:

Anciens combattants,résistants,prisonniers.

03261
La société des anciens militaires navant la guerre de 1914.

Certains d'entre eux, sont nés en 1840 et ont fait la guerre de

1870.

(photo n° 3261)

01722

Une assemblée générale des anciens combattants des 2 guerres.
Qui ??? Où ??

(photo n° 1722)

 

img495

En Février 1947 : Officialisation du  Groupe Halluinois "Les Madelons de Flandre".

Au 1er rang de gauche à droite : Elisabeth Ghesquière, Geneviève Graye, Jeanne Verschae,

Thérèse Defretin, Marie-Antoinette Danset (Présidente), Josette Vanhée (assise), Anna Tierrie,

Mady Joncquiert, Thérèse Tierrie, Marie-Louise Grimonpont.

Au 2ème rang de gauche à droite : Cécile Verschae, Thérèse Herrans, Gisèle Chombeau,

Annie Verschae, Jeannette Delafosse, Anne-Marie Vandewoestyne, Gisèle Descamps.

(Photo DD 8612  n° Img 495) 

 

En 1947... Création Officielle du Groupe Halluinois :

"Les Madelons de Flandre". 

 

L’Amicale halluinoise des Combattants de la Grande Guerre s’est réunie le 23 mars 1947, salle des Combattants, rue Emile Zola.

 

Au cours de cette réunion, après une intervention du camarade Joseph Declercq annonçant la constitution du Groupe Halluinois des « Madelons de Flandre », le président  Maurice Toulemonde apporte tous les encouragements de l’Amicale à ce nouveau groupement qui a témoigné tant de dévouement à l’Association, lors de la fête du 11 novembre, et invite les anciens combattants à y faire adhérer leurs jeunes filles.

 

Un vœu est également exprimé en vue de l’inscription sur le Monument des noms des Anciens Combattants 1939-1945 Morts pour la France. La commission mettra à l’étude, lors de ces prochaines réunions, ce projet qui a déjà été l’objet des préoccupations du président.

 

Voici la composition de la commission telle qu’elle résulte des dernières élections : 

Président d’honneur : Henri-France Delafosse

Président : Maurice Toulemonde

Vice-présidents : Adrien Demassiet, Paul Parent

Secrétaire : Nestor Job

Trésorier : Julien Verhulst

Membres de la commission : Joseph Coone, Charles Cracco, Henri Deblauw, Louis Declercq, Joseph Declercq, Jules Degrave, Lucien Descamps, Adrien Drouart, Firmin Gombart, Paul Herman, Louis Loridan, Charles Pille. 

 

« Les Madelons de Flandre »

 

Au cours du repas fraternel organisé le 11 novembre 1946 par l’Amicale des Combattants d’Halluin auquel participaient trois cents convives, un groupe de jeunes filles assura bénévolement le service.

 

Déjà en 1937, une trentaine de « Madelons » avaient apporté leur gracieux concours à la grande fête de l’Armistice. Cette initiative hautement appréciée par tous les combattants vient de donner naissance à une association intitulée : Groupe Halluinois des "Madelons de Flandre".

 

Ce groupement qui vient de se constituer sous l’égide de l’Amicale des Anciens Combattants 14-18, 39-45, et du Groupe des Mutilés (U.N.C.)  a adopté ses statuts. Il aura pour but :

 

- de rappeler pour le bien du pays, le souvenir des combattants des deux guerres mondiales et constituer un lien entre les deux générations du feu.

 - de rendre des services à leurs associations et de participer à des œuvres d’entr’aide en faveur des victimes de la guerre. 

- de présenter un accord avec les dites associations ou leurs sections affiliées des candidates à l’élection de la Madelon de France.

 

Au cours d’une assemblée constitutive, cette association a choisi comme siège le Foyer de la Paix, immeuble édifié en 1922 par la société « Le Souvenir du Combattant » et lieu de rendez-vous des associations d’anciens combattants, prisonniers, mutilés, veuves de guerre, fils de tués, combattants belges etc.

 

Elle comprendra des jeunes filles âgées de 16 ans au moins, filles, sœurs ou proches parents d’Anciens Combattants, ou Pupilles de la Nation.

 

La présidente de ce groupement a été élue, et le choix des « Madelons » s’est porté sur Mademoiselle Marie-Antoinette Danset, fille de l’Halluinois Etienne Danset, "Mort pour la France" en 1917, après avoir obtenu quatre citations.

  

 

En 1947, Marie-Antoinette Danset Présidente et Porte-drapeau

du Groupe Halluinois "Les Madelons de Flandre".

(Photo DD 8599  n° Img 035) 

 

Mademoiselle Geneviève Toulemonde, fille du président de l’Amicale a été désignée comme secrétaire, tandis que Mademoiselle Thérèse Defretin, fille de M. Georges Defretin, grand mutilé de guerre, remplira les fonctions de trésorière.

 

La commission compte en outre six membres sans fonctions déterminées. Ce sont Mlles Solange Clincke, Geneviève Graye, Marie-Louise Grimonpont, Mady Joncquiert, Anna Tierrie et Jeanne Verschae.

 

img663

1946/47 - Le Groupe Halluinois "Les Madelons de Flandre"

 Accroupis de gauche à droite :  Jeanne Verschae, Thérèse Tierrie, Thérèse Vanmoerbeke,

 Mady Joncqquiert, Anne-Marie Descamps, x, Cécile Verschae, x, Jeannette Delafosse.

Debout de gauche à droite : Geneviève Graye, x Marthe Joncquiert, Marie-Jeanne Descamps,

Anna Descamps, Thérèse Herrans, Gisèle Chombeau, Annie Verschae,

 Ginette Toulemonde,  Marie-Antoinette Danset (Présidente), Anna Tierrie,

 Marie-Louise Grimonpont, Prouvost, Suzanne Leclercq.

(Photo DD 8650  n° Img 663)

 

Lors de cette assemblée, les chaleureuses félicitations étaient adressées à cette nouvelle association qui suscitera certainement des initiatives du même genre. Elles auront pour résultat, à condition de conserver leur caractère familial et désintéressé, de procurer aux sections, le concours de précieuses auxiliaires pour les œuvres d’entraide et de solidarité, et l’activité grandissante de  l’U.N.C d’Halluin.

                                                                      

Pour l’anecdote, la présidente du groupe Marie-Antoinette Danset s’est unie le 12 septembre 1947 à Henri-France Delafosse (Veuf de Rose Canar et parents de 12 enfants) président d’honneur  de l’U.N.C. 14 -18. Ensemble ils eurent 8 autres enfants.

 

 26/11/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse                                                            

 

 
 

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Grande fête de Bienfaisance organisée au profit

 des Prisonniers et Veuves de Guerre,

 les 26/27 juillet - 2/3 Août 1942,

au Cercle Catholique, rue de la Gare Halluin.

 Les Bénévoles du Service : Le Groupe Halluinois "Les Madelons".

De gauche à droite : Anna Descamps, Geneviève Graye, Solange Nollet, Thérèse Joncquiert,

 Marguerite Sion, Marie-Antoinette Danset (Présidente), Blanche Leman, Ghislaine Defretin,

 Berthe Descamps, Jeanne-Marie Graye, Thérèse et Flore Demeestère, Jacqueline Defretin.

 (photo n° 1718)

 

"Mademoiselle from Armentières"

... Historique. 

 

La Chanteuse et Comédienne Line Renaud est, d'abord, dans le monde entier, « Mademoiselle from Armentières ». En 2008, année du 90ème anniversaire de l'Armistice, elle a inauguré, dans la ville de son enfance, une statue dédiée à la célèbre chanson.

 

C'est la première fois, le dimanche 9 novembre 2008, que la ville d'Armentières rendait un hommage officiel à celle qui, depuis 1952, a contribué à son renom dans le monde entier. Line Renaud, née à Nieppe-Pont (Nord)  était donc immensément émue lorsqu'elle dévoila, en même temps que le maire de la ville Bernard Haesebroeck, la plaque de la statue de « Mademoiselle from Armentières ».

 

 Cette stèle représente quatre soldats (anglais, écossais, australien et indien) de la Première Guerre mondiale portant la fameuse demoiselle.

 

En France, la chanson est devenue célèbre grâce à Line Renaud et à Loulou Gasté qui en avait écrit les paroles françaises. Mais la version originale a en fait été écrite en 1915 par un soldat britannique. Ce dernier, Edward Red Rowland, venait d'être le témoin (ou l'acteur, on ne sait pas vraiment) d'une scène au café de la Paix d'Armentières, près de la gare : une jeune serveuse, Marie Lecocq, victime d'un geste déplacé d'un des soldats britanniques qui s'y trouvaient (la ligne de front était à quelques kilomètres), avait giflé l'importun.

 

Une musique fut ensuite composée par un musicien canadien, Rice, et la chanson, qui compta jusqu'à 120 couplets, fit le tour du monde anglo-saxon.  Ce 9 Novembre 2008, en présence des petites-filles de Marie-Lecocq, la « vraie » demoiselle, et de Line Renaud, qui a incarné plus que tout autre le personnage mythique, on a rendu hommage, en fait, à toutes les femmes aimées des soldats en guerre.  

 

Vous désirez écouter la chanson :

youtube.com/watch?v=1Gr5xaKNQk8

  

Anecdote :  

 

Autographe pour un ch'ti !

(Photo DD 23898  n° Img 919)

 

" Pour ma part, lors du Festival de Cannes en mai 1994, je conserve un souvenir ému de l'autographe que m’a donné Line Renaud, notamment devant la caméra de TF1 pour un reportage le soir même à 20 H, dans le  Journal présenté par PPDA". 

Line Renaud était en compétition pour le film de la réalisatrice Claire Denis, avec Béatrice Dalle. "A la sortie de la conférence de presse, devant les nombreux photographes et cameramen, dans la précipitation, ma photo (ci-dessous) en tremble encore !" DD.

  

 

Ma première photo de Line Renaud au Festival de Cannes 1994 :

Un léger flou... dû à la bousculade et à l'émotion ! - Mai 1994.

(Photo DD 23897  n° Img 918) 

 

25/11/2011.

Commentaire et Photos : Daniel Delafosse                                                                                     

 

 

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En 1947, Marie-Antoinette Danset Présidente et Porte-drapeau,

du Groupe Halluinois "Les Madelons de Flandre".

(Photo DD 8599  n° Img 035)

 

  
 

02003

Banquet de l'UNC et la Douane, pour l'envoi de colis aux prisonniers,

 en 1942/43, avec les serveuses du Groupe Halluinois "Les Madelons".

De gauche à droite : Blanche Leman, Jeann-Marie Graye, Marguerite Sion,

 Ghislaine Defretin, Berthe Descamps, Flore Demeestère, Anna Descamps,

 Geneviève Graye, Thérèse Demeestère, Thérèse Joncquiert, Solange Nollet,

 Thérèse Defretin, Denise D'Huyvetter, Marie-Antoinette Danset (Présidente). 

(Photo n° 2003)

  

  "La Véritable Madelon"...

 Historique et Chanson. 

 

Née à Souchez, dans le Pas-de-Calais, Ida Beaucamp, devenue en 1928 Madame Leclercq, a été célèbre sa vie durant grâce à son surnom de « La  Madelon » que lui avait décerné après la Grande Guerre, le journaliste-écrivain Jean Galtier-Boissière. Cette grande dame s’est éteinte en juillet 1997 dans sa 96e année.

 

C’est en 1902 qu’Ida Beaucamp voit le jour dans la ferme de ses parents. Une demeure qu’elle n’a jamais quittée, excepté en 1915. A cette époque, l’Artois est en proie à de terribles combats et la famille Beaucamp part se réfugier à l’arrière du front, précisément au Comté, près d’Houdain.

 

Là, la toute jeune fille aide le patron d’un café à servir à boire et à manger aux clients, principalement des soldats qui, dans le petit estaminet, viennent oublier quelques instants les terribles combats. Parmi eux, un caporal se tient toujours à l’écart et prend des notes. C’était Jean Galtier-Boissière qui en 1930 publie « Un hiver à Souchez ».

 

Dans cet ouvrage, l’écrivain soldat consacre un passage à la jolie Madelon que tous les poilus appellent Palmyre. Pourquoi ce nom ? Personne ne le sait.

 

Extrait : « Le lieutenant, les deux sergents, les trois caporaux et les vingt-six hommes de la section lui font la cour. Cependant nul ne s’est jamais vanté d’avoir pu prendre seulement un baiser de la vertueuse enfant !

 

Toujours souriante, elle écoute les boniments avec une béate indifférence. Quand un poilu, un peu excité, risque en passant une caresse à la fille, Palmyre lui envoie une large beigne en pleine face comme une jument chatouillée lance une ruade et elle crie à tue-tête : - Ah ! qué maloré. Ils n’penchent donc qu’au mal, ces câuchons de Parigiens ». 

 

Une femme simple.

  

En 1989, le cinéaste Yoande Josèphe a tourné pour France 3 un court métrage intitulé « Ida, Madelon de l’Artois » dans lequel il a relaté la vie de cette fille courageuse qui prenait en pitié les fantassins qu’elle servait. Voici  ce qu’elle disait d’eux :

 

« Ils s’enivraient pour oublier un peu leur cauchemar. Nous ne leur en voulions pas. Nous étions tristes de voir tous ces jeunes voués à une mort prochaine. Jamais ils ne parlaient de leur misère et de leur souffrance. Ils faisaient beaucoup de bruit, jamais nous ne leur en tenions rigueur ».

 

Ida assista à la réalisation et donna de précieux conseils à la comédienne qui joua son rôle.

 

Ida Beaucamp, la doyenne de Souchez s’est éteinte chez elle, assise dans un fauteuil. Elle est morte comme elle a vécu, sans bruit. Discrète, le renom de la Madelon ne lui avait jamais fait tourner la tête. Madame Leclercq avait une fille, Roselyne, trois petits-enfants et quatre arrière-petits-enfants.   

 

"La Véritable Madelon". 

 (Provenant des archives personnelles

 de l'Halluinois Henri-France Delafosse).

 

I

Sur tout le front, sur tous les chemins de France

Dans tous les coins et dans tous les canton’ments

Depuis quatre ans, nos poilus pleins d’espérance

Chantent en cœur des couplets très entraînants

On y parle d’une servante

Que l’on appelle Madelon

Elle est aimable, elle est Charmante

Du moins c’est c’que dit la chanson

Car moi qui ai parcouru des quantités d’pat’lins

Je n’ai jamais vucell’ que chantait ce refain.

 

Chez un bistrot, lorsque je voulais boire

Je demandais un litre de pinard

Un’vieill’femme, sans dents sur la mâchoire

M’disait « Avez-vous vot’quart ?

En ronchonnant, pour quatre francs cinquante

Elle’me versait un infâme poison

Je n’sais pas si c’est ça la charmante

Madelon (ter)

 

II

Quand les copains voulaient payer un’bouteille

On entendait la bistrot’gronger encore

« Vous savez bien qu’a Prévoté nous surveille

Vla vot bouteille ; Allez consommer dehors ».

Dehors y avait pas de tonnelle

Pas de servante au frais jupon

Qu’il pleuve, qu’il vente ou qu’il gèle

Sur la f’nètre on buvait l’picton

Ca manquait de confort, ca manquait d’distractions

Pour le r’pos et l’plaisir des malheureux trouffions.

 

Quand par hasard c’était une jeunesse

Qui nous servait ; elle sentait le graillon

Je n’ai jamais eu je le confesse

L’idée de lui prendre le menton

Bref depuis si longtemps que je la cherche

Sans me lasser sur tous les coins du front

J’voudrais bien savoir enfin ou perche

 Madelon (ter)

 

III

D’puis l’armistice, dans tout’ l’armée française

Nos musiciens ont rabâché Madelon

Les Boch’s ont cru que c’était La Marseillaise

Ils en bavaient des rondelles de saucisson

Si pour nous l’auteur exagère

Ne blaguons pas trop sa chanson

Madelon c’est une chimère

Et les chimères ont du bon

Car si pendant quatre ans, nous avons pu tenir

Et lorsqu’enfin pour nous est venue l’heure

De retourner enfin dans nos pat’lins

Nous avons trouvé dans nos demeures

Tous les charmes féminins

Sachons alors conserver dans la vie

Un peu de rêve un peu d’illusions

Pour que chacun trouve jolie

Sa Madelon. 

 

24/11/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 
 

02441

22 juillet 1942 : Soirée pour les Prisonniers de Guerre,

 avec le Personnel de Service du Groupe Halluinois "Les Madelons".

Au centre, 1er rang : Anna Descamps,

 Marie-Antoinette Danset (Présidente des Madelons), Solange Nollet.

(photo n° 2441)

  

Chanson : Quand Madelon…

 « La Madelon ».

 

Paroles : Louis Bousquet. Musique : Camille Robert  1914

 

Pour le repos, le plaisir du militaire,
Il est là-bas à deux pas de
la forêt
Une maison aux murs tout couverts de lierre
"Aux Tourlourous" c'est le nom du cabaret.
La servante est jeune et gentille,
Légère comme un papillon.
Comme son vin son œil pétille,
Nous l'appelons
la Madelon
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour,
Ce n'est que Madelon mais pour nous c'est l'amour

{Refrain:}


Quand Madelon vient nous servir à boire
Sous la tonnelle on frôle son jupon
Et chacun lui raconte une histoire
Une histoire à sa façon
La Madelon pour nous n'est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
Madelon, Madelon, Madelon !

Nous avons tous au pays une payse
Qui nous attend et que l'on épousera
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise
Ce qu'on fera quand la classe rentrera
En comptant les jours on soupire
Et quand le temps nous semble long
Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon
On l'embrasse dans les coins. Elle dit "veux-tu finir..."
On s'figure que c'est l'autre, ça nous fait bien plaisir.


{au Refrain}

Un caporal en képi de fantaisie
S'en fut trouver Madelon un beau matin
Et, fou d'amour, lui dit qu'elle était jolie
Et qu'il venait pour lui demander sa main
La Madelon, pas bête, en somme,
Lui répondit en souriant :
Et pourquoi prendrais-je un seul homme
Quand j'aime tout un régiment ?
Tes amis vont venir. Tu n'auras pas ma main
J'en ai bien trop besoin pour leur verser du vin


{au Refrain}

 

Vous désirez écouter la chanson :

youtube.com/watch?v=lm4tViuVoJM

 

24/11/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 

img011

En 1947 : Marie-Antoinette Danset (chemisier blanc) et Henri-France Delafosse,

(Debout, au centre, devant le drapeau).

en compagnie des "Madelons d'Halluin.

(Photo DD 8586  n° Img 11)

 

En 1947,  au sein de   de l'Amicale des Anciens Combattants d'Halluin, était créé le groupe  "Les Madelons de Flandre".

 

La fille d'Etienne Eugène Danset ("Mort pour la France" en 1917),  Marie-Antoinette Danset (qui venait d'épouser le 13 septembre 1947, Henri-France Delafosse Président de l'UNC Halluin, veuf de Rose Canar) devenait officiellement la Présidente et le porte-drapeau de ce  groupement (en activité depuis plusieurs années, car déjà en 1937 "Les Madelons" apportaient leur concours lors de diverses manifestations).

 

Cette association avait pour but : 

- de rappeler pour le bien du pays, le souvenir des combattants des deux guerres mondiales et constituer un lien entre les deux générations du feu.

 - de rendre des services à leurs associations et de participer à des œuvres d’entr’aide en faveur des victimes de la guerre. 

- de présenter un accord avec les dites associations ou leurs sections affiliées des candidates à l’élection de la Madelon de France.

 

11/11/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 

(Pour un agrandissement, cliquez sur le titre principal ci-dessus). 

00737

La Brasserie Demeestère-Bert, 1/3 Route de Linselles,
en face de l'ancienne Gare d'Halluin, (Années 1970...). 
(Photo n° 00737)
  
  Vue aérienne de la Brasserie Demeestère Bert,   
 face à la gare d'Halluin, route de Linselles n° 1/3 (Années 1970)  
En haut de la photo, à gauche le site EDF, au centre les deux courts 
municipaux, en terre battue, du tennis club halluinois, 
et à droite l'entreprise de Abel Bataillie.  
 
Depuis 2000, tout ceci a disparu, laissant la place à des habitations.  
(Photo n° 4189)
  
  Après la démolition de la Brasserie Demeestère et de l'entreprise Bataillie,
 à cet emplacement : Nouveau lotissement d'habitations - septembre 2013.
 (Photo DD 18483  n° P1130894)
  
  en 2004, nouvelle voie baptisée "Allée Pierre Hachin" - septembre 2013. 
(Photo DD 18480  n° P1130892)
   
ainsi que deux autres voies attribuées aux Résistants :
 "Rol-Tanguy" et "Pierre Brossolette" (en fin de page). 
    

Pierre Hachin (1912- 1994) Résistant...

Torturé, Déporté et Bâtisseur de Paix.

 

L’homme était aussi humble que sa voix douce. Sa générosité et son humanisme l’ont poussé jusqu’aux frontières incommensurables de l’abnégation. Héros de la Résistance puis déporté, il aura été meurtri jusqu’au plus profond de sa chair au nom de la Paix et de l’humanisme.

 

img167

 Pierre Hachin Résistant Déporté,

la veste bardée de distinctions.

(Photo x DD 121261  n° Img 167)

  

Il était l’un des vrais fondateurs de « La Voix du Nord » clandestine. 

En effet, Pierre Hachin (1912-1994) cheminot et résistant, fut le fer de lance avec Natalis Dumez, du combat des membres de mouvement Voix du Nord spoliés par la direction du journal lillois. Débutée en 1946, la procédure judiciaire, pour faire connaître les droits des résistants ne s’achèvera qu’en 1975, après leur avoir donné raison !

 

« Il a tenu au-delà des limites humaines face à la torture » déclarait André Diligent, ancien sénateur-maire de Roubaix, avocat des Résistants Voix du Nord clandestins et auteur  du livre qu’il a consacré aux combats de Pierre Hachin paru aux Editions France Empire sous le titre « Un cheminot sans importance ».

 

« Je l’avais rencontré la dernière fois, deux mois avant son décès. Son histoire est extraordinaire, et c’était un des derniers survivants. Sa disparition me peine profondément, car Pierre Hachin est un homme qui m’a considérablement appris.

 

Je retiens de lui sa simplicité dans l’héroïsme. Il a dépassé toutes les limites humaines face à la torture, obsédé par l’idée de tenir encore et de se taire. Et il a tenu. Et dans son autre combat, Pierre Hachin n’a jamais rien revendiqué pour lui-même ». 

 

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Médaille de la Légion d'Honneur.

(Photo x DD 12021  n° Img 927)

 

En mars 1994, Pierre Hachin s’est éteint à l’hôpital Dron de Tourcoing, à l’âge de 82 ans. Officier de la Légion d’Honneur, titulaire des plus glorieuses médailles militaires françaises, de hautes distinctions étrangères civiles et militaires, Pierre Hachin restera d’abord quelqu’un qui, au-delà des oripeaux ornant le revers de sa veste, « a écrit l’histoire de France avec son sang ». 

  

Il est né à Ascq en 1912. Son père mobilisé est mort trois ans plus tard  au  Champ d’honneur, lors de la Première Guerre mondiale en 1915. Il avait 29 ans. 

« Ma mère nous a élevé dans le culte de notre père et la ferveur pour le pays » expliquait Pierre Hachin comme pour justifier de son engagement ultérieur. 

Il fit ses études à Jeanne-d’Arc de Lille, d’où il sortit major, puis entra à la S.N.C.F. où il devint chef d’exploitation.

 

« Mobilisé en 1939 et affecté comme secrétaire au centre mobilisateur d’Arras, je me considérais comme « planqué » alors que je souhaitais vivement venger la mémoire de mon père ».

 

Affecté sur sa demande dans les corps francs comme officier artificier, il est muté en Alsace et fait sauter un pont en Mai 40.  «  Sa conduite exemplaire permet de sauver la vie de ses camarades de combat » témoigne sa fille. Cela lui vaudra la Croix de Guerre avec palmes et trois citations dont une du général de Gaulle en personne.    

 

Dans la Résistance dès sa création en 1940, il organise les premiers groupements et formera de futurs artificiers.

Fait prisonnier à Auxerre, il tente par deux fois de s’évader puis est libéré comme cheminot en août 40 et revient dans le Nord. En 1941, il s’occupe de l’évasion et du rapatriement de soldats alliés.

 

Il entre alors dans un réseau de résistants cheminots par l’intermédiaire d’un responsable cheminot, Jean Delvallez, syndicaliste CFTC. C’est par lui qu’il prend connaissance du premier numéro clandestin de « La Voix du Nord » en janvier 1941 et entre en relation avec ses diffuseurs de Fives  et les fondateurs Natalis Dumez, l’ancien secrétaire de l’abbé Lemire et Jules Noutour, syndicaliste policier plutôt socialiste. Commence alors pour Hachin une activité clandestine intense de reproduction du journal et de sa diffusion. 

 

Journal clandestin.

 

Le journal sortit toutes les deux semaines jusqu’à l’arrestation de Natalis Dumez le 7 septembre 1942  puis tous les 18 jours, jusqu’à celle de Jules Noutour le 2 septembre 1943. 

Le tirage avait atteint 5000 exemplaires et parfois 25 000 ronéotypés puis imprimés. La Voix du Nord devient un lien entre résistants et son influence est grande dans l’opinion et fait rager l’occupant. 

Aussi, en 1942, il se consacre uniquement aux services de renseignements et devient responsable régional de NAP-FER ; Jusqu’à ce que la délation le rattrape.

 

 « Le 2 octobre 1943, je quitte mon bureau de la place Rihour peu avant 6 h du matin et je constate que mon vélo a disparu ; Je prends alors le tram pour me rendre à Marcq chez Pétillon déposer des informations précieuses pour les Alliés, que j’ai pu obtenir grâce à ma place privilégiée à la Transpotkommandantur.

 

(En effet, le poste qu’il occupe au secrétariat de la direction militaire des transports allemands à la gare de Lille lui permet de communiquer des renseignements précieux sur les transports de troupes de vivres, de munitions, sur les déplacements des batteries côtières etc.).

 

Je rentre ensuite chez moi à Annappes. Il est 10 h 30. La porte est ouverte. Ma femme a mon fils Albin dans les bras. Je prends conscience d’un danger mais c’est trop tard, je suis alors pressé dans mon dos : c’est un Allemand qui me dit ne bougez pas ».

 

Fouille de la maison, du jardin, du poulailler. Les policiers ne trouvent rien. Pierre Hachin est alors emmené sous bonne escorte ; Il croise un vieux copain de patronage Paul Debruyne qui le plaisante affectueusement et s’intrigue à voir la mine de celui qui l’accompagne le revolver braqué dans la poche.

 

« Durant ces longues heures et ces mois qui ont suivi, je me suis raccroché à ce visage d’ami, le dernier que j’avais vu ». La voiture part non pas vers Lille mais à La Madeleine, rue François de Baedts, au siège de la gestapo, pour un premier interrogatoire « musclé ». Jour après jour Pierre Hachin est amené à son tortionnaire et les séances de torture se suivent pendant quinze jours.

 

Sous la torture.

 

Frappé à coups de nerfs de bœuf, de matraque jusqu’au soir où il est emmené à la prison de Loos. Les poignets ensanglantés par les menottes sur lesquels frappe la gestapiste. 

« Je n’avais qu’une seule obsession tenir bon, me taire » dit-il.

 

A La Madeleine, dans la cave de cet immeuble, il subit la torture de la baignoire, l’élongation des membres, il résiste. Ne reconnaît sa propre participation que pour protéger ses collègues de travail. Et les séances reprennent. L’enfer. La « gégène » sur les parties génitales. D’autres séances, d’autres confrontations. Pierre Hachin se tait. 

Pendant des heures, des nuits, mis au secret – les siens le croyaient mort – Pierre Hachin est torturé avec une cruauté et un raffinement diaboliques. 

 

Deux fois condamné à mort.

 

Une parodie de tribunal le condamne en conseil de guerre deux fois à mort et une fois à dix ans de prison.

 

Il est transféré à Loos dans la cellule des condamnés à mort. On simule les préparatifs de son exécution. On le remmène en cellule puis à nouveau l’interrogatoire. Là on lui arrache les ongles un par un. Quelques jours plus tard, le 5 avril, avec d’autres Pierre Hachin est acheminé en gare de Lille, pour être déporté en Allemagne.

 

 Asq le 5 avril 1944.

 

Le train passe par son village Annappes et Ascq. Il aperçoit un afflux spectaculaire. Pierre Hachin ignore le massacre qui s’est produit à Ascq dans la nuit des Rameaux, et ce qu’il voit depuis son wagon c’est la foule innombrable qui assiste aux funérailles. 

Au passage à niveau, une voix l’appelle : Pierre, Pierre, tiens bon dans six mois ils seront fichus ». C’est son épouse Loulou, venue d’Annappes à Ascq voir passer le convoi de prisonniers, au cas où.

 

Il était revenu mais dans quel état ! Pierre Hachin a connu les prisons de Dresden où il sera sujet d’expérience, et celles de Chemnitz Hof, Plaun, Nremberg, Bonnauworth. Il est classé « N.N » « Nacht und Nebel : nuit et brouillard ». 

 

Nuit et brouillard Dachau.

 

Torturé, battu, meurtri, broyé, il survit miraculeusement. Mais le pire est encore à venir.  Chargé avec d’autres dans des wagons à bestiaux, Pierre Hachin est transféré de nuit à Dachau : le camp de la mort. 

Les chiens, les SS, les cris, la mort : 27 000 détenus ont péri à Dachau. C’est le bloc réservé aux terroristes qui l’attend.  Meurtri, broyé, battu, égaré dans l’épouvante, il n’a jamais lâché. 

 

 Des jours et des nuits d’épouvante jusqu’au matin du 29 avril 1945 et la libération du camp :« Le plus grand jour de ma vie ». Dira-t-il. Et chaque année cette date fut fêtée comme un anniversaire en famille. 

« Quand les blindés de la 7ème armée américaine sont arrivés, nous sommes tombés à genoux pour prier » confie Pierre Hachin.

 

Mais à Dachau, sa philanthropie s’est encore exprimée, puisant dans ses dernières forces pour soigner seul, 16 malades. Ne pesant plus que 36 kg, il sera rapatrié sur une civière et devra attendre quatre mois avant de se réalimenter normalement. 

De retour chez lui, très diminué physiquement, ce n’est que peu à peu qu’il se rétablira alors qu’on disait dans le voisinage de son épouse : « Il n’est rentré que pour mourir ».

 

Des années plus tard, à la veille de sa disparition, il n’a cessé d’être tourmenté dans son sommeil, dans ses souvenirs.

 

Puis en 1946, il retrouve sa place à la SNCF sans autre honneur ni gratification particulière. Il reprend son travail en gare. Même si son souci pour les autres le pousse vers le syndicalisme (FO).

 

En 1966, Pierre Hachin est appelé à témoigner contre le « traître » Dénèque. 

Celui-ci ayant infiltré les réseaux fit tomber plus de 200 partisans. Disparu après guerre pour réapparaître sous une fausse identité à Lille, il est reconnu et arrêté en 1964. Il est jugé, condamné à mort le 25 mars 1966. Puis gracié.

 

Sans haine au cœur ni pour les Allemands, ni pour ses bourreaux, Pierre Hachin n’a aucune amertume, pas même envers Dénèque. « Il a payé » laisse-t-il tomber. Pour lui la priorité était d’informer les jeunes sur la barbarie nazie.

 

Ce sont d’ailleurs les seuls mots qu’il exprime quand Natalis Dumez lui remet à Lille en 1975, en présence du président du Sénat Alain Poher, les insignes d’Officier dans l’Ordre de la Légion d’Honneur.

  

Les clandestins « oubliés » à la Libération.

 

Après la guerre, ce n’est plus la clandestinité. Le journal distribué sous le manteau s’est installé sur la grand place de Lille.

 

Ce petit cheminot qui reprend ses activités en 1946 découvre alors que le journal qu’il a contribué à fonder dans la clandestinité n’a pas pris en compte la totalité des résistants qui l’ont créé et soutenu. 

Des deux fondateurs Natalis Dumez et Jules Noutour, un seul est revenu : le premier. En juillet 46, Natalis Dumez est débouté de ses droits devant le tribunal de commerce de Lille « pour n’avoir… pas mis le journal en kiosque ». Comme si un journal clandestin de résistants pouvait être vendu normalement sous l’Occupation allemande !

 

Débute alors une longue bataille juridique qui durera plus de trente ans. D’appel en appel, Natalis Dumez est débouté. La page est tournée ? Pierre Hachin refuse d’admettre une telle « spoliation » des droits de ceux qui sont morts ou ont été comme lui emmenés en captivité.

 

Commence alors une longue série de recours avec pour conseil et défenseur des « clandestins » l’avocat André Diligent. Les débats sont régulièrement reportés, ajournés. Ce n’est qu’après un dernier jugement en 1975 qu’un modus vivendi sera trouvé : trente ans après la Libération.

 

Pierre Hachin a incarné cette exigence de justice et ce combat d’un « David contre Goliath » selon la formule d’un journaliste de « l’Express », Jacques Derogy. Justice enfin rendue, il s’est retiré sur la pointe des pieds dans l’affection des siens mais durement éprouvé dans sa chair par les traces de la guerre. 

 

Au moment de son décès, Pierre Hachin résidait depuis quelques années auprès de son épouse et de ses enfants à Halluin, et c’est là, dans l’église Saint-Hilaire, qu’avait lieu le mardi 22 mars 1994 une cérémonie teintée d’une grande tristesse.

 

Parmi l’assemblée,  André Diligent, également avocat des Résistants Voix du Nord, qui exprima sa peine et son attachement à un homme dont il retient « la simplicité dans l’héroïsme ».

 

Etaient également présents auprès de la famille de Pierre Hachin de nombreux représentants d’associations patriotiques, dont M. Venture, président de l’Amicale des Anciens Déportés du train de Loos, M. Henri Prévost, président des Résistants Voix du Nord, M. Gerekens,  des Résistants F.E.R., M. Didier Georges, des Forces de la France Libre dont M. Vandekerckhove fut le porte-drapeau ; mais aussi Christian Vanneste, député, et Alexandre Faidherbe, maire d’Halluin accompagné de quelques élus, ainsi qu’une délégation du conseil municipal de Lomme, dont le fils de Pierre Hachin est aujourd’hui membre.

 

Devant une assistance recueillie, l’abbé Motte évoqua dans son homélie la « tolérance de cet homme qui malgré la souffrance qui ne l’avait jamais laissé tranquille depuis son retour de déportation, n’a jamais cultivé de haine contre autrui. Une leçon de tolérance qui devrait nous donner à réfléchir, alors qu’aujourd’hui ce mal est loin d’être extirpé chez nous… ».

 

Allée Pierre Hachin en 2004... à Halluin.

 

"Allée Pierre Hachin" Halluin - septembre 2013.

(au fond le clocher de l'église Saint-Hilaire).

(Photo DD 18481  n° P1130895)

 

Les vrais héros ne sont-ils pas des gens ordinaires ?

 Pierre Hachin incarne cette exception et l’hommage qui lui est rendu, lundi 1er novembre 2004, par la ville d’Halluin, en pérennisant son nom attribué à une nouvelle voie publique, face à l’ancienne gare, est sans doute à l’image de l’humilité et de la tolérance de l’homme qui a connu les pires sévices sous la torture infligée par la gestapo, les terribles nuits froides de Dachau, jusqu’au bout de l’enfer.

 

Ce jour là, pour évoquer l’histoire de Pierre Hachin, c’est toute une famille, le maire d’Halluin Jean-Luc Deroo, le député Christian Vanneste mais aussi de nombreux Halluinois qui se sont réunis autour de ce héros discret disparu en 1994.

 

De nombreux résistants ayant côtoyé de près ou de loin Pierre Hachin sont venus saluer l’homme qu’il était. Casimir Destombes premier vice président du Souvenir de la résistance et des fusillés du fort de Bondues se souvient : 

« C’était un homme sensible et émotif mais très courageux. Il fut l’un des fondateurs de la Résistance Voix du Nord en 1940 avec Jules Notour et Nathalis Dumez ».

 

De même, Yvonne Abbas, faisant partie des anciens combattants volontaires de la résistance et présidente de la section ANACR Lille-La Madeleine témoigne : 

« Je connais le parcours de Pierre Hachin et je trouve très honorable de la part de la ville de rendre hommage à de tels hommes. Nous avons un devoir de mémoire et nous devons laisser ce message de vigilance pour les jeunes ».

 

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 Mme André Brun, Conseillère Municipale d'Halluin,

fille de Pierre Hachin,

 durant son discours, le 1er Novembre 2004.

(Photo DD 12160  n° Img 162)

 

La personne la plus apte à parler de Pierre Hachin n’est autre que sa fille,  élue halluinoise, Andrée Brun : 

"Baptiser cette allée située près de l’ancienne gare d’Halluin du nom de Pierre Hachin est un choix judicieux puisqu’il occupait une place importante au sein de cette si célèbre Bataille du rail » entame-t-elle dans un vibrant discours. Andrée Brun a souhaité passer un message aux nouvelles générations.

 

« Les héros de la Résistance n’étaient pas des fous de guerre, bien au contraire. C’étaient des jeunes humanistes, qui pour le même but suprême – sauvegarder la liberté – se surpassaient eux-mêmes. Des bâtisseurs de paix qui luttaient contre le rêve d’hégémonie mondiale que nourrissait Hitler ».

 

Après avoir retracé le parcours de son père, son entrée dans la résistance dès sa création, son dévouement pour la presse clandestine et les renseignements militaires, son arrestation sur dénonciation et la cruauté des interrogations qui ont suivi, sa détention au camp de Dachau et enfin son dévouement pour les malades après la libération, Andrée témoignait :

« Mon père était un homme de parole, un homme de cœur engagé dans des associations caritatives nationales. C’était un homme humble, la dignité faite homme ». C’est pour lui qu’il a toujours refusé de parler sous la torture.

 

Pour sa fille, « Il était aussi un merveilleux papa ». Ce papa dont les souffrances sont encore si vives dans l’esprit de la conseillère municipale halluinoise. Un courage exemplaire qui force le respect, bien au-delà de la mort. 

 

Le samedi 30 avril 2006, La Ville de Lomme (Nord) inaugurait à son tour une rue « Pierre Hachin ». 

                                                      

           Rue Rol-Tanguy et Allée Pierre Brossolette...  en 2007 à Halluin.

 

Dans ce nouveau lotissement d'Habitations, situé en face de l'ancienne Gare d'Halluin, deux autres voies publiques furent  attribuées à deux  figures historiques françaises, de la Guerre 1939-1945 :

 

Henri Tanguy, dit Colonel Rol Tanguy, né à Morlaix le 12 juin 1908, décède le 8 septembre 2002 à Paris. Colonel des Forces françaises de l'intérieur, organisateur de la libération de Paris (il est un chef de la Résistance pendant la Seconde Guerre mondiale), membre du Parti communiste français et militant CGT.

  

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Le 8 Mai 2007 :

Inauguration de la rue Rol-Tanguy.

de gauche à droite : Marcel Daminet, 

Pierre Duprat, Raymond Detaevernier,

et Jean-Luc Deroo Maire d'Halluin.

(Photo Mairie DD 12166  n° Img 171)

 

  Rue Rol-Tanguy Halluin, en septembre 2013.

(Photo DD 18484  n°  P1130891)

 

Pierre Brossolette, né à Paris le 25 juin 1903, décède à Paris le 22 mars 1944. Il fut un des principaux dirigeants de la Résistance française. 

 

"Allée Pierre Brossolette" Halluin, en septembre 2013.

(Photo DD 18482  n° P1130893)  

 

28/8/2011 et 7/9/2013.

Commentaire : Daniel Delafosse 

 

 

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Une délégation d'anciens combattants de l'UNC Halluin,

après une cérémonie religieuse (Années 1950/60).

1er rang à l'extrême gauche : Jules Menet.

(photo n° 3518)

 

Jules Menet…

 L’Halluinois aux  diverses « casquettes » ! 

 

Né à Halluin, le 20 janvier 1905, Jules Menet est décédé le 22 juin 1974, dans sa 70ème année.

 

Ancien propriétaire du  célèbre café halluinois  « Aux Vieux Amis » de 1930 à 1974, où de nombreuses associations tenaient leur siège,  Jules Menet était une figure marquante de la vie commerciale et associative halluinoise.

 

Situé rue Gustave Desmettre, ce commerce, durant plusieurs décennies, resta  une véritable institution pour les très nombreux halluinois et multiples associations  qui le fréquentèrent.

 

Au moment de la disparition de celui qu’on appelait tout simplement Jules, on pouvait notamment lire ceci dans la presse locale :

  

Trop tôt pour beaucoup de monde, M. Jules Menet s’en est allé… Depuis plusieurs mois, on craignait pour sa santé, mais faisant preuve d’une force de caractère, il surmontait les épreuves avec un  courage exemplaire. 

On l’a vue ainsi une dernière fois, dans une manifestation publique, à la réception offerte aux mamans décorées, par l’Union des familles, dont il était le trésorier.

 

Il était aussi et surtout, le président des Anciens des armées d’occupation, de la Philharmonie Concordia et de l’Association des donneurs de sang.

 

Le titre qui reflète sans doute le mieux l’homme, c’est  « patron des Vieux Amis »… Tout un programme que Jules Menet remplissait à la perfection. 

A 69 ans, cet Halluinois à part entière ne laissera que des amis, on en conviendra en lisant ci-après ses « états de service », outre ceux déjà cités : 

Ancien combattant prisonnier et évadé de guerre, membre de l’U.N.C., vice-président des anciens d’Afrique du Nord, membre de la Lyre Halluinoise, de la commission de l’amicale des anciens sous-officiers, vice-président de la commission administrative de l’hospice et médaille d’or avec étoile des donneurs de sang bénévoles.

 

13/7/2011.

Commentaire : Daniel Delafosse