges) van Hallewyn, Seigneur d’Halluin et de Comines fut un grand amateur de Belles-lettres. Il possédait à Comines une collection importante de livres reliés.

François et Jean van Hallewyn, parents du précédent ont, eux aussi, excellé par leur savoir ; François qui était Seigneur de Zwevegen, fut nommé gouverneur de Courtrai. Jean Possédait la seigneurie de Voxvie et fut élu bourgmestre par les habitants d’Ypres.  

 

...Petit Récapitulatif Historique :

 

En 2011... La Ferme de la Haute Cense à Menin (B),

une Histoire Royale.

 

Menin (Belgique) à la fin du 18e siècle, la Haute Cense a eu pour propriétaire le duc d'Orléans, seigneur d'Halluin et de Comines devenu roi de France, alors qu'elle était encore française.

Une ferme aux allures de château en plein centre de l'ancien quartier ouvrier des Baraques. Les Hoornaert de Menin (B) sont la dernière famille à avoir exploité les terres agricoles de la Haute Cense, 24 hectares à la fin des années 1960. 

 

Ses pâturages ont été réduits lors du redressement du cours la Lys au début des années 1970, nécessaire à la prolongation vers Courtrai de la route de contournement créée pour désengorger le centre de Menin. Une opération qui avait permis de découvrir les fondations du château d'Halluin.

 

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Août 2011 : La Ferme de la Haute Cense à Menin (Belgique).

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Les bâtiments, aujourd'hui délabrés, ont longtemps abrité des personnages qui ont marqué l'histoire. La ferme-château a été bâtie aux alentours de 1610 sur ordre de la famille De Croy, qui possédait à l'époque le château médiéval d'Halluin. Le bâtiment tel qu'on le connaît en cette année  2011, date du 18e ou 19e siècle. La Haute Cense était jusqu'à la fin du 18e, avec la Basse Cense, la seule exploitation agricole de taille importante située entre la Lys et la frontière.


Autrefois française, la ferme a été rattachée à Menin (B) suite à une correction des frontières opérée à la fin du 18e.

Le propriétaire du domaine était Louis-Philippe, troisième duc d'Orléans qui, à partir de 1830, a été roi de France. Sa fille, Louise-Marie d'Orléans, devenue reine des Belges en 1832 suite à son mariage avec le roi Léopold 1er, y a d'ailleurs séjourné pendant sa jeunesse. La maison est un monument classé par un décret royal datant de 1978.

 

Le Château du Molinel...

à la Cense Manoir d' Halluin.

 

En 1631, Halluin devenait possession du Prince de Chimay, fils du Prince d’Arenberg allié au Duc d’Aarschot.

A Halluin (Molinel) on pouvait voir les ruines du Château Lespières (1) qui fut jadis très beau et agréable, mais qui fut détruit par un incendie le 13 Septembre 1793, pendant les combats entre les troupes hollandaises du Prince d'Orange et les armées révolutionnaires. 

 

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Le château du Molinel vers 1740... Dessin de M. Roger Decraene.

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 (1) Ce château Lespières devait être celui dont dépendait la ferme du Chemin de Grandville, dite « Ferme Vouters » construite en 1475.

De ce château, il resta une partie de la voûte du Pont dit « Pont Vouters » (disparu il y a 40 ans...  vers 1973/1974) 

et une partie de la pièce d’eau qui entourait le château.    

 

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En Avril 1972, le "Pont Vouters" ... avant sa disparition définitive.

(Photo DD 31808  n° cen)

 

Voir aussi... Cliquez ci-dessous : 

Halluin : Haleuwin, Hallewin, Haluwin, Halewyn... (Historique du Nom)

Halluin et son Histoire... un survol de 1500 ans.

Halluin et les Albums de Croÿ (Duc Charles III de Croÿ 1560-1612).

Le Château d'Halluin au 14e Siècle : Reconstitution (Archives Belges).

                 

8/9/2011 - 15/3/2019

Commentaire et Photos  :  ARPH - Presse - Daniel Delafosse