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cinéma

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M. Julien Demeyer, projectionniste
au cinéma  "Familia".
 (photo n° 2090)
 
 
Il était une fois le Cinéma Halluinois,
 
de 1990 à 2010... (2/2). 
 
     

A la suite de son départ d’Halluin en février 1990, c’est M. Philippe Lecocq animateur à la MJC/MPT, qui accepta cette importante fonction de gestionnaire. A une nuance près, cependant, alors que M. Lerible se chargeait seul de la programmation des films, Philippe Lecocq souhaita que cette responsabilité soit partagée ; les films projetés sont désormais choisis par un collège composé du nouveau gestionnaire, de M. Alain Desreveaux Président de l’Office du cinéma halluinois, et de M. Daniel Delafosse chargé de la programmation, du secteur de la publicité, communication et animation. Les autres postes rattachés directement au fonctionnement du cinéma, sont exercés par M. Stéphane Hottebart projectionniste, M. Philippe Dassonville contrôleur placier et Mlle Isabelle Vanmeerhaeghe caissière.

 

La tâche de l’O.C.H. consistait, tout d’abord, à procurer ou intensifier le goût du cinéma au plus grand nombre d’halluinois, des jeunes aux personnes âgées, et de leur permettre de voir des films récents, sans avoir à courir à Tourcoing, Roubaix et Lille. Définir le plus large éventail possible de films, et négocier tout en équilibrant le budget n’était pas affaire aisée, et cela demandait beaucoup d’abnégation, surtout vis-à-vis des distributeurs, qui ne voient qu’en terme de rentabilité.

 

En ce sens, l’administration municipale, propriétaire des lieux, insistait  sur le fait qu’il fallait que les membres de l’O.C.H. concilient d’une part le côté financier, et d’autre part le côté culturel ; à cet égard, l’Adjoint à la Culture ajoutait que si la raison d’être d’une entreprise ou d’un commerce était le profit, la raison d’être d’une association était une mission.

 

Ainsi, le gestionnaire était chargé de diverses actions culturelles, notamment les opérations Plan-Séquence menées avec les différents établissements scolaires de la ville et du canton, ainsi que les projections destinées aux nombreuses associations, et cela à des tarifs préférentiels.

 

En ce qui concerne l’information, un gros effort était accentué du côté publicitaire, notamment la mise en place de programmes mensuels diffusés dans les 6500 foyers halluinois, mais aussi des affiches programmes placardés dans tous les lieux publics de la ville, ainsi que la pose d’affiches des films dans les panneaux d’informations municipales et surtout chez les commerçants. En outre, un compte-rendu hebdomadaire était publié dans les deux journaux locaux pour chaque représentation.

 

Le résultat de cette nouvelle stratégie ne sait pas fait attendre ;  en effet, le nombre d’entrées progressa de 65 % dès la première année d’exploitation, par la nouvelle équipe dirigeante. Rappelons que le cinéma halluinois avait connu en 1989 sa plus forte crise, puisqu’il n’avait enregistré que 9000 entrées pour trois séances hebdomadaires !

 

Grâce à la progression des résultats enregistrés, et après deux années de fonctionnement, le cinéma halluinois a pu bénéficier de l’apport des subventions attribuées par le Centre National Cinématographique et l’Agence pour le Développement Régional du Cinéma, afin d’entreprendre d’importants travaux, tels la mise en place d’un écran géant, l’installation du système Dolby-Stéréo, l’amélioration des objectifs de projection.

 

En septembre 1991, Daniel Delafosse profitait de l’inauguration des nouvelles installations (qui se déroula le 28, avec la projection en séance inaugurale de « Robin des Bois » avec Kevin Costner) pour lancer une importante campagne publicitaire, à travers toute la Ville, sur le thème « Le Familia donne envie d’aller au Cinéma », ceci avec la participation d’un grand nombre de commerçants.

 

L’animateur halluinois obtenait, pour l’occasion, le soutien chaleureux, et cela deux mois avant sa brutale disparition de l’inoubliable Yves Montand, qu’il avait contacté personnellement, et dont le geste amical eut un fort retentissement auprès de la population halluinoise.

 

Par la suite, les efforts de Daniel Delafosse se sont poursuivis par des opérations spéciales, notamment sa présence (à titre personnel et bénévole) à la Cérémonie annuelle des « César », et son accréditation au Festival de Cannes. L’impact des reportages réalisés par lui-même, et dont la presse se fit largement l’écho, contribua de faire connaître davantage encore la réputation de la salle cinématographique, surtout dans les communes avoisinantes.

 

Après trois ans d’efforts intenses, et malgré un très faible nombre de séances (quatre par semaine, l’équilibre du budget de l’association oblige…) les responsables de l’office du cinéma halluinois avaient réalisé une progression du nombre d’entrées de 120 %, et « Le Familia » se classait à une honorable 24ème position, quant à sa fréquentation, sur les 62 salles de la région.

 

Il faut rappeler qu’entre 1989 et 1992, la fréquentation des salles de cinéma en France a connu son taux le plus bas au cours des 25 dernières années, et l’on parlait alors d’une véritable crise du cinéma français.

 

En conséquence, et durant la dite période, maintenir un cinéma dans une commune de 17 000 habitants, relevait de l’exploit ! Eh bien, celui-ci était réalisé, le public était revenu (près de 19.000 spectateurs en 1992), séduit par des installations performantes, des tarifs abordables, un budget équilibré, une programmation, un accueil et des projections de qualité, sans oublier des animations originales et régulières. Le but de la relance du cinéma dans la commune était atteint, à la satisfaction générale.

 

En mai 1993, suite à un important différend avec le gestionnaire Philippe Lecocq, l’animateur-programmateur Daniel Delafosse présentait sa démission au sein de l’office du cinéma halluinois. Le cinéma ayant été remis sur les bons rails, et la salle halluinoise bénéficiant d’un public retrouvé et fidèle, le nombre d’entrées atteignait, pour 1994 : 26.126 spectateurs ! En même temps, la crise du cinéma français s’éloignait de l’hexagone, et en particulier d’Halluin.

 

En 1996, et suite à l’augmentation sensible des séances hebdomadaires, l’augmentation ne cessa de croître pour atteindre 36.400 spectateurs, dont 10.000 liés aux actions scolaires.

 

En Février 1997, après le départ d’Halluin de M. Philippe Lecocq, la gestion de la salle obscure était confiée à M. Eric Dassonville. L’arrivée du multiplexe Kinépolis, la diminution des opérations scolaires, mais aussi la vétusté de la salle furent les principaux paramètres d’une stagnation, voire d’une baisse des entrées au Familia ; on enregistra en 1997 : 33.400 spectateurs, puis 28.800 en 1998 pour 397 séances !

 

Devant cette situation inquiétante, la Municipalité envisagea la rénovation complète des installations (fauteuils plus confortables passant de 286 à 237 sièges, éclairage, son Dolby stéréo digital, sanitaires, bureau,  Hall et Porte d’entrée) qui étaient inaugurées officiellement le 19 Décembre 1999. Dans ce laps de temps, la Présidence de l’O.C.H. était tenue par M. Danny Prouvost, la responsabilité de la gestion par M. Jérémy Lamaire, et le poste de projectionniste par M. Saïd Guembar.

 

Après sept mois de fermeture pour cause de rénovation, l’année 2000 afficha 33.095 entrées.

Quant à l’année 2001, celle-ci a été exceptionnelle dans tous les cinémas de France avec 190 millions de spectateurs, ce qui n’était pas arrivé depuis 10 ans. A Halluin, le nombre d’entrées s’élevait à  39.616 entrées, c’est un chiffre qui n’avait jamais été atteint depuis 1979 !

 

Preuve qu’il y a bien la place pour une salle de proximité dans une ville de près de 20.000 habitants… même si elle ne pourrait vivre sans l’aide très importante de la municipalité, à commencer par le fait que la salle lui appartient, et qu’elle en a assumé la rénovation.

 

Depuis octobre 1998, le cinéma halluinois adhère à une société le Groupement de Programmation des Cinémas Indépendants. « Ce qui fait la force d’un programmateur, c’est son nombre d’écrans. Le GPCI gère près de 250 écrans et organise des circulations de copies entre ces salles. Ainsi, 7 fois sur 10, nous avons les films avec seulement une semaine de retard sur la sortie nationale, et 3 fois sur 10, avec un peu plus de retard «  explique Jérémy Lamaire. Le Familia reverse 3,5 % du montant net de ses recettes au GPCI.

 

De même, Le Familia participe ou initie ainsi de nombreuses opérations visant différents publics comme : « Ecole et cinéma », « Plan Séquence », « Collège au cinéma », « Lycéens au cinéma », « Les p’tits et l’écran », « Opérations maternelles », sans oublier la participation des centres aérés et de certaines associations locales (Arbre de Noel).

 

Pour améliorer la qualité des services rendus au public, le cinéma halluinois est devenu, depuis le 1er  janvier 2003, une régie de la ville. On assiste donc à la municipalisation du cinéma pour des raisons purement juridiques (transparence des comptes dans le cadre de la loi Sapin), mais aussi aux transferts de l’association gestionnaire (l’OCH) à la ville, à savoir les prestations en direction des scolaires, des collégiens et des lycéens, la rétrocession du matériel, les tarifs préférentiels pour les plus démunis, le groupement de programmation.

 

En 2005, « Le Familia » aura programmé 331 séances pour tous les publics, et 212 en Art et essai, essentiellement à destination des scolaires, soit en tout 543 séances, pour 43.168 entrées, c’est 9,9 % de moins qu’en 2004 qui avait été exceptionnelle avec près de 48.000 entrées.

 

L'année 2008 a été un excellent millésime grâce au film « Bienvenue chez les Ch’tis » qui a fait déplacer à lui seul 6.187 personnes dans la salle halluinoise. Et en 2010, "Le Familia" a enregistré 40.243 entrées. 

 

En clair : plus les spectateurs sont nombreux, plus les films sont de qualité, alors il ne tient qu’aux cinéphiles de continuer : « Allez au cinéma à Halluin, les films n’en seront que meilleurs ».

 

Et je concluerai par cette vision toute personnelle : 

« Le cinéma fait partie de la vie, c’est une réflexion et une photographie de la vie, en sachant que la réalité est bien souvent plus féroce. Mais surtout, lorsqu'un  film parle à l’intelligence et au cœur, on est alors au Nirvana du 7ème Art ! » 

  

                                                                                  Daniel DELAFOSSE

 

Voir : Il était une fois le Cinéma Halluinois, de 1919 à 1989 (1/2).

 

28/2/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 

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Projectionnistes du cinéma "le Régent",

 situé au n° 15 rue Gustave Desmettre :

 Jérome Gryson, à gauche, et Noël Mahieu.

(Photo n° 2393)

 

Il était une fois le Cinéma Halluinois, 

 de 1919 à 1989... (1/2). 

 

Agé de 91 ans, le cinéma halluinois se porte bien. Il a pourtant traversé de nombreuses difficultés depuis sa naissance en 1919, rue des Ecoles,  notamment au début des années 60, le cinéma halluinois bat de l’aile. Petit à petit, les salles ferment leur porte, et ce n’est qu’en 1979, que l’ancien Familia renaît de ses cendres.

 

Daniel Delafosse, passionné de cinéma, nous donne l’occasion de découvrir ou de redécouvrir ce passé de la « cinémathèque halluinoise » :

  

Le premier cinéma , installé à Halluin, était situé rue des Ecoles en 1919 (aujourd’hui rue Gustave Desmettre). A cette date, une association d’amis, parmi lesquels MM. Leman et Decottignies créa « La Brasserie des Familles » ; cette salle pouvait accueillir trois cents personnes. Elle était encastrée entre deux cafés et une bourloire. Très vite, cette association céda l’affaire à MM Henri Naeye et Surmont, ce dernier laissant la place seule à M. Naeye en Juin 1924.

 

« La Brasserie des Familles » était le nom officiel du cinéma, mais la sortie de cette salle donnait sur le café voisin « Chez Olivier « , et rapidement l’habitude fut prise de dire : « Je vais chez Olivier ». Le café disparaîtra, mais le nom restera.

 

Le cinéma muet attirait alors la grande foule. C’était une révolution, et le cinéma halluinois n’avait alors comme concurrent que celui de Menin-Baraques, appelé « Bucksom ». A cette époque, on se déplaçait fort peu, et il n’était pas question de craindre la concurrence des grandes villes.

 

Le bruitage des films muets nécessitait l’emploi d’instruments divers. Ainsi, lors de la sortie du fim « La grande parade » (le premier long métrage sur la grande guerre 14-18) divers artifices furent employés : des roues en fer imitaient le bruit des camions et des chariots, une grosse caisse celui des détonations du canon ; il y avait en plus, un orchestre composé d’un pianiste (Ernest Debock ou Nadia Vandewattyne)  et d’une violoniste (Mme Splete-Boussemaert). Pour les grands films, l’orchestre était renforcé d’un saxo (Ernest Lioen) et parfois d’une chanteuse, ce qui fut le cas lors du passage du film « Les bateliers de la Volga ».

 

Le second cinéma à voir le jour fut le "Familia" installé en 1928. Cette salle était spacieuse et permettait d’accueillir cinq cent soixante personnes. Les deux salles halluinoises avaient leur clientèle particulière et fidèle ; elles traversèrent sans trop de mal les crises durant les années 1930-31 et 1932, dues au lancement de la T.S.F.

 

C’est à ce moment-là que l’apparition du cinéma parlant assura une reprise en force. Le premier film parlant projeté à  « La Brasserie des familles », « Le chant du marin » fit salle comble ; c’était la période où il y avait six et sept séances par semaine, le mercredi étant le seul jour de fermeture. Les débuts du parlant sont cahotants pour M. Naeye, le propriétaire, et des effets comiques en découlaient parfois :

 

« A l’époque, les films étaient plus fragiles car inflammables, et prenaient souvent feu. Au collage, cela faisait souvent un petit bout de film en moins. Or, les premiers films parlants étaient accompagnés de disques 78 tours qui, eux, restaient intacts, figés dans la rapidité de leur matière. Cela donnait des effets de désynchronisation plutôt cocasses ».  

 

Il y eut une nouvelle chute des affaires en 1936 et jusqu’à la guerre, au cours de laquelle les salles furent pleines à chaque séance, car il n’y avait pas d’autres distractions. Mais les contraintes deviennent plus réelles : le choix du film évidemment, et le nombre de films proposés. Jusqu’alors les spectateurs avaient droit à deux films par séance… ils n’en auront plus qu’un. Les actualités « propagandistes » sont imposées. C’était aussi le moment où le guetteur se trouvait à l’entrée de la salle pour alerter les jeunes en cas de l’arrivée des Allemands.

 

Après la guerre fut votée la loi d’aide au cinéma, qui permettait de ristourner jusqu’à 80 % des taxes, à condition que les propriétaires des salles embellissent leurs installations et améliorent leur système de sécurité. Les deux salles locales profitèrent pleinement de cet avantage. Dans les années cinquante, le cinémascope fait son apparition et oblige M. Naeye, de « Chez Olivier » à agrandir l’écran et la salle, dont la contenance fut portée à six cent cinquante places !

 

Profitant des transformations, M. Naeye a rebaptisé la salle, elle s’appellera désormais « Le Régent ». Toute la famille participe à l’exploitation. Un des fils est opérateur, l’autre place les spectateurs, la belle-fille vend les confiseries pendant l’entracte. Dans le même temps, une troisième salle vit alors le jour, rue Marthe Nollet : le cinéma « Jean Fiévet » avec plus de cinq cents places. Son directeur en était M. Gustave Staes, alors enseignant à l’école du Sacré-Cœur. Ce cinéma fut créé dans la salle de cet établissement, en vue de financer les Ecoles Libres.

 

Pendant plusieurs années, les trois cinémas furent bien équipés avec une capacité globale de plus de mille cinq cents places, et dans chaque salle cinq ou six séances étaient données par semaine, avec une qualité de programmes excellente. Cette époque de prospérité va se poursuivre jusqu’en 1960, car bientôt les premières grosses difficultés apparaissent ; le coup dur est donné par la suppression de la loi (Malraux) d’aide en Décembre 1959.

 

Les directeurs des salles qui ont établi leur budget en fonction des ristournes se trouvent alors dans une situation difficile. On entre alors dans une autre ère : les moyens de communications se multiplient, les loisirs changent, la télévision a bouleversé la vie des familles, les petites sociétés de cinéma disparaissent au profit des plus grosses ; une page va être tournée définitivement.

 

En juillet 1964, le cinéma « Jean Fiévet » ferme ses portes. Cette disparition n’améliore pas cependant la situation des deux autres salles, et la dégringolade se manifeste avec la prolifération des récepteurs de télévision ; le nombre de séances diminue peu à peu et la clientèle se fit de plus en plus rare. Où était alors le temps où « Monsieur Vincent » et « Les dix commandements » (qui battirent tous les records de recettes au « Régent ») ne permirent pas à tous les amateurs d’assister aux séances, car il était inutile de se présenter à ce cinéma le samedi soir ou à la séance de 17 h le dimanche sans avoir retenu sa place ?

 

Le 15 septembre 1966, le "Familia" ferme à son tour ses grilles. L’exploitation des bâtiments et l’entretien sont une charge trop lourde pour la société des syndicats libres : SEDOP qui dirige et gère le cinéma. Cette société décide de vendre les locaux, et ceux-ci seront repris par la ville. Ce fut « un gros morceau » à digérer, et qui marquait, sans aucun doute, la fin de l’âge d’or du cinéma. « Le Familia » c’était une salle importante, qui avait connu un grand succès, un des deux grands du cinéma halluinois qui avait tenu envers et contre tout, souvent au-delà de ses forces. Entre temps les salles de Menin connurent le même sort, notamment le « Bucksom » principal concurrent à la frontière.

 

La société Naeye cessera l’exploitation du « Régent » le 31 décembre 1967. Cette société ne cessera pas ses activités par manque de fréquentation, au contraire, mais la suppression de la loi d’aide aux petites exploitations, ayant été déviée vers les M.J.C. par la loi Malraux en 1959, ne permettait plus d’envisager de nouveaux investissements indispensables (hall d’entrée, fauteuils etc).

 

« Le Régent » sera mis en location gérance au circuit « Casino »  de Roubaix, jusqu’au 31 décembre 1970, date à laquelle le premier et dernier cinéma local ferme définitivement ses portes ; il aura vécu cinquante-et-un ans ! Ce cinéma restera longtemps rideaux baissés, avant d’être transformé en entrepôt commercial.

 

Dès 1973, l’administration municipale en place, lança le projet de l’aménagement de l’ancien cinéma « Le Familia », tombé en désuétude, en salle polyvalente, permettant d’accueillir les spectacles les plus variés : musique, danse, cinéma, théâtre, conférences etc.

 

Après six années de démarches en tous genres, cette réalisation aboutissait, et le 2 juin 1979, M. Albert Houte,  maire, inaugurait ce nouvel équipement culturel ; quelques jours auparavant, le Dimanche 13 mai 1979 à 15 h, quatre vingts personnes assistèrent à la toute première projection d’un film, en l’occurrence « Le Distrait » avec Pierre Richard.

 

Pour un investissement total de 3 Millions de F, Halluin possédait, à nouveau, une salle d’une jauge de 330 places, dotées de sièges fixes, pouvant accueillir une programmation cinématographique élargie, grâce à trois types d’appareils 35 mm, 16 mm, super 8 intégrés à la cabine de régie.

 

Dès lors, la Municipalité et l’Office culturel halluinois étudièrent chacun de leur côté, la possibilité de programmer des séances hebdomadaires de cinéma ; dans cette recherche, il fallait tenir compte du caractère polyvalent de la salle qui devait rester disponible pour d’autres formes de spectacles, et au service des associations locales. Des démarches entreprises auprès du Centre National du Cinéma et des distributeurs de films, permirent de prendre un certain nombre de dispositions en accord avec l’office culturel halluinois.

 

Cette association emmenée par l’adjoint au maire M. Oscar Crombez, expérimenta pendant deux ans la nouvelle salle auprès des halluinois, ce qui permit l’ouverture officielle, tant attendue, d’un cinéma classé dans la catégorie « Art et Essai », le Jeudi 7 janvier 1982  sous la présidence de M. Henri Leveugle maire, avec la présentation du dernier James Bond de l’époque : « Rien que pour vos yeux ».

 

L’animation de la première commission cinéma de l’office culturel fut confiée à M. Jean Tierrie, qui, en liaison avec M. Paul Lerible responsable du service municipal sports loisirs culture, s’occupèrent de la sélection et de la gestion du nouveau cinéma halluinois ; quant au poste de projectionniste, ces fonctions incombaient à M. Jean-Luc Delafosse.

 

Ainsi donc, les halluinois avaient de nouveau la possibilité de voir directement dans leur localité, pour un prix raisonnable, dans des conditions de confort excellentes, les films récents qu’ils devaient depuis 1970 aller visionner ailleurs.

Très vite, un public fidèle retrouva le chemin de la salle du Familia. Pendant huit années, M. Paul Lerible assura la responsabilité de gestionnaire du cinéma, aidé en cela par quelques bénévoles, notamment M. Gustave Dassonville contrôleur placier...

 

(A suivre  :  Il était une fois le Cinéma Halluinois...  de 1990 à 2010 -  2/2).

 

25/2/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

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Cinéma le Régent; deux projectionnistes:   Mr Jérome Gryson et Noel Mahieu.
Le cinéma était rue des écoles (  actuellement 15 rue Gustave Desmettre )   photo n+ 02396