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 Inauguration du Monument aux Morts, rue de Lille,

le 20 septembre 1925, devant une foule imposante.
(photo n° 3002)

 

Le Coquelicot et le Bleuet

 de la Mémoire… Historique. 

 

En cette période de commémoration de l’Armistice de 1918, de nombreux Britanniques viennent déposer, dans tous les lieux de mémoire qui parsèment les champs de bataille de la Grande Guerre, parfois une petite croix de bois portant le nom d’un parent disparu, mais toujours un coquelicot rouge, symbole du souvenir.

 Les Français ont tenté de faire la même chose avec les bleuets. Sans grand succès.

 

L’origine du coquelicot remonte en fait au 2 mai 1915. Ce jour-là, sur le front de Flandre, quelque part entre Ypres et Dixmude (B), un soldat britannique est tué. Comme des dizaines d’autres ce jour-là, autant que la veille ou que le lendemain. La mort, le long des rives de l’Yser fait partie du lot quotidien des soldats en cette année 1915.

 

Ce soldat a un ami, le major John Mac Crae. Il est né le 30 novembre 1872 à Guelph, au Canada. Fils d’un officier supérieur de l’armée canadienne d’origine écossaise, il se tourne ver la médecine et devient biologiste. 

Mais, lorsque le Canada, avec les autres pays du Commonwealth, entre dans la guerre, il se porte volontaire pour faire partie du corps expéditionnaire, après s’être déjà porté volontaire pour aller en Afrique du Sud, lors de la guerre des Boers.

 

Le 14 avril 1915, il arrive sur le front en Flandre, près de Ypres. Et, lorsqu’il apprend la mort de son ami le 2 mai, la légende veut que le lendemain, 3 mai, alors qu’il se trouve (c’est encore la légende qui le dit) près d’Essex Farm à Boezinge, sur son carnet personnel il compose un poème.

 

Dans le « Punch »

 

« In Flanders fields the poppies blow… (« Dans les champs de Flandre, les coquelicots fleurissent ». Ce poème aurait dû rester secret. Mais le 8 décembre 1915, il est publié dans le journal anglais « Punch ». Et contre toute attente, il ne passe pas inaperçu. Miss Moyna Michael, une Américaine, s’empare de ce coquelicot et veut l’utiliser chaque année sur des lieux de souvenirs ;

 

Lord Macauley va même plus loin en proposant que cette fleur devienne le symbole du sacrifice et du souvenir. Les associations d’anciens combattants britanniques, la Royal British Legion, la Haig Fund… décident à leur tour d’adopter le poppy. 

Et une Française Mme Guerin, se lance dans sa confection. Elle fait même installer, en 1921, un atelier de confection de coquelicots artificiels dans le Kent, à Maidstone. Depuis, les « poppies » viennent fleurir les tombes des soldats britanniques morts au combat.

  

Quant à John Mc Crea, après avoir été nommé lieutenant-colonel, le 1er juin 1915, il est muté à Boulogne-sur-Mer. Il devait mourir le 28 janvier 1918 à l’hôpital de Wimereux. 

Et sur sa tombe, au cimetière de Wimereux, sur une plaque de cuivre est gravée :

 

« In Flanders Fields poppies blow

Between the crosses, row on row,

That mark our place, and in the sky

The larks, stil bravely singing, fly

Scarce heard amid the guns

Bellows.”…

 

Signalons que sur Internet, de nombreux sites britanniques sur la Première Guerre mondiale, portent le nom de « In Flanders Fields ».

 

Le Bleuet de France est le symbole de la mémoire et de la solidarité, en France, envers les anciens combattants et les autres victimes de la guerre. Son origine remonte à 1916, durant la Première Guerre mondiale, lorsque l'infirmière Suzanne Lenhardt et Charlotte Malleterre, fille du général Gustave Léon Niox et épouse du général Gabriel Malleterre, toutes deux touchées par les souffrances qu'endurent les blessés de guerre, décident d'aider ces derniers  à oublier leur douleur en leur faisant confectionner des bleuets en tissu.

 

La fleur de bleuet est choisie à l'origine en hommage aux jeunes soldats qui, vêtus d'un uniforme bleu horizon, étaient appelés "Les Bleuets". Ils étaient distribués tous les 11 novembre et 8 mai sur la voie publique. 

L'objectif de la vente du bleuet était d'aider les blessés de guerre et à recueillir de l'argent afin d'augmenter leurs ressources. La vente devenait nationale à partir de 1935, et en 1957, le 8 mai devenait le deuxième jour de collectes de fonds par le biais de ces ventes.

 

12/11/2010.

Commentaire : Daniel Delafosse