:

Guerre 14 - 18

 

01980

Le 24/02/1974. Commémoration anniversaire de la bataille de

Verdun à Halluin. Dépôt de gerbe par M. Auguste Doleans.

Sur cette photo, on aperçoit de gauche à droite :

 MM. Van Garsse, Palmier, Depuydt, Lacante, Daels, Haese,

 Strobbe, Vervacke, Simono, Ducastel.

(photo n° 1980)

 

Les Mutins de 14 – 18. 

 

Durant la Première guerre mondiale, 675 soldats français ont été fusillés pour désertion, mutineries ou refus d'obéissance. La plupart d'entre eux l'ont été durant la première année de la guerre, en 14 et 15. Plus connues, les mutineries de 17, à la suite de l'échec de l'offensive Nivelle se traduisirent par 49 exécutions, selon les dernières recherches. Il y eut alors 554 condamnés à mort, mais la plupart furent graciés par le président Poincaré.

 

Le général Pétain joua un grand rôle dans la résolution de cette crise. Les mutineries de 17 exprimaient d'abord le refus d'une partie de la base de la stratégie de Haut Commandement qui se solda par l'échec sanglant du Chemin des Dames. Les soldats refusèrent de monter en ligne, mais ils restèrent sur leur position. L'armée allemande ne put donc en profiter pour percer le front. Rien à voir donc, avec les débandades constatées sur les fronts russes et italiens.

 

Le temps est sans doute venu d'aborder sereinement cet épisode, propre à déchaîner les passions. La priorité est de savoir de quoi on parle. Les travaux de Guy Pedroncini, qui y a consacré sa thèse en 1967, puis ceux du général André Bach, ancien directeur du service historique de l'armée de terre, font autorité en la matière.

 

En 1998, Lionel Jospin, alors Premier ministre de cohabitation, avait proposé la réhabilitation des mutins, mais Jacques Chirac, alors président, avait jugé ses déclarations «inopportunes».

 

En mai 2008, l’actuel secrétaire d'Etat à la Défense et aux Anciens combattants, Jean-Marie Bockel, a affirmé, qu'il réfléchissait à une réhabilitation, "au cas par cas", de mutins de la première guerre mondiale, afin que Nicolas Sarkozy puisse "prendre une orientation d'ici le 11 novembre". Une telle décision serait "un geste de réconciliation", a-t-il ajouté.

 

 Il a poursuivi : "Nous sommes en train d'examiner l'ensemble du dossier de façon extrêmement précise [...] Sur les 600 personnes condamnées à mort, toutes ne l'ont pas été pour l'exemple. Il y a eu un certain nombre de droits communs et tous ceux qui l'ont été pour des raisons de refus de combattre ou de mutinerie n'ont pas été des mutins de 1917. Il y en a qui l'ont été dès 1914".

 

4/12/2010.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 

    

 

Photos de Henri-France Delafosse en 1916...

dans les tranchées, lors de la Bataille de Verdun.

(Photo DD 22819  n° Img 288)

 

01933

Commémoration de Verdun, au Monument aux Morts, 1964 :

Dépôt de gerbes par M. Charles Vanoverschelde Maire,

et à sa gauche par M. Henri-France Delafosse (1894-1966) Médaillé de Verdun,

Derrière eux, on aperçoit de g. à d : MM. Albert Tierrie, Antoine Demeestère,

François Bisbrouck, Adrien Verkindère et Gabriel Vervacke.

(Photo  n° 1933)

 

En 1964, soit 50 ans après le début de la Première guerre mondiale, Henri-France Delafosse, l'ancien Poilu et rescapé de l'enfer, commémore la bataille de Verdun avec la Municipalité halluinoise, en déposant une gerbe au Monument aux morts, rue de Lille. 

 

4/12/2010 - 13/12/2014

Commentaire et Photos :  Daniel Delafosse
 

 

01861

Guerre 1914-1918 - tranchées allemandes.

(photo n° 1861)

 

La Bataille de Verdun... Historique. 

     

VERDUN doit à sa situation géographique exceptionnelle d'avoir servi à travers les âges, de camp retranché ou de forteresse. En effet, elle commande la vallée de la Meuse et les collines qui l'entourent de toutes parts lui servent de protection naturelle. VAUBAN lui donna son enceinte bastionnée. Après 1871, cette enceinte fut complétée par une ceinture de forts détachés à deux ou trois kilomètres (Tavannes, Souville , ...) puis vingt après par une deuxième ceinture de forts distants de 6 à 8 kilomètres (Douaumont, Vaux, ...).

 

- Le 1er Août 1914 au soir, la mobilisation générale est ordonnée.

- Le 3, l'Allemagne déclare la guerre à la France. A partir du 7 août, les corps de la 3é Armée débarquent et s'installent dans la vallée de la Meuse : 4éme CA, 5éme CA, 6éme CA.

- Dès le 8 Août, les allemands réunissent un demi-million d'hommes derrière les ARDENNES.

- Le 14, les 3é et 4é Armées Françaises s'avancent vers le Nord en vue d'une offensive générale vers le LUXEMBOURG. Brusquement, l'ennemi contre-attaque et le 22 Août, la Bataille des ARDENNES est perdue.

- Le 25 Août, toute la 3é Armée est en retraite. Les corps regroupent leurs régiments après 3 jours de combats incessants. Tel est le début de la Grande Bataille de VERDUN.

- Du 6 Septembre au 30 Septembre, nous perdons SAINT-MIHIEL, CHAUVONCOURT et le Fort du Camp des Romains.

- Le 6 septembre, le général SARRAIL donne l’ordre d’attaquer au matin des rives de la Saul à Blercourt, sur un front d’une cinquantaine de kilomètres. Toute la 3éme armée, orientée face à l’Ouest va heurter sur leur flanc gauche les troupes du Kronprinz en marche vers le sud. Les Allemands ont en effet, devancé notre offensive avec des forces presque doubles, un peu avant 6 heures du matin.

 

- Du 1er Octobre au 31 Décembre, les deux adversaires cherchent un front de stabilisation.

- Le 25 Décembre, sur de nombreux fronts, il y eut, de la part des Allemands, des tentatives de fraternisation. En ces derniers jours de 1914, les lignes se stabilisent en Woëvre, comme elles se sont stabilisées en Hauts-de-Meuse. Les Allemands ont tout lieu d'avoir confiance en l'année qui vient. Leurs premiers mois d'offensive les ont portés très loin en avant du territoire français. Ils ont devant eux des adversaires valeureux mais pauvres démunis d'artillerie lourde, pauvres en mitraillettes, pauvres en munitions. Le courage et l'abnégation du poilu sont incomparable mais ne peuvent triompher de la formidable organisation allemande.

 

- En ce début de l'année 1915, la pluie et le froid humide sont les deux fléaux du défenseur de Verdun. Dès les premiers jours de Janvier, nos troupes se fortifient sur les points d'observation conquis et creusent des abris pour mieux se préserver.

- En février, le calme persiste devant Verdun, l’amélioration de nos positions se poursuit dans la boue glacée. L'artillerie allemande ne demeure pas inactive. Les villages en arrière du front sont régulièrement bombardés. Il n'est pas une église du front qui, une fois par mois, ne soit criblée de blessures. Ces bombardements systématiques confirment la supériorité allemande en canons et en munitions. De notre coté, la fabrication des canons et des obus est poussée avec célérité, mais il manque à de nombreux fournisseurs d’obus, soit la conscience, soit la compétence.

- Dans le premier trimestre 1915, de nombreux canons sont détruits par l’explosion des projectiles dans l’âme même des pièces. Il y a des victimes et les artilleurs perdent confiance en leur matériel. La supériorité allemande s'affirme sur deux autres points : la liaison entre l'infanterie et l'artillerie et sur les travaux de protection.

 

- En avril 1915, la guerre des tranchées, pratiquée cependant depuis six mois déjà, semble toujours à nos grands chefs, une monstruosité tactique. Les Allemands, eux, fortifient leurs positions de béton. L'attaque des Eparges, permet d'enrayer l'avance des Allemands. La région de Verdun se fortifie. De part et d'autre, des combats provoquent des milliers de morts, souvent pour quelques mètres gagnés sur l'ennemi.

- Mai 1915, voit l'entrée en guerre de l’Italie du coté des Alliés. En Octobre sont distribués, les premiers casques.

- Le front est stabilisé.

 

- De janvier 1916 au 20 février 1916, les Allemands préparent une grande offensive. Une certaine émotion s’empare des combattants de Verdun à la nouvelle que des mouvements importants de troupes sont signalés au nord-est dans l’armée du Kronprinz. Depuis plusieurs semaines, en effet, on s’attend à une grande offensive allemande sur le front occidental ; Verdun serait-il choisi pour cette offensive.

- Le 14 et le 15 janvier, brume, neige, froid : chacun se recroqueville dans sa coquille. Cependant, de nouveaux bruits inquiétants arrivent à Verdun. Une grande activité règne chez nos adversaires. Des pièces de marine ont été déchargés en gare de Pierrepont. On installe des pièces de gros calibres. Les clochers de Rouvres, Grémilly, Mangiennes, points de repère de notre artillerie ont été abattus.

- Le 10, un de nos agents confirme formellement la " prochaine offensive de Verdun ". Les soldats allemands disent qu’il va se passer quelque chose de terrible.Il a fallu attendre le 9 février pour que nous consentions à admettre une grande offensive sur Verdun. Le mauvais temps a retardé cette attaque prévue le 14 février par le Kronprinz.

- Le 21 février, un bombardement sans précédent couvre le front, de la Meuse à la Woëvre. Le bois des Caures est occupé par les chasseurs de Driant. La "voix sacrée" transporte des milliers de tonnes.

- Le 22, nous perdons le village d’Haumont, le bois de Brabant, le bois des Caures et le bois de Champneuville. Le colonel Driant est tué ce jour.

- Dans la nuit du 23 au 24, l’artillerie française continue son repli mais doit abandonner la plupart de ses pièces, faute d’attelage. Tombe le 24, Brabant, la Wavrille et l’Herbebois.

- Le fort de Douaumont tombe le 25 février vers 17 heures, le village quand à lui, tombe le 5 mars.

- Mars 1916, le commandement français attendait, d’un jour à l’autre, le déclenchement d’opérations offensives importantes devant l’aile gauche de l’armée de Verdun. Cette attente s’accompagnent d’anxiété et même de quelque nervosité, si l’on en juge par les ordes nombreux, contradictoires parfois, qui parvenaient aux troupes en ligne. La lutte est âpre aux bois des Cumières, Vaux, Mort-Homme et Douaumont.

 

- A partir du 9 avril, les Allemands poussent leur offensive sur les deux rives de la Meuse.

- Le 22 mai, ordre est donnée de reprendre le fort de Douaumont. Les plans initiaux prévoyaient d'attaquer avec 4 divisions en ligne, mais le GQG n'en accordât qu'une. " Préparation insuffisante du terrain, dotation en obus insuffisante. Cependant, l'ordre d'attaque fut donnée ".

- Le commandement du fort de Vaux changea le 24 mai, il fut pris par le commandant Raynal. Ce même jour, le village de Cumières tombe aux mains des allemands.

- Du 20 au 30 mai, bataille au Mort-Homme. Après un fabuleux déluge d'obus qui dura plusieurs jours, le fort de Vaux tombe le 7 juin.

- Le 12 juin, une cinquantaine d'hommes tombe dans la célébre " Tranchées des Baïonnettes".

- La crête Thiaumont-Fleury tombe le 23 juin.

- Attaque française le 24 juin aux abords de Fleury.

- Contre-offensive pour dégager la crête de Souville et reprendre Fleury, du 13 juillet au 31 juillet.

 

- Le 1 août 1916, nouvelle attaque allemande sur Souville et poussée ennemie vers la sortie est du tunnel de Tavannes.

- En septembre 1916, les préparatifs de reprise des positions perdues sont engagés.

- Attaque générale le 24 octobre 1916. Le fort de Douaumont est repris sans combat.

- Le 28 octobre, le général Nivelle décide de reprendre l'attaque du fort de Vaux.

- Le lendemain, il commande la relève des divisions d'attaque et renforce le nouveau front. Une préparation d'artillerie est mise en place le 1 novembre sur le fort de Vaux et elle s'intensifie le lendemain.

- Le fort de Vaux est reconquis le 2 novembre 1916.

- A l'attaque du 15 décembre 1916 succède devant Douaumont une longue période de stabilisation. Sur le front de la rive gauche, une certaine agitation persiste à la côte 304. Le froid très rigoureux ne permet pas cependant des opérations importantes. Les Allemands agissent surtout par canons. Nos divisions renforcent leurs positions défensives des deux rives de la Meuse. 

 

 

  Photo de Henri-France Delafosse... en 1916 :

l'intérieur d'une tranchée française, lors de la Bataille de Verdun.

(Photo DD 228"&  n° Img 305) 

 

- En février 1917, la température devient plus rigoureuse. Le thermomètre descend jusqu'à -20°. La neige tombe en abondance.

- Offensive générale le 16 avril 1917, celle-ci échoue malgré quelques succès locaux.

- Le général Pétain est nommé le 17 mai 1917, commandant en chef.

- Quelques opérations qui débutent en juin 1917, éveille l'inquiétude des allemands qui rallument brusquement, le 28 juin, la bataille sur le front de la rive gauche.

- 7 jours de préparation annonce une attaque le 20 août, nous avons tiré pendant cette préparation, 110400 obus le 13,  320300 le 14,  346000 le 15,  330000 le 16,  300000 le 17,  325000 le 18 et 425000 le 19.

- Le tunnel du Mort-Homme est conquis le 20 août. Le 21, la côte 304 est à nous.

- Dès le début de décembre 1917, les rigueurs d'un hiver précoce provoquent une détente générale sur les deux rives.

 

- Le 4 février 1918 sont distribués les premiers masques R.M. Ils permettent de se mouvoir et même de courir sans être suffoqué.

- En mai 1918, les adversaires s'observent. Le calme est rompu de temps en temps par des coups de mains accompagnés d'actions d'artillerie prolongées et meurtrières.

- Mi-juillet, l'attention générale est concentrée sur les rives de la Marne et Champagne où l'adversaire a ramassé tous ces moyens d'actions dans son assaut du 15 juillet. La résistance française puis la contre-offensive brisent cet effort suprême.

- Le 6 août, Foch est nommé maréchal de France et Pétain reçoit la médaille militaire. Le calme dure toujours. Mais voici qu'affluent les divisions américaines. De nouveau le canon va tonner à Verdun.

- Offensive générale le 26 septembre 1918 en Argonne Meuse. L'ennemi est refoulé sur la ligne Hindenburg. 

 

LE 11 NOVEMBRE 1918 VERS 5 HEURES EST SIGNE L'ARMISTICE, LES COMBATS DOIVENT CESSER A 11 HEURES. 

"Quand les coups de canons annoncent 11 heures, nous sautons par dessus les tranchées et allumons un grand feu de joie. Tout ce qui peut brûler y passe, même les fusées éclairantes. "

 

La bataille de Verdun fut une bataille de la Première Guerre mondiale du 21 février au 19 décembre 1916 près de Verdun (France) entre les armées française et allemande.

Les pertes ont été effroyables pour un gain en territoire conquis nul. Après 10 mois d'atroces souffrances pour les deux camps, la bataille aura coûté 378 000 hommes (62 000 tués plus de 101 000 disparus, et plus de 215 000 blessés, souvent invalides) aux Français, 337 000 aux Allemands, 22 millions d'obus, dont un quart au moins n'ont pas explosé.

 

Les hommes ont fait preuve de la pire des sauvageries durant dix longs mois. Ils on subi la pluie, le froid, la neige, le feu et le fer. Nombreux sont ceux qui ont témoigné que seul devant la mort, ils se sont sentis ravalés à l'état de bêtes. Tout cela pour rien ? Tout cela pour quelques kilomètres carrés d'une terre devenue morte et sans vie.

 

Rétrospectivement, Verdun apparaît comme le lieu d'une des batailles les plus inhumaines auxquelles l'homme s'est livré : l'artillerie y cause 80 % des pertes, le rôle des hommes y consiste surtout à survivre et mourir dans les pires conditions sur un terrain transformé en enfer, tout cela pour un résultat militaire nul.

 

3/12/2010.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 

01828

Le comité de ravitaillement à l'usine Huet,

rue de Lille, pendant la guerre 14/18.

 (photo n° 1828) 

 

Un Regard Humain sur la Première Guerre Mondiale,

 

par l'historien local Roland Verkindère. 

 

« La grande oubliée de la guerre de 14-18, c'est la population civile. » C'est cette « petite histoire », celle des anonymes qui ont vécu la Première Guerre mondiale dans son village d'Halluin, que Roland Verkindère, ancien professeur d'histoire, partage aujourd'hui dans des publications ou lors de conférences.

 

« Ce qui m'intéresse, ce n'est pas l'aspect militaire de 14-18, mais les populations civiles. C'est aussi un travail de deuil. Mon grand-père maternel est l'une des victimes civiles de cette guerre. C'est normal qu'à un moment, j'ai voulu comprendre : je ne crois pas au devoir de mémoire, mais au travail de mémoire. Il ne faut pas considérer la mémoire officielle comme étant toute la vérité. »

 

 Roland Verkindère trouve donc ses sources à l'état civil, dans des documents d'époque ou des témoignages. Il a ainsi lu, il y a une quinzaine d'années, les carnets du secrétaire de mairie de l'époque, qui raconte au jour le jour la vie dans la commune pendant la guerre. Des carnets aujourd'hui perdus. 

 

Si Halluin n'a pas autant souffert de la Première Guerre mondiale que Comines ou Armentières, par exemple, la petite ville a quand même eu son lot de difficultés. Celles d'une «  ville otage », comme la qualifie Roland Verkindère.  «  En août 1914, 2 500 hommes sont mobilisés. En octobre 1914, les troupes ennemies occupent la ville. »

 

 Une occupation qui dura 1500 jours. Halluin devient une zone de cantonnement. Dans un premier temps, la population civile est « gardée » sur place afin de servir de bouclier contre les attaques alliées. Les hommes sont employés comme main-d'oeuvre. Les réquisitions de logements, de vivres, de fourrages... se multiplient. «  La population a incontestablement souffert de la faim, du froid et du rationnement. »

 

À partir de 1917 et en 1918, les populations, notamment les femmes, les enfants et les plus âgés, sont évacuées vers la Belgique ou le sud de la France. «  Il faut vider Halluin des "bouches inutiles". On garde les hommes et les jeunes filles, officiellement pour tenir propres les maisons. »

 

 La commune est passée ainsi de 15 800 habitants en 1914 à 6 500 en décembre 1918.

 

À la « délivrance », mi-octobre 1918, le bilan est lourd : 400 morts parmi les soldats, auxquels s'ajoute une cinquantaine de morts civils 300 maisons ont été détruites, un tiers des habitations endommagées.

 

Après la guerre, la reconstruction a été très difficile. Les usines étaient détruites. Les habitants, en majorité des ouvriers, ont eu beaucoup de difficultés à obtenir des dommages de guerre. Les esprits sont, eux aussi, marqués à tout jamais par ces épreuves, ceux des soldats, mais aussi ceux des femmes et des enfants.

 

2/12/2010.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

 

img343

 (photo JD. DD 14248   n° Img 343)

Ci-dessus : Une longue bande parallèle à l'avenue de l'Hôpital accueillit les soldats allemands tombés au front.

 Etape de l'armée allemande, Halluin comprenait bon nombre d'hôpitaux militaires pour les blessés.

 Parmi les croix diverses, celle d'un soldat mort en 1914 dans un lazaret d'Halluin.

 On remarque aussi que 5 soldats, tués au front de l'Yser, sont enterrés ensemble.

Au total, 1397 soldats et officiers ont été inhumés à Halluin.

 

p1040811 

Le cimetière militaire allemand d'Halluin en Mai 2012.

(Photo DD 14253  n° p1040811) 

 

Le Cimetière Militaire Allemand d'Halluin,

et Ceux de la Vallée de la Lys... Historique. 

 

Les cimetières militaires allemands de la vallée de la lys ont tous été construits pendant la Première Guerre mondiale. Ainsi le cimetière de Quesnoy a été installé en 1914 par l’armée allemande, qui y a enterré ses morts, essentiellement des Allemands du sud ( Saxe, Bavière) jusqu’en novembre 1916. Une grande partie des soldats reposant là sont des victimes des grandes batailles qui ont eu lieu au sud d’Ypres en octobre et novembre 1914. Il y a aussi beaucoup de pertes en 1915 et 1916 ; Les batailles ses sont ensuite déplacées.

 

Plus vers le front de la Lys, les premières victimes du conflit ont été enterrées dans les cimetières militaires de Bousbecque et Wambrechies, jusqu’en 1917. Le cimetière d’Halluin, s’il date de l’automne 1914, rassemble en majorité des soldats tombés entre juillet 1917 et juillet 1918, victimes des attaques aériennes britanniques entre Saint-Eloi et Messines.

 

Parfois des soldats russes sont enterrés avec des Allemands, car ils avaient été fait prisonniers et étaient décédés dans les hôpitaux militaires. Autres anecdotes : le monument dans le cimetière de Bousbecque a été déplacé, il se trouvait auparavant dans le jardin d’un particulier. Quant à Wervicq, il existe un monument allemand loin du cimetière perdu dans la campagne, dans le bois Dalle… c’est celui qui contient le plus de morts.

 

Le 11 novembre 1918, l’Armistice mettait fin à la première Guerre mondiale. Dans la vallée de la Lys, les combats ont été âpres, comme le rappelle la présence de 4 cimetières germaniques. Ils sont entretenus par une association qui dépend de l’Allemagne.

 

Le Cimetière Militaire Allemand d’Halluin.

 

Entre deux rangées de tombes du cimetière civil, derrière un muret à hauteur d’épaule, s’ouvre la petite porte du cimetière militaire allemand d’Halluin. Juste derrière, sous des grands arbres, s’étire déjà la première rangée de croix en pierre qui témoignent comme des vigies du sommeil des soldats fauchés par la mitraille

 

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 Cimetière militaire allemand d'Halluin en Mai 2012.

(photo DD 14252   n° p1040812)

 

Les Allemands ont eux aussi payé un lourd tribut à la guerre sur cette ligne de front qui a marqué notre région. Les dates de célébration sont proches, mais toujours différentes : en France,  c’est le 11 novembre qu’on se souvient des morts de la Première Guerre Mondiale, car c’est le 11 novembre 1918 qu’a été signé l’armistice ; en Allemagne, c’est le 3e dimanche de novembre que l’on commémore les morts au combat.

 

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Funérailles à Halluin, le 24/2/1916, d'un lieutenant aviateur allemand.

Cette photo a valu 60 marks d'amende à son auteur... A voir : l'hélice sur son corbillard.

(photo n° 1854)

 

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Le cimetière militaire allemand d'Halluin - Mai 2012.

(Photo DD 16672  n° P1090568)

 

Durant le mois de novembre, le SESMA, Service d’Entretien des Sépultures Militaires Allemandes passe beaucoup de temps dans les cimetières, pour poser sur les tombes les fleurs et couronnes commandées par les familles allemandes adhérentes de l’association.

 

Basée à Pérenchies, cette antenne gère l’entretien d’une quarantaine de cimetières allemands de la côte d’Opale à l’Avesnois, ainsi que de quelques-uns en Belgique. Le SESMA, dont le siège français est à Metz, vit grâce aux cotisations des adhérents, à des fonds allemands, et à des dons. C’est une émanation du Volksbund créé en 1919, pour entretenir les sépultures militaires, en France et dans d’autres pays.

 

Le travail des salariés est accru fin octobre et début novembre. Ils ont à cœur de présenter une image nette des cimetières à une époque où ils sont très fréquentés. Peu avant la Toussaint, on peut les croiser à Halluin, rassemblant les feuilles mortes, entretenant la pelouse. Même si deux ou trois soldats sont souvent rassemblés dans une sépulture, les croix sont plus difficiles à entretenir, on l’imagine : 1397 corps sont enterrés à Halluin, 2330 à Bousbecque, 2498 à Wervicq-Sud, et 1964 à Quesnoy. C’est pourquoi chaque année, entre mai et septembre, les militaires allemands et des camps de jeunesse viennent donner un coup de propre aux stèles et aux croix.

 

Mais ces cimetières n’ont pas toujours été aussi bien entretenus. Il a fallu du temps pour que les Allemands deviennent des partenaires européens et des amis. 

C’est en juillet 1966, grâce au traité entre la France et l’Allemagne, qu’a été crée le SESMA.

 

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(Photo DD14292  n° p1090590)

 

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(Photo DD 14294  n° p1090592)

 

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Personnel d'entretien en Octobre 2012... Cimetière militaire allemand  d'Halluin.

(Photo DD14293  n° p1090591)

 

Avant, les cimetières dépendaient du ministère de la Défense… français. Heureusement,   les temps ont changé, même si ces cimetières, comme d’autres d’ailleurs subissent parfois les graffitis ou le vandalisme. 

Entretenir un cimetière, évoquant une guerre ancienne soit-elle, n’est jamais vain. L’esprit général du Volksbund, et donc du SESMA, est que « les sépultures militaires n’empêchent pas les guerres, mais elles sont la meilleure manière d’exhorter à la paix, en nous incitant à réfléchir ».

 

Les cimetières militaires allemands font d’ailleurs réfléchir d’une autre manière que leurs homologues anglais ou américains. Ici, pas de grande étendue plane destinée à impressionner.

« Quand ils ont été réaménagés, les architectes allemands ont voulu que les cimetières intègrent le paysage environnant. Il y a toujours beaucoup d’arbres. Et l’entretien se fait de manière écologique. Les pissenlits dans la pelouse font partie de la physionomie ». explique, en 2002, la responsable du SESMA.

 

Dans la vallée de la Lys, on peut même dire qu’on repère le cimetière allemand parce qu’à côté du cimetière civil, il contient beaucoup plus d’arbres. Celui de Quesnoy est même presque entièrement ombragé par des résineux qui empêchent  hélas le gazon de pousser. 

En cette période commémorative, qui penserait croiser un Allemand serait cependant déçu. Ceux qui viennent encore se recueillir « de moins en moins », le temps passant, reconnaît la responsable du SESMA, le font en été, à l’occasion des vacances.

 

Mais un des aspects les plus enthousiasmants de son travail reste de retrouver des sépultures pour des descendants de soldats tués au combat. Et de regretter : «On n’est pas assez connu alors qu’on possède beaucoup de documents ».

 

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 Le cimetière militaire allemand d'Halluin - Mai 2012.

(Photo DD n° p1090585)

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inhumations des soldats dans le cimetière allemand  BD16157

Voir aussi... cliquez ci-dessous 

Le Cimetière Militaire Allemand d'Halluin en Novembre 2012.

 

2/12/2010 - 9/11/2012 - 9/11/2017

Commentaire et Photos : Presse - Daniel Delafosse

 

01885

Une première messe célébrée en 1919, au cimetière d'Halluin,

 devant le Monument aux Morts de la Guerre 14/18.

 Ce n'était pas le monument définitif. Il s'agissait du monument des curés d'Halluin,

qui se trouvait dans l'allée centrale et qui fut déplacé.

Les croix de bois, à gauche de la photo, montrent que des corps venaient d'être ramenés.

(photo n° 1885)

 

Hommage aux Disparus.

  

Poème du « poilu » Louis Fauré, 102 ans.

 

« Journée du souvenir, où le labeur fait trêve

Sous un signe de deuil, la pensée qui s’élève

Vers le recueillement, fait revoir à nos yeux

Ceux qui, dans l’au-delà, sombre et mystérieux

Sont partis pour toujours laissant dans les cœurs

De ceux qu’ils ont quittés, le vide et la douleur

A tous ces êtres chers quand l’esprit s’abandonne

En ce grand jour de Paix, offrons leur des couronnes

Et qu’un pâle soleil ajoute à son décor

D’automne, la vision, plus languissante encore

Des feuilles qui tombent lentement de la cime des arbres

Sur le sol recouvert d’une fraîcheur de marbre

Nous rappellent toujours, comment dans les combats

Sur le front du devoir sont tombés nos soldats

De la Marne à Verdun, en Champagne, en Argonne,

Et des forêts d’Alsace à l’Aisne et à la Somme

Chaque sentier perdu a frémi sous les pas

De ceux qu’on attendait, qui ne revinrent pas

Et dans ces alentours, plus d’un poilu repose

Sur sa tombe inconnue, aucun bouquet de roses

N’est venue se poser et pas même une croix

De ce caveau muet vient marquer l’endroit

Par deux fois en vingt ans, les fils de la Patrie

Pour elles sont tombées, aux armées, aux maquis

Au printemps de leur vie, si riche d’espérance

Offrant ainsi leur corps pour sauver notre France

Ecoutons les accents de leurs voix d’outre-tombe

Nous dire, il ne faut pas que le pays retombe

Aux erreurs du passé, au langage des armes

Qui sèment la douleur, la tristesse et les larmes.

Tous les hommes sont nés pour s’aimer, se comprendre

Au lieu de se frapper, leurs mains doivent se tendre

La haine et le mépris cessant d’être à l’honneur

Feront naître chez nous des sentiments meilleurs

Les humains connaîtront la vue plus fraternelle

Quand naîtra sur le monde la Paix, la Paix Universelle ».

 

                                                Louis Fauré

 

1/12/2010.

Commentaire : Daniel Delafosse
 

 

02023

Cérémonie au Monument aux Morts, rue de Lille,

 par l'association halluinoise des Anciens sous-officiers.

Au centre, M. Charles Vanoverschelde Maire d'Halluin.

(photo n° 2023)

 

La Sonnerie « Aux Morts »…

 Historique. 

 

Il est peu connu que la sonnerie "Aux Morts", réglementaire dans l'Armée française, est due à une initiative du Général Gouraud. 

« L'usage s'est établi, au cours des cérémonies d'hommage aux morts de la Grande Guerre qui, depuis l'armistice, se déroulent devant les monuments commémoratifs et particulièrement devant le tombeau du Soldat inconnu, d'observer une minute de recueillement.

 J'ai décidé de compléter ce cérémonial désormais traditionnel par une sonnerie nouvelle, dite "aux morts" qui constituera le signal et le prélude à la minute de silence. Cette cérémonie pourra également être exécutée dans toutes les circonstances où le commandement croira devoir honorer par un cérémonial particulier les officiers, sous-officiers et soldats tombés au champ d'honneur".

 

Ainsi fut rédigée, le 11 août 1932 à Paris, la circulaire complétant le cérémonial des cérémonies d'hommage aux morts de la guerre, par une sonnerie nouvelle dite "aux morts". 

Quelques années auparavant, l'attention du général Gouraud, alors gouverneur militaire des Invalides, avait été attirée par la sonnerie de clairon précédant la minute de silence au cours des cérémonies américaines. Il s'en était ouvert auprès du commandant Dupont, chef de la musique de la Garde républicaine, l'invitant à composer une pareille sonnerie puisqu'elle était absente du répertoire de l'armée française.

 

Elle fut exécutée pour la première fois le 14 juillet 1931 sous l'Arc de Triomphe, en présence de M. Maginot. L'année suivante, M. Boncour, ministre de la guerre, félicita le commandant Dupont et rendit réglementaire cette sonnerie porteuse de tant d'émotions.

 

1/12/2010

Commentaire : Daniel Delafosse
 

 

02754

En 1916, M. Paul Lemaitre-Boutry apprenant  le tissage à ses quatre fils,
  de gauche à droite :  Gabriel, Edouard, Paul et Louis.
  (photo n° 02754)  
 
 Il y aura 85 ans... le 3 Janvier 1930 :
 

Toute une population conduisait  

« Monsieur Paul » à sa dernière demeure. 

 

 

 Paul Lemaitre-Boutry 

(1875-1929)

(Photo X DD 22672  n° Img 087)

 

Il fut triste le réveillon du 31 décembre 1929 à Halluin, « Monsieur Paul » venait de disparaître le 29 décembre à l’âge de cinquante-cinq ans. On tournait une page de l’histoire de la commune.

 

Né à Halluin, le 4 Avril 1875, Paul Lemaitre-Boutry industriel, ancien adjoint au maire, fondateur du groupe halluinois des familles nombreuses, de la concordia-harmonie, fut l’une des grandes figures halluinoises du début du vingtième siècle ; artisan, notamment, de la construction de l’hospice du mont d’Halluin, magnifiquement transformé (en 1989) en maison de retraite, mais aussi généreux donateur du terrain pour la construction du monument aux Morts, situé rue de Lille.

 

Issu d’une vieille famille halluinoise qui, non seulement fournit à la cité de nombreux magistrats municipaux, mais dont les membres furent ici les créateurs de l’industrie textile, M. Paul Lemaitre-Boutry était le fils de M. Paul Lemaitre-Bonduelle, ancien conseiller général, maire d’Halluin pendant vingt-sept ans, le petit-fils de M. Edouard Lemaitre-Demeestere  fondateur de la maison Lemaitre-Demeestere, et l’arrière petit-fils de M. Pierre Demeestere-Delannoy nommé maire d’Halluin en 1830.    

 

Elu conseiller municipal le 6 mai 1900, prenant la place de son père, maire de la ville, qui ne sollicitait plus le renouvellement de son mandat, Paul Lemaitre fut réélu le 1er mai 1904, et nommé adjoint le 13 mai suivant.  

 

 

 Les inventaires des biens de l'église Saint-Hilaire - 8 Mars 1906.

(Photo n° 1848)

 

Né avec la loi de "Séparation de l'Eglise et de l'Etat", cet inventaire des biens de l'Eglise a pour but de répertorier les biens qui seront transférés vers des associations culturelles ; l'Etat confisquant purement et simplement tous les biens d'Eglise antérieurs à la Révolution.

Les inventaires d'Halluin auraient dû avoir lieu le 7 ou 9 mars 1906 : M. Rabier, inventorieur, ne peut effectuer son travail ni à Saint-Hilaire, ni à Saint Alphonse. Selon le "Journal de Roubaix", on parle de 3000, 8000 et même 12 000 manifestants catholiques qui interdisent l'approche de l'église. 

 

 

La foule est massée devant l'Eglise Saint-Hilaire (centre)

en Mars 1906, pour empêcher le pillage de l'édifice.

(Photo AL n° 230)

 

Paul Lemaitre sut mener de pair les obligations de cette nouvelle charge avec le souci des affaires commerciales. Grâce à lui, lors des sinistres inventaires, il fut possible de transformer en blockhaus notre église, pour résister de manière efficace au siège en règle des sectaires assaillants ; cette conduite courageuse lui valut la suspension de ses fonctions le 10 mars 1906, puis la révocation par la Préfecture.

 

Au centre, en 1908, Mgr Charost en compagnie de tous les enfants Lemaitre,

de Pierre Defretin Maire d'Halluin et de l'Abbé Deram.

(Photo n°  5952)

 

Le 17 mai 1908, les fonctions d’adjoint lui étaient de nouveau confiées. Aux élections du 3 mai 1912, les électeurs firent sur son nom, une belle manifestation de sympathie : Paul Lemaitre était élu en tête de liste, puis bientôt renommé adjoint à l’unanimité. 

Au cours de son mandat, M. Lemaitre s’occupa avec une particulière compétence des services publics. Il apporta ses soins et son dévouement à la construction du superbe hospice-hôpital du mont d’Halluin, établissement si nécessaire alors à la ville, attentif à gérer les affaires communales, à créer des œuvres durables, et à se montrer économe des deniers des contribuables. 

 

(Photo ARPH DD 22670  n° Img 073)

 

Mais là où il se distingua surtout, où il donna la mesure de ses moyens, ce fut au cours de l’occupation. 

Au moment de la déclaration de la Première guerre mondiale, Paul Lemaitre était âgé de 39 ans, et adjoint au maire. Père de dix enfants, il lui fut permis de demeurer à Halluin. M. Pierre Defretin le maire, l’autre adjoint M. Louis Odou-Loridan, étant tous deux septuagénaires, lui confièrent l’administration de la ville dès l’arrivée des Allemands, le 16 octobre 1914.

 

En cette qualité, M. Lemaitre eut de constants rapports avec la kommandantur. Intermédiaire entre la population et l’autorité ennemie, il fut sans cesse l’objet des injures et des menaces des officiers, et eut à répondre à des réquisitions chaque heure, de jour comme de nuit. On le recherchait pour lui dire : « Monsieur Paul, on vous demande à la kommandantur ».  

Il s’y rendait quand même, malgré son sentiment instinctif de révolte car il savait l’accueil qui l’attendait, la nature des ordres qu’il allait recevoir, et les insultes dont il allait être abreuvé.  

 

Il fut emprisonné six fois pour des périodes variant entre six et quinze jours, pour avoir résisté aux prétentions allemandes notamment au sujet du paiement des contributions de guerre, et surtout du refus de payer le travail des ouvriers dans les usines. 

 

(Photo DD 22448  n° P1230019)  

 

 Ce fut à cette époque le 30 juin 1915, que parut la fameuse lettre du commandant de place exigeant que tout ce dont l’autorité allemande avait besoin pour l’entretien des troupes, fut fabriqué par des ouvriers du territoire occupé sous peine de destruction de la Ville. Cette lettre put être expédiée à Paris, et fut publiée par tous les grands quotidiens de la capitale. 

La reproduction de cet écrit amena l’ouverture d’une enquête faisant subir à M. Lemaitre de nouvelles insolences et menaces de mort. Malgré cela, Paul Lemaitre fit preuve d’une énergie admirable, d’une patience raisonnée et d’un patriotisme ardent. 

 

C’est grâce à lui que les offices purent encore être célébrés, le dimanche, dans notre église que les Allemands voulaient accaparer. Il intervint aussi, mais sans succès, pour empêcher de transformer cette belle église en écurie, pour les chevaux des soldats de la Garde impériale. Et, c’est la rage au cœur et les larmes aux yeux, qu’il vit enlever les cloches qu’il avait supplié la kommandantur de laisser.

  Un convoi de chariots allemands stationne devant l'Ecole du Sacré Coeur.

(Photo ARPH DD 22685  n° Img 100)

 

Des camps de prisonniers russes furent installés à Halluin ; il intervint pour protester contre les brutalités exercées sur ces malheureux par les soldats allemands qui les surveillaient. Plus tard, lorsque des prisonniers anglais, italiens, français furent gardés dans les usines de la ville, il parvint, à l’aide de mille subterfuges, à leur remettre des vivres, du linge, des vêtements. 

Il protesta contre l’emploi près des lignes de feu d’habitants valides de la ville, et travailleurs civils amenés en Belgique. Il refusa toujours de livrer les listes des assistés pour les soustraire le plus possible au travail pour l’ennemi.

 

Dans la cour des Ets Lemaitre, rue de la Lys, en 1918,

en présence de Paul Lemaitre fils,

et des directeurs Ramaen Henri et Herman Paul.  

(Photo 698)

  

Pendant toute la durée de l’occupation, M. Lemaitre fit tout ce qui était humainement possible pour le ravitaillement de la population en vivres, linge, charbon, et se dépensa sans compter avec un dévouement et une bonté admirables, pour rendre à ses concitoyens, sans distinction, tous les services qu’ils réclamaient de lui. Jour et nuit il se tint à leur disposition, sans souci de sa famille et de lui-même.

  

En juin 1917, lorsque l’autorité allemande émit la volonté d’évacuer la ville par moitié, il protesta encore et réclama l’application de toutes les mesures propres à rendre le départ des habitants le moins pénible possible. A l’évacuation générale, le 30 septembre et le 1er octobre 1918, il partit l’un des derniers, par le Mont d’Halluin. Quelques jours plus tard, la délivrance d’Halluin sonna joyeusement le 17 octobre 1918. 

Le lendemain, Paul Lemaitre était de retour et dès le 25 octobre, il réunissait le conseil municipal qui prenait, de concert avec les autorités anglo-françaises, les premières mesures propres à assurer l’alimentation l’assainissement, la désinfection et la réorganisation de la ville. Les halluinois respiraient enfin, délivrés de ce cauchemar qui avait causé beaucoup de vide et de souffrances.

 

Catholique convaincu, Paul Lemaitre se dévoua sans compter pour les œuvres paroissiales, particulièrement le Cercle Saint-Joseph et les écoles libres, qu’il considérait comme l’œuvre primordiale. Il était aussi membre du Conseil paroissial. 

La guerre terminée, ce père de onze enfants, comprit, que pour remplacer les trop nombreux disparus, il fallait encourager et aider la natalité, grouper et soutenir les nombreuses familles. Il en prit l’initiative, et avec l’aide de quelques amis, fonda la section des familles nombreuses d’Halluin, dont il était le président d’honneur et l’un des principaux animateurs. 

 

L'Harmonie Municipale en 1907... qui deviendra à la fin de la guerre la "Concordia".

(Photo ARPH 22673  n° Img 088)

 

Patriote ardent, il était vice-président de la société « Les Frères d’Armes », et membre d’honneur des sociétés patriotiques. Il encouragea et soutint les sociétés musicales et sportives halluinoises. Il fut également le fondateur de la Concordia-Harmonie. Chef d’industrie, il était toujours en quête des derniers perfectionnements dans la technique du tissage. 

Sa santé étant ébranlée, à l’expiration de son mandat en novembre 1919, il crut devoir renoncer à sa candidature au conseil municipal. Cependant bien qu’éloigné de la mairie, il n’en continua pas moins à s’intéresser à la ville

 

Paul Lemaitre dans l'usine de tissage rue de la Lys, en 1922.

(Photo 2543) 

 

Le Monument aux Morts, rue de Lille Halluin

lors du 80ème Anniversaire de l'Armistice - 11 Novembre 1998.

(Photo ARPH DD 22682  n° Img 099)

 

 Il fit, dans un endroit des mieux choisis, l’acquisition d’un terrain qu’il mit à la disposition du comité de souscription, pour l’érection d’un monument aux Morts de la guerre. Il combla même le manquant, et c’est ainsi qu’Halluin peut-être fière de posséder, à la mémoire de ses glorieux disparus, une œuvre d’un caractère grandiose qui fait l’admiration de tous.

 

Bien que la modestie de M. Lemaitre fut rebelle aux distinctions, on aurait pu croire que ses grands mérites eussent attiré l’attention du pouvoir, mais celui-ci parfois si prodigue dans ses distributions, se contenta de lui octroyer en 1923, la médaille de la Reconnaissance Française. 

 

Le 3 Janvier 1930... Toute une ville accompagne le corbillard... 

(Photo X 22684  n° Img 042)

 

Les funérailles de Paul Lemaitre ont donné lieu à une grande manifestation de reconnaissance, le vendredi 3 janvier 1930 en l’église Saint-Hilaire. Il repose depuis dans le caveau établi à proximité du monument élevé à la mémoire des halluinois morts pour la France.

 

02756

... de "Monsieur Paul".

(Photo n° 2756)

  

Le caveau familial de la Famille Lemaitre-Boutry...

(Photo DD 22680  n° P1230969) 

 

... au Cimetière d'Halluin - Novembre 2014.

(Photo DD 22681  n° P1230970)

 

De mémoire, jamais pareille cérémonie n’avait été vue à Halluin, ou plutôt il fallait se reporter aux funérailles de M. Paul Lemaitre-Bonduelle, son père, pour se rappeler d’une telle manifestation. Presque toutes les familles halluinoises étaient représentées, dans le long convoi qui suivait la dépouille mortelle de celui que le peuple appelait « Monsieur Paul », et qui laissa à tous ceux qui l’ont connu, aimé et apprécié, le souvenir d’une bonté proverbiale et d’un dévouement infatigable. 

 

 

 (Photo NE DD 22671  n° Img 085)

 

L'Homme du XXème Siècle Halluinois...

 

 Erreur de transcription : Il faut lire Lemaitre (sans accent) et Boutry (avec un t).

Paru dans "La Voix du Nord"...

(Photo VdN DD 22666  n° Img 066) 

 

... du 7 Janvier 2000. 

(Photo VdN DD 22667  n° Img 067)

 

Paru dans "Nord Eclair" du 30 Janvier 2000. 

(Photo NE DD 22668  n° Img 068)

   

La Reconnaissance Halluinoise !

 

"Deux Halluinois, M. Pierre Defretin Maire pendant la Première Guerre mondiale, mais aussi

M. Paul Lemaitre-Boutry, son Premier adjoint, ont joué un rôle primordial

à la tête de la population halluinoise dans des circonstances dramatiques !...

Ne serait-il pas temps d'honorer enfin..., la mémoire de Messieurs

Pierre Defretin et Paul Lemaitre

en attribuant leur nom à un bâtiment, une rue, un espace, une stèle ou une plaque ...

en rapport avec les services exceptionnels rendus à toute la population halluinoise.

Cette initiative, je pense, serait la plus belle et la plus juste reconnaissance

envers les deux anciens administrés.,

mais également, un geste symbolique pour toutes celles et ceux

qui oeuvrent au travail de la mémoire collective de notre ville".

  

                      2 Octobre 2014

                      Daniel DELAFOSSE 

 

 

Exposition sur la Guerre 14-18 et Halluin,

organisée par l'ARPH - Octobre 2014.

(Photo DD 22683  n° P1220817)

 

 Voir aussi :   

Guerre 14/18 – Visite chez Defretin (Séance du Conseil Municipal d’Halluin, le 30 Juin 1915 – Document) : 

 http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1285:visite-chez-defretin&catid=11:guerre-14-18-&Itemid=219&lang=fr

  

Guerre 14/18 – Troupes allemandes (Halluin occupée, sous la responsabilité de M. Paul Lemaitre-Boutry) : 

 http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=2801:guerre-1418-troupes-allemandes-en-mouvement&catid=11:guerre-14-18-&Itemid=219&lang=fr 

 

Les inventaires des biens de l’Eglise Saint-Hilaire en 1905 – 1906 :

 http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=448:les-inventaires-du-8-mars-1906153&catid=19:culte-catholique&Itemid=252&lang=fr

 

Guerre 14/18 – Halluinoises évacuées à Hal B. (La magnifique résistance civile halluinoise) : 

 http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1215:guerre-14-18-halluinoises-evacuees-a-hal&catid=11:guerre-14-18-&Itemid=219&lang=fr

 

Pierre-Joseph Demeestère (Maire d’Halluin 1865 – 1873) : 

 http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=2984:pjdd&catid=146:elus-et-agents-municipaux&Itemid=126&lang=fr

 

Edouard Lemaitre-Demeestère (Maire d’Halluin 1830 – 1865) : 

 http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=2985:edouard-lemaitre-demeestere&catid=146:elus-et-agents-municipaux&Itemid=126&lang=fr

 

Paul Lemaitre-Bonduelle (Maire d’Halluin 1874 – 1900) : 

 http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=2986:paul-lemaitre-bonduelle&catid=146:elus-et-agents-municipaux&Itemid=126&lang=fr

 

27/11/2010 - 20/11/2014

Commentaire : Daniel Delafosse
 

    

02233

  Les employés SNCF de la Gare d'Halluin. 

 (photo n° 02233) 

Le Wagon de l’Armistice... Historique.

 

C’est à bord du wagon 2.419 D que l’Armistice a été signé le 11 novembre 1918. Ce wagon, ou plus exactement son frère jumeau (il portait le n° 2.439 D), on peut le voir au Musée de l’Armistice en forêt de Rethondes, près de Compiègne. 

« Ce wagon, explique le général Gamache, président de l’association qui gère ce musée, faisait partie d’une série qui avait été commandée en 1913. Ils étaient répartis sur les différents réseaux de France. Le premier à en bénéficier fut le maréchal Joffre, lors de la Bataille de la Marne. Les autres wagons furent affectés aux différents états majors ».

 

Il s’agissait de wagons qui pouvaient tout à la fois servir de salon et de bureau. Il comporte également des cuisines (sa destination première était d’être un wagon-restaurant) transformées en bureau pour les secrétaires qui accompagnent la délégation alliée. A côté se trouve un petit salon, où prendront place le commandant Riedinger et le capitaine de Mierry, avec une petite table et un téléphone.

Ce petit salon se trouve juste à côté de la grande salle-bureau décorée de boiseries en acajou verni. Une grande table en bois foncé trône au centre de la pièce. A chaque bout, deux lampes aux abat-jour roses qui faisaient partie du décor du wagon-restaurant. Devant chaque place le nom de son occupant. A chaque bout de table, les deux interprètes.  

 

A gauche les Allemands : Oberndorff, Erzberger, von Winterfeldt et Vanselow. A droite les Alliés : Weygand, Foch, Wemyss et Hope. Au fond, à droite, à côté d’une petite table et d’un téléphone, le commandant Bagot et le capitaine Mariott. A gauche, une autre petite table et un téléphone, le captaine Geiger.

 

Tragique destin...

« Après la guerre, poursuit le général Gamache, le wagon fut remis aux chemins de fer français et il reprit du service comme wagon-restaurant sur le réseau Ouest, avant d’être incorporé au train présidentiel ».

Pourtant, tout le monde a conscience qu’il s’agit d’un  monument historique. Alors, à partir de 1921, il va être installé dans la cour d’honneur des Invalides. 

Il y restera pendant 6 ans. « Mais le wagon, installé à l’air libre se détériore et on commence à se préoccuper de son devenir. En 1927, le maire de Compiègne propose d’accueillir ce wagon dans la clairière de Rethondes que l’on va aménager. Le wagon est restauré grâce à un américain, Arthur Fleming, et il prend place dans la clairière le 8 avril 1927 ».

 

Le lieu historique de Rethondes sera inauguré par le président de la République Alexandre Millerand, le 11 novembre 1922.

Le wagon est alors mis à l’intérieur d’un bâtiment qui le protège des intempéries. Pourtant, il va en sortir le 22 juin 1940. Pour la signature d’un autre armistice. Moins glorieux celui-là ! Les Allemands, pour le sortir de son abri, percèrent les murs et le remirent à la place exacte qu’il occupait le 11 novembre 1918. Tous les plus hauts dignitaires nazis sont venus voir ce wagon, à commencer par Hitler.

 

Brûlé par les S.S. 

Ensuite le wagon a été emmené en Allemagne comme un trophée, il défilera devant la Porte de Brandebourg avant d’être exposé dans un parc de Berlin. « Mais avant de conduire le wagon vers Berlin, poursuit le général Gamache, les Allemands prirent soin de tout détruire dans la clairière de Rethondes. Ils emmènent également la dalle centrale rappelant l’Armistice de 1918, ainsi que le monument à l’Alsace-Lorraine qui se trouve en bordure de la clairière. Ils ne laissèrent que la statue de Foch. Tout le reste fut détruit et même labouré pour effacer toutes traces ».

A la libération de 1945, on perd la trace du wagon. « En 1991, après le départ des Soviétiques de la R.D.A., j’ai appris que le wagon avait été transporté en forêt de Thuringe, à Ohrudrf, et qu’il aurait été brûlé sans doute entre le 3 et le 11 avril 1945 ». 

Peut-être par des S.S. qui lancèrent des grenades incendiaires sur le wagon, avant l’arrivée des Américains. En octobre 1992, le général Gamache a pu quand même récupérer quelques éléments du wagon qui n’avaient pas brûlé : les rampes d’accès, des chiffres, des insignes… Ils sont exposés au Musée de la clairière de Rethondes.

 

img329

(X DD 30795  n° Img 327)

 

Voir aussi... cliquez ci-dessous : 

Guerre 14/18 : Halluin - Rethondes... Armistice - Réconciliation (Novembre 1918-2018).

Guerre 14/18 - Inauguration de la plaque et de la rue du 11 Novembre 1918 (Historique).

Rue du 11 Novembre 1918 (Rénovation terminée - Avril 2015).

10/11/2010 - 10/11/2018

Commentaire et Photos : Presse - Documents - Daniel Delafosse
 

 

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 Inauguration du Monument aux Morts, rue de Lille,

le 20 septembre 1925, devant une foule imposante.
(photo n° 3002)

 

Le Coquelicot et le Bleuet

 de la Mémoire… Historique. 

 

En cette période de commémoration de l’Armistice de 1918, de nombreux Britanniques viennent déposer, dans tous les lieux de mémoire qui parsèment les champs de bataille de la Grande Guerre, parfois une petite croix de bois portant le nom d’un parent disparu, mais toujours un coquelicot rouge, symbole du souvenir.

 Les Français ont tenté de faire la même chose avec les bleuets. Sans grand succès.

 

L’origine du coquelicot remonte en fait au 2 mai 1915. Ce jour-là, sur le front de Flandre, quelque part entre Ypres et Dixmude (B), un soldat britannique est tué. Comme des dizaines d’autres ce jour-là, autant que la veille ou que le lendemain. La mort, le long des rives de l’Yser fait partie du lot quotidien des soldats en cette année 1915.

 

Ce soldat a un ami, le major John Mac Crae. Il est né le 30 novembre 1872 à Guelph, au Canada. Fils d’un officier supérieur de l’armée canadienne d’origine écossaise, il se tourne ver la médecine et devient biologiste. 

Mais, lorsque le Canada, avec les autres pays du Commonwealth, entre dans la guerre, il se porte volontaire pour faire partie du corps expéditionnaire, après s’être déjà porté volontaire pour aller en Afrique du Sud, lors de la guerre des Boers.

 

Le 14 avril 1915, il arrive sur le front en Flandre, près de Ypres. Et, lorsqu’il apprend la mort de son ami le 2 mai, la légende veut que le lendemain, 3 mai, alors qu’il se trouve (c’est encore la légende qui le dit) près d’Essex Farm à Boezinge, sur son carnet personnel il compose un poème.

 

Dans le « Punch »

 

« In Flanders fields the poppies blow… (« Dans les champs de Flandre, les coquelicots fleurissent ». Ce poème aurait dû rester secret. Mais le 8 décembre 1915, il est publié dans le journal anglais « Punch ». Et contre toute attente, il ne passe pas inaperçu. Miss Moyna Michael, une Américaine, s’empare de ce coquelicot et veut l’utiliser chaque année sur des lieux de souvenirs ;

 

Lord Macauley va même plus loin en proposant que cette fleur devienne le symbole du sacrifice et du souvenir. Les associations d’anciens combattants britanniques, la Royal British Legion, la Haig Fund… décident à leur tour d’adopter le poppy. 

Et une Française Mme Guerin, se lance dans sa confection. Elle fait même installer, en 1921, un atelier de confection de coquelicots artificiels dans le Kent, à Maidstone. Depuis, les « poppies » viennent fleurir les tombes des soldats britanniques morts au combat.

  

Quant à John Mc Crea, après avoir été nommé lieutenant-colonel, le 1er juin 1915, il est muté à Boulogne-sur-Mer. Il devait mourir le 28 janvier 1918 à l’hôpital de Wimereux. 

Et sur sa tombe, au cimetière de Wimereux, sur une plaque de cuivre est gravée :

 

« In Flanders Fields poppies blow

Between the crosses, row on row,

That mark our place, and in the sky

The larks, stil bravely singing, fly

Scarce heard amid the guns

Bellows.”…

 

Signalons que sur Internet, de nombreux sites britanniques sur la Première Guerre mondiale, portent le nom de « In Flanders Fields ».

 

Le Bleuet de France est le symbole de la mémoire et de la solidarité, en France, envers les anciens combattants et les autres victimes de la guerre. Son origine remonte à 1916, durant la Première Guerre mondiale, lorsque l'infirmière Suzanne Lenhardt et Charlotte Malleterre, fille du général Gustave Léon Niox et épouse du général Gabriel Malleterre, toutes deux touchées par les souffrances qu'endurent les blessés de guerre, décident d'aider ces derniers  à oublier leur douleur en leur faisant confectionner des bleuets en tissu.

 

La fleur de bleuet est choisie à l'origine en hommage aux jeunes soldats qui, vêtus d'un uniforme bleu horizon, étaient appelés "Les Bleuets". Ils étaient distribués tous les 11 novembre et 8 mai sur la voie publique. 

L'objectif de la vente du bleuet était d'aider les blessés de guerre et à recueillir de l'argent afin d'augmenter leurs ressources. La vente devenait nationale à partir de 1935, et en 1957, le 8 mai devenait le deuxième jour de collectes de fonds par le biais de ces ventes.

 

12/11/2010.

Commentaire : Daniel Delafosse