:

 

img327

(X DD 30795  n° Img 327)

 

L’Armistice du 11 Novembre 1918... Historique : 

Le lundi 11 novembre 1918, à 11 heures, dans toute la France, les cloches sonnent à la volée. Au front, les clairons bondissent sur les parapets et sonnent le   «Cessez-le-Feu», «Levez-vous», «Au Drapeau». La «Marseillaise» jaillit à pleins poumons des tranchées. Même soulagement en face, dans le camp allemand.

Pour la première fois depuis quatre ans, Français et Allemands peuvent se regarder sans s'entretuer. Un armistice a été conclu le matin entre les Alliés et l'Allemagne, dernière des Puissances Centrales à rendre les armes. Il laisse derrière lui huit millions de morts et six millions de mutilés.

Les survivants ont perdu la foi dans les valeurs morales et spirituelles qui ont fait la grandeur et l'unité de l'Europe. Mais ils veulent croire que cette guerre qui s'achève restera la dernière de l'Histoire, la «der des der»...

 

La défaite inéluctable de l'Allemagne 

Dès l'échec de leur contre-offensive de juillet 1918, les Allemands ont compris qu'ils n'avaient plus aucun espoir d'arracher la victoire.

Les troupes américaines, potentiellement fortes de quatre millions d'hommes, arrivent en renfort  des Anglais et des Français. Le 3 octobre, convaincu de l'inéluctabilité de la défaite, l'empereur Guillaume II nomme chancelier le prince Max de Bade, un modéré dont il espère qu'il saura obtenir des conditions de paix convenables de la part des Alliés.

 

Les Puissances Centrales se délitent 

L'Allemagne bascule dans l'anarchie et la guerre civile.

Le 3 novembre, dans le port de Kiel, les marins de la flotte de guerre refusent d'aller à nouveau au combat. Ils se mutinent et entraînent les ouvriers de la ville. La contagion révolutionnaire se répand à Hanovre, Cologne, Brunswick, Munich,...

Entre temps, l'un après l'autre, les alliés de l'Allemagne cessent les combats et signent des armistices (l'armistice est un arrêt des combats dans l'attente d'un traité de paix en bonne et due forme).

Le 9 novembre au matin, la contagion révolutionnaire gagne Berlin. Le prince Max de Bade téléphone à l'empereur, à Spa. «Votre abdication est devenue nécessaire pour sauver l'Allemagne de la guerre civile», lui dit-il. Comme ses propres généraux plaident aussi en faveur de l'abdication, Guillaume II s'y résout et part en exil.

 

Un armistice mal accepté 

Les militaires s'étant défaussés, c'est à un civil, Matthias Erzberger, que revient la pénible tâche de négocier l'armistice.

En France, la demande d'armistice fait débat. Le président de la République Raymond Poincaré et le général Philippe Pétain voudraient profiter de l'avantage militaire pour chasser les Allemands de Belgique, envahir l'Allemagne elle-même et signifier à celle-ci l'étendue de sa défaite.

Mais le généralissime des troupes alliées, Ferdinand Foch, et le chef du gouvernement, Georges Clemenceau, ne croient pas l'armée française capable de se battre encore longtemps et souhaitent en finir au plus vite.

(…) Finalement, le dimanche 10 novembre en début de soirée, entre 19 et 20 h, deux messages arrivent à la délégation allemande à Rethondes. C’est l’autorisation de signer l’armistice. La séance commence le 11 novembre à 2 h 15.

Le général Weygand lit chaque clause article par article. Chaque point est discuté. Le texte stipule notamment la cessation des hostilités, sur terre, sur mer et dans les airs « six heures après la signature de l’armistice ». ; l’évacuation immédiate des pays envahis : Belgique, France, Luxembourg et l’Alsace-Lorraine. Le rapatriement immédiat de tous les déportés.

Mais aussi l’abandon par l’armée allemande de 5.000 canons, 25.000 mitrailleuses, 1.700 avions de chasse et de bombardement. L’évacuation de la rive gauche du Rhin par l’armée allemande. La livraison de 5.000 locomotives, 150.000 wagons, 5.000 camions automobiles. La livraison de tous les sous-marins, le désarmement des navires de guerre… 

 

img328

(X DD 30797  n° Img 328)

 

L'armistice est signé dans le wagon spécial du généralissime Foch, au carrefour de Rethondes, au milieu de la forêt de Compiègne, le 11 novembre à 5h10 du matin. Six heures plus tard, le « cessez-le-feu » entre en vigueur. A 11 h 30, la délégation allemande quitte Rethondes pour Tergnier où se trouvent leurs automobiles. 

Les Français ne manquent pas de noter que ce jour est la fête du saint patron de leur pays, Saint-Martin.

Les Allemands se voient donc soumettre des «conditions »sans aucune marge de négociation:
– Ils doivent livrer l'essentiel de leur armement, de leur aviation et de leur flotte de guerre.
– Leur armée est sommée d'évacuer sous 30 jours la rive gauche du Rhin (en Allemagne même !) ainsi que trois têtes de pont sur la rive droite, Coblence, Cologne et Mayence.

L'armistice est conclu pour 36 jours mais sera régulièrement renouvelé jusqu'au traité de paix du 28 juin 1919.

 

Amertume des vaincus 

La demande d'armistice étant venue des représentants civils et non militaires de l'Allemagne, ces derniers échappent à l'infamie de la défaite. À Berlin, les représentants de la jeune République accueillent les combattants en ces termes: «Soldats qui revenez invaincus»

Dans les mois qui suivent l'armistice, les généraux Ludendorff et Hindenburg attribuent avec aplomb la défaite militaire à un «coup de poignard dans le dos» de la part des politiciens et des bourgeois cosmopolites. L'expression est reprise avec ferveur par les Allemands meurtris et humiliés. Elle va faire le lit des partis ultranationalistes, dont le parti nazi.

 

Le cessez-le-feu fut sonné à la Capelle-en-Thiérache 

A bout de ressources, menacée par des menées révolutionnaires, l’Allemagne envisagea de déposer les armes et prit langue avec l’adversaire. Foch se prépara à recevoir les plénipotentiaires,quelque part sur l’axe La Capelle-Chimay-Guise, à mi-chemin de Spa, où se trouvait l’état-major allemand, et de Rethondes.

Le 5 novembre, à 6 h, un soldat hazebrouckois de veille au centre radio de la tour Eiffel fut éberlué en recevant le message suivant :

« Nous désirons entrer en relations avec vous en vue de pourparlers sur un éventuel armistice ».

Deux jours plus tard, à La Capelle, le capitaine Lhuillier, commandant le 1er bataillon du 171e RI, averti, lança à son médecin :

« Vous n’aurez pas besoin de brancardiers ce matin ! »

Et pour cause ! Le même jour, dans la clairière de Rethondes, le train amenant le wagon de l’armistice s’immobilisa et la délégation allemande quitta Spa… A 20 h 30, à Haudroy, au nord-est de La Capelle, le caporal Sandoz, terré dans son trou de mitrailleur, vit surgir les phares de voitures dont la première portait un drapeau blanc (confectionné avec une nappe « empruntée » à Fourmies).

Au garde-à-vous devant le capitaine Lhuillier, le général Von Winterfeldt demanda à être conduit aux autorités militaires françaises. Le capitaine ordonna alors au clairon Sellier de sonner le cessez-le-feu.

Celui-ci se remémora l’air (« T’as tiré comme un cochon… T’auras pas d’permissions ») et joua de tout son cœur. De sa vie, il ne devait oublier cet instant qu’attendaient des millions d’hommes. Juché sur un marche-pied, il joua ensuite tous les airs qui lui passaient par la tête, accompagnant le convoi vers La Cappelle où les drapeaux sortaient des greniers.

A la villa Pasques, sous le portrait de Napoléon III, le capitaine de Bourbon-Busset, le père de l’écrivain, accueillit la délégation et la dirigea vers Saint-Quentin. Peu avant la ville, les voitures s’arrêtèrent devant le presbytère d’Homblières (il existe toujours et, sous les feuilles, une plaque rappelle l’évènement) où fut servi un hâtif repas avant, qu’à 1 h 30, tout le monde ne reprenne la route pour Chauny où la locomotive était sous pression.

 

Le train s’arrêta dans la clairière de Rethondes où furent déterminées les conditions imposées aux Allemands dont la réponse fut exigée pour le 11 novembre à 11. Dans un réduit du wagon-bureau du train français travaillaient les deux secrétaires-dactylographes de Foch :

L’un, Henri Deledicq, né à Lille, retapera, à cinq heures, dans la nuit du 10 au 11, les exemplaires de la dernière page de la convention d’armistice. Etais-ce la presse, l’émotion ? Il plaça le carbone à l’envers. Aucun des signataires des deux parties, en paraphant, à 5 h 10, ne s’en aperçut…

 

Plus de neuf millions de morts 

Du 7 au 11, on mourut encore. Afin de « maintenir la pression », le comandement français ordonna le 9 novembre à six bataillons des 415e, 142e et 19e régiments d’infanterie de franchir, à Vrigne-Meuse, dans les Ardennes, le fleuve séparant les adversaires. 

Le 11 novembre, à 10 h 50, alors que le village était atteint, l’agent de liaison Augustin Trébuchon fut tué. Il fut le dernier mort au combat de la Grande Guerre… Dix minutes plus tard, le soldat Delaluque sonna le cessez-le-feu qui fut repris sur toute la ligne de front.

La guerre était terminée. L’Europe était exsangue : les pertes militaires, pour ne parler que de celles-ci, s’élevaient à plus de neuf millions de morts…

 

Inauguration à Halluin...

de la Rue du 11 Novembre 1918 : 

Plaque 01677

Inauguration à Halluin de la rue du 11 Novembre 1918...

Charles Vanoverschelde Maire d'Halluin

dévoile la Plaque du 11 Novembre 1918.

(ARPH DD 330801  n° pla)

 

Plaque 01678

Inauguration de la rue du 11 novembre 1918, (ancienne rue verte), 

par M. Charles Vanoverschelde  Maire d'Halluin.

(à sa gauche, M. Antoine Demeestère président de l'UNC,

et à sa droite, son 1er adjoint M. Adrien Verkindère).

(ARPH DD 30802 n° pla)

 

Armistice p1020744 1

Le square du 11 Novembre 1918 rénové en 2011...

(DD 30799  n° arm)

 

Armistice p1050274

... Fleurissement en Eté 2012.

(DD 30800  n° arm)

 

Voir aussi... cliquez ci-dessous : 

Rue du 11 Novembre 1918 (Rénovation terminée - Avril 2015).

Bataille de Verdun... et Halluin 2/2 - 21 Février 1916 (Il y a 100 ans).

Bataille de Verdun... et Halluin 1/2 - 21 Février 1916 (Il y a 100 ans).

Bataille de Verdun - 21 Février 1916 (Il y a 100 ans).

Guerre 14/18 - Tranchée allemande et française (La Bataille de Verdun... Historique).

Guerre 14/18 - Militaires Halluinois (Le Récit du Mobilisé - Photos Verdun). 

Guerre 14/18 - Le Maréchal Pétain à Lille (Philippe Pétain - Historique).

Guerre 14/18 - Bombardement du 21/3/1918 - Funérailles des victimes. ("Le soldat inconnu" - Historique).

Guerre 14/18 - Le Monument aux Morts (La Symbolique des Monuments aux Morts).

Guerre 14/18 - Commémoration de la Bataille de Verdun en 1964.

Hommage à " Ceux de Verdun" (1969)

Guerre 14/18 - Trois halluinois rescapés de Verdun, 24/6/1976 (Qu'est-ce qu'un Poilu ?).

Guerre 14/18 - UNC - Halluin 50ème anniversaire en 1968 (Albert Tierrie ancien "Poilu" à 97 ans)

Guerre 14/18 - Henri-France Delafosse Zouave pendant 42 mois.

Henri-France Delafosse Combattant de 14/18 Légion d'Honneur (Henri Deblauw et Henri Duhamel Médaille Militaire - 1954).

Guerre 14/18 - Henri-France Delafosse le Zouave Halluinois (Des Tranchées à l'Etat-Major du Maréchal Foch).

Delafosse-Danset Marie-Antoinette (1914 - 2008).

Guerre 14/18 - Habitation Halluinoise occupée par l'armée allemande (90ème anniversaire de l'Armistice 1918 - 2008).

Guerre 14/18 - Monument aux morts - Dessin Gobert (Lieux de Mémoire du Nord à la Somme).

Guerre 14/18 - Un wagon en gare d'halluin (Le Wagon de l'Armistice... Historique)

Stèles au cimetière (Soldats Halluinois Morts en 1914-1918).

Guerre 14/18 : La Reconnaissance Halluinoise Oubliée ! (1918 - 2018).

Guerre 14/18 - Centenaire : Arrivée Soldats Américains (1917 - 2017).

Cérémonie 99ème Anniversaire 11 Novembre 1918 - 2017 (fin 2/2).

98ème Anniversaire du 11 Novembre 1918 - 2016.

97ème Anniversaire du 11 Novembre 1918 - 2015 (1/2).

97ème Anniversaire du 11 Novembre 1918 - 2015 (suite et fin 2/2).

25/8/2010 - 10/11/2018

Commentaire et Photos : ARPHalluin - Presse - Daniel Delafosse