:

Guerre 39 – 45

 

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"La Voix du Nord" du 5 septembre 1944.

(Photo DD 13561  n° Img 162)

(Pour agrandir, utilisez la loupe).

 

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La vague joyeuse de la Libération soulève l'enthousiasme

des Bousbecquois regroupés sur la grand'place.

(Photo VdN DD 13461  n° Img 399)

 

 Libération d'Halluin et de la Vallée de la Lys - Septembre 1944.

 

 Bousbecque à Halluin, la libération sanglante… 

 

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 La carte de F.F.I. de M. Henri Leuridan. 

(Photo VdN DD 13463 n° Img 415)

Récit en septembre 1984, dans la presse locale, de M. Henri Leuridan,  à partir de ses souvenirs et de ses archives personnelles… Evénements qu’il a intensément vécus en ces premiers jours de septembre 1944, avec en particulier son camarade Albert Desmedt, élu Maire d’Halluin en 1983.

 

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Albert Desmedt (1916 - 1987) 

(Photo VdN DD 12629  n° Img 951)

 

« Le dimanche 3 septembre 1944, vers 18 h, une colonne, d’une cinquantaine d’Allemands, qui se repliait vers la Belgique, débouchait à Bousbecque par la rue de Wervicq, portant leurs armes en position de tir.

 

Albert Desmedt se tenait sur le trottoir de l’usine Leurent, sans armes apparentes. Par signes, il demanda aux Allemands s’ils voulaient parlementer.

 

Le chef de la colonne ennemi, un lieutenant S.S. fit lever les bras aux premiers de sa troupe pour marquer son accord. Et Albert Desmedt s’avança alors, un mouchoir blanc à la main escorté par deux autres F.F.I., Robert Debuf et Henri Leuridan. Mais les Allemands baissèrent soudain leurs armes, mirent en joue les jeunes Français et les alignèrent contre un mur en menaçant de les exécuter séance tenante ».

 

« Dans les rues voisines, les Bousbecquois regardaient atterrés, s’attendant au pire. Les autres F.F.I., trop peu armés, se tenaient dans l’usine, avec la consigne de ne pas intervenir sans ordre, de façon à éviter les représailles dont pouvait être victime la population civile.

 

Quand un Allemand ouvrit la porte de la cour de l’usine, en tirant un coup de fusil, Albert Desmedt assura qu’il n’y avait plus personne et referma la porte cependant que ses deux camarades confirmaient ses dires.

 

Les Allemands placèrent alors en tête de colonne les trois F.F.I. avec Léon Six, également trompé par l’attitude conciliante des soldats, qui était descendu du clocher où il se trouvait en observation.

 

Terrifiés, les Bousbecquois regardèrent défiler la colonne précédée par les quatre jeunes gens, les mains en l’air, comme des vivants boucliers. Ce fut un calvaire pour eux, sur quatre kilomètres, harcelés par les Allemands qui leur faisaient comprendre le sort cruel qui les attendait au bout de la route.

 

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Sur ce groupe de F.F.I. bousbecquois photographié

le jour de la libération, voici de gauche à droite :

Noël Huyghe, Albert Catteau, Henri Leuridan, un Anglais,

un autre Anglais, Gérard Haquette, Georges Hughe

 et Raymond Vandenbussche.

(Photo VdN DD 13462  n° Img 408) 

 

Alertés par les F.F.I. de Bousbecque, les groupes d’Halluin et de Tourcoing s’organisèrent pour sauver leurs camarades. Et c’est au poste de douane à Halluin, rue de la Lys, que la colonne ennemie fut attaquée.

 

Les Allemands tirèrent sur les otages qui s’écroulèrent tous les quatre. 

Le combat fut féroce et seule l’intervention d’un tank ennemi permit à la colonne de déguerpir ».

 

«L’abbé Vuylsteke s’était précipité en pleine bataille auprès des quatre Bousbecquois. L’aumônier de la Jeunesse Catholique en trouva deux à peu près indemnes, Robert Debuf et Henri Leuridan, ce dernier légèrement blessé d’une balle dans le dos et d’un éclat. Mais Léon Six et Albert Desmedt étaient grièvement atteints.

 

Ils furent transportés par la Croix-Rouge au Cercle catholique.  

Le foie et les intestins perforés, Léon Six était inopérable, il mourut dans la soirée. 

Touché de plusieurs balles au ventre et à la poitrine, Albert Desmedt put être soigné et se rétablit ».

 

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La foule des Bousbecquois fête un char libérateur,

au coin de la rue de Menin (actuelle rue Léon Six).

(Photo VdN DD 13464  n° Img 464)

 

5/9/2012.

Commentaire : Daniel Delafosse

 

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Alfred Simono (1923 - 2007).

(Photo NE DD 13496  n° Img 137)

 

Funérailles et Hommage à Alfred Simono.  

Récits parus dans la presse locale. 

 

M. Alfred Simono est décédé le jeudi 9 août 2007 en son domicile, après une longue maladie, dans sa 85ème année.

 

C’est une page de l’histoire d’Halluin qui s’est un peu éteinte. Alfred Simono fut une figure de la résistance halluinoise. Il n’avait pas 20 ans et était étudiant en droit lorsqu’il est entré dans la Résistance au sein des FTP. Il est surnommé Tartuffe.

 

Fin août 1944, Alfred Simono caché à Lille rejoint Halluin. Il sait que sa ville natale ne va pas tarder à être libérée. Il prend les armes avec d’autres jeunes. Les FFI et les FTP prennent possession du commissariat et de la gendarmerie.

Les combats se poursuivent. « Je suis resté trois jours sans dormir… » Les Allemands fuient vers la Belgique et Alfred Simono ne baisse pas les armes. Il poursuit son combat.

Le 6 septembre, à Menin, il défile aux côtés des résistants belges qui honorent leurs martyrs. Il s’engage ensuite dans l’armée pour reconstruire la France, mais reste à jamais marqué par la guerre.

« J’ai été résistant dans les FTP, je n’ai pas été pris, je n’ai pas été blessé. Alors je me considère en sursis depuis 1944. Tout ce que la vie m’apporte je le prends « , affirmait-il.

 

Citoyen d’honneur de la ville, il était également ancien président de l’ARAC d’Halluin, membre de l’Amicale des Sous-Officiers et ancien président de l’Action commerciale halluinoise. 

Tout au long de sa vie, il a tenu à témoigner : « Nous avons un devoir de mémoire vis-à-vis des victimes : les honorer, c’est se souvenir ».

 

Le dernier adieu des Halluinois...

 

Mardi 14 août 2007, en l'église Saint-Hilaire d'Halluin, une assemblée silencieuse et respectueuse a rendu un dernier hommage à Alfred Simono ancien résistant, apportant son soutien à son épouse, ses trois enfants et petits-enfants.

 

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Eglise Saint-Hilaire Halluin - 14 août 2007. 

(Photo NE 13488 n° Img 090)

 

"Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ? Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?"  C'est au son du Chant des partisans que s'est éloignée la dépouille d'Alfred Simono. Des rimes qui toute la vie ont trouvé écho chez Alfred Simono, comme l'a rappelé un de ses amis :

"Sa vie d'homme responsable débute brutalement durant la Seconde Guerre mondiale alors qu'il entre dans la résistance. Ses actes de bravoure lui valent le respect et la reconnaissance de tous". Le drapeau bleu, blanc, rouge pour lequel il s'est battu recouvrait son cercueil.

 

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Une haie d'honneur à la sortie de l'Eglise.

(Photo NE DD 13498  n° Img 142)

 

Avec son départ, c'est une nouvelle fois un témoin du passé qui s'éteint. Aux nouvelles générations, de porter le flambeau du souvenir.

 

En septembre 2004, Alfred Simono était assis aux côtés d’Albert Verhellen, André Deprétère et Pierre Desmedt. Ces quatre résistants recevaient la médaille d’or de la ville, soixante ans après la libération. Depuis Pierre Desmedt qui fut déporté s’est éteint et, jeudi Afred Simono a lui aussi rejoint ses anciens compagnons d’armes décédés.

 

Après la disparition d’Alfred Simono, André Deprétère est désormais le dernier survivant du comité de libération d’Halluin en 1944.  

 

 

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André Deprétère (1923 - 2010).

(Photo NE DD 13479  n° Img 001) 

 

Ami intime de « Fredo », il revient sur les liens qu’il a tissés avec cette grande figure de la résistance halluinoise.

 

André Deprétère vit aujourd’hui à Lille mais il n’a rien oublié des relations nouées avec Alfred Simono, « Je l’ai rencontré en 1929 – 1930 et je l’ai connu davant age en 1939, on usait les mêmes bancs du lycée Gambetta avec un ami commun, M. Kok des meubles du même nom » se souvient-il.

« Alfred Simono a intégré la Résistance durant l’été 1943 lors d’un camp de vacances à Lille où il a été recruté. Il a intégré les FTP avant de rejoindre ensuite les FFI.

 

Même si je n’ai pas été mêlé comme lui à la lutte armée, je me souviens l’avoir vu personnellement à la taverne Régina, à l’angle des rues Jean Jaurès et Marthe Nollet, le samedi 2 septembre 1944. 

Je l’ai vu longer les murs du jardin Sion avec un autre résistant et attaquer la gendarmerie. La contre-attaque allemande les a forcés à reculer et à trouver refuge chez les sœurs rue de Lille ».

 

« J’ai beaucoup de chagrin et je vais garder un souvenir inoubliable d’Alfred Simono » reprend André Deprétère, « c’était un ami sur qui je pouvais compter, on a eu une jeunesse très marquée, on a eu beaucoup de chance dans notre vie, je me souviens qu’on allait danser tous les dimanches à quatre à Menin, Alfred, moi, M. Kok et le docteur Stéphane Dubled ».

 

Mais c’est sur le conflit mondial que revient notre témoin qui insiste sur la véracité de ses souvenirs.

« Il n’a jamais été blessé mais l’a échappé belle, il a participé à différentes actions armées. Je me souviens de l’incendie d’un dépôt de la rue de la Lys, d’une action à la gare d’Halluin où il faisait partie d’un commando qui a cisaillé toutes les commandes de frein des wagons, il a également distribué des tracts et a accompli bien d’autres actions ».

 

Jusqu’au jour «où un membre de son groupe a été arrêté par les Allemands à Tourcoing. Ils l’ont fait parler sous la torture. Les Allemands sont alors passés chez Alfred Simono mais il s’était réfugié chez moi, puis il a couché quelques nuits chez M. Dubled et chez un oncle à Lille. 

Il a alors été contacté pour rentrer à Halluin à la veille de l’insurrection qui allait libérer la ville, le samedi 2 septembre 1944.

 

Tous les compagnons de son groupe ; à l’exception de quelques-uns, ont été arrêtés et déportés par le dernier train de Loos en été 44. Aucun d’entre eux n’est revenu. Des plaques ont été posées sur les maisons halluinoises de ces gens qui se sont sacrifiés, il n’en reste plus qu’une rue Joseph Hentgès, celle d’André Desreveaux ».

 

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La seule plaque qui subsiste des résistants déportés.

Elle se situe rue Joseph Hentgès.

(Photo NE DD 13495  n° Img 126)

 

« Par amitié, je l’ai hébergé chez moi, je lui prêtais la clé de ma maison quand il avait une action à mener. Il était de six semaines mon aîné. J’étais résistant mais pas dans les proportions d’Alfred engagé dans la lutte armée ».

 

Après la guerre, Alfred Simono a été chef d’entreprise, responsable avec son épouse Denise du lavoir automatique, rue Félix Cadras.

Le funérailles se dérouleront le mardi 14 août 2007 en l’église Saint-Hilaire d’Halluin.

 

Hommage après la disparition de Alfred Simono...

 

Roland Verkindère Historien local :   

« Un homme de cœur et de conviction, au rayonnement réel ».

 

Christian Vanneste Député de la Xè circonscription du Nord : 

« M. Simono était responsable d’un lavoir automatique qui l’amenait à passer régulièrement chez mes parents lorsque j’étais enfant.

En tant que député, j’ai toujours apprécié sa grande sagesse, son absence totale de préjugés et son ouverture aux hommes de bonne volonté, quelque soit leur sensibilité. 

Cette attitude trouve sa racine dans son engagement dans la résistance au nazisme. Alfred Simono est pour nous un exemple ».

 

Gustave Dassonville président d’ « Unissons-nous pour Halluin » : 

« Il a été au péril de sa vie l’un des libérateurs d’Halluin. Je n’oublierai pas l’extrême humilité et la simplicité de cet homme qui était une grande personnalité de notre commune ».

 

René Schmidt président d’ « Agissons ensemble pour Halluin » : 

« Alfred Simono a succombé à un adversaire plus fort que son caractère, plus fort que les adversaires qu’il a eus durant toute sa vie. Il aura lutté jusqu’au bout de ses forces, jusqu’au bout de sa foi, avec un courage et une énergie qui suscitent le respect. Alfred, ou plutôt Monsieur Simono. Ce nom dans la ville d’Halluin signifie le respect dû à cet homme hors du commun, qui de part son implication dans la Résistance, puis dans la vie associative halluinoise, a fait de lui un Monsieur qui distillait de bons conseils ».          

 

Daniel Delafosse, amateur d’histoire locale : 

« Le Devoir de mémoire restera toujours lié à son action dans la Résistance, lors de la Libération d’Halluin ».

 

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Assemblée générale, en 2008,

des Anciens Sous-Officiers d'Halluin.

(Photo NE DD 13497  n° Img 140)

 

En janvier 2008, lors de son assemblée générale présidée par M. Georges Canoot,  l'Amicale des Anciens Sous-Officiers, Brigadiers et Caporaux d'Halluin a rendu un hommage appuyé au résistant halluinois Alfred Simono. 

 

5/9/2012.

Commentaire : Daniel Delafosse
 

 

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Le Calvaire "Le Labyrinthe"

est situé rue du Dronckaert à Neuville-en-Ferrain (Nord)

et à la limite d'Halluin - 2 septembre 2012.

(Photo DD 13457  n° p1080420)

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(Photo DD 13458  n° p1080419)

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(Photo DD 13453  n° p1080426)

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(Photo DD 13456  n° p1080422)

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Inaugurée en 1947, la plaque commémorative est fleurie

 par les Municipalités d'Halluin et Neuville-en-Ferrain, ce 1er septembre 2012,

ainsi que par le Député de la Xème Circonscription du Nord.

(Photo DD 13455  n° p1080421)

(Pour un agrandissement, utilisez la loupe).

Carrefour face au Restaurant "Le Labyrinthe" - Septembre 2012.

(Photo DD 21842  n° P1080435)

 

(Photo DD 21843  n° P1080434)

 

"Le Labyrinthe" à Neuville-en-Ferrain - Septembre 2012.

(Photo DD 21844  n° P1080436)  

 

2/9/2012 et 5/9/2014

Commentaire et photos : Daniel Delafosse

 

68 ans entre les 2 photos : 2012 - 1944.

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(Photo DD 13490  n° p1060213)

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 Libération d'Halluin : 6 septembre 1944,

dans l'après-midi, un convoi de soldats

britanniques arrive devant le

 Monument aux Morts, rue de Lille,

 où l'accueil est enthousiaste.

(Photos n° 4093 et 13442 DD Img 303)

(Pour agrandir, utilisez la loupe).

Depuis la journée du 25 août et la mise en place

d'un drapeau tricolore confectionné à la hâte

pour célébrer la Libération de Paris...

On aperçoit, sur cette photo, un nouveau drapeau,

marqué de la croix de Lorraine, fixé sur

l'Ange du Monument, pour cette semaine historique

de septembre qui sera gravée à jamais

dans la mémoire collective halluinoise.

 

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Le 25 Août 1944 à 16h, de Gaulle

arrive au P.C. de Leclerc (à droite),

à la gare Montparnasse.

(Photo x DD 13426  n° Img 100)

  

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 25 Août 1944 - Un groupe de Parisiens en liesse,

en compagnie de deux soldats britanniques.

(Photo x DD 13420 n° Img 073)

 

 Discours du général de Gaulle

 sur le perron de l'Hôtel de ville, le 25 août 1944. 

 

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Au 1er étage de l'Hôtel de Ville de Paris,

de Gaulle apparaît aux Parisiens,le 25 Août 1944.

(Photo x DD 13421  n° Img 071)

  

De Gaulle lors de son discours historique

(ci-dessous) du 25 Août 1944.

(Photo DD 21808  n° P1210999)

 
Pourquoi voulez-vous que nous dissimulions l'émotion qui nous étreint tous, hommes et femmes, qui sommes ici, chez nous, dans Paris debout pour se libérer et qui a su le faire de ses mains. Non ! nous ne dissimulerons pas cette émotion profonde et sacrée. Il y a là des minutes qui dépassent chacune de nos pauvres vies.

  

Paris ! Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! mais Paris libéré ! libéré par lui-même, libéré par son peuple avec le concours des armées de la France, avec l'appui et le concours de la France tout entière, de la France qui se bat, de la seule France, de la vraie France, de la France éternelle.

 

Eh bien ! puisque l'ennemi qui tenait Paris a capitulé dans nos mains, la France rentre à Paris, chez elle. Elle y rentre sanglante, mais bien résolue. Elle y rentre, éclairée par l'immense leçon, mais plus certaine que jamais, de ses devoirs et de ses droits. Je dis d'abord de ses devoirs, et je les résumerai tous en disant que, pour le moment, il s'agit de devoirs de guerre. L'ennemi chancelle mais il n'est pas encore battu. Il reste sur notre sol.

 

Il ne suffira même pas que nous l'ayons, avec le concours de nos chers et admirables alliés, chassé de chez nous pour que nous nous tenions pour satisfaits après ce qui s'est passé. Nous voulons entrer sur son territoire comme il se doit, en vainqueurs. C'est pour cela que l'avant-garde française est entrée à Paris à coups de canon. C'est pour cela que la grande armée française d'Italie a débarqué dans le Midi ! et remonte rapidement la vallée du Rhône. C'est pour cela que nos braves et chères forces de l'intérieur vont s'armer d'armes modernes. C'est pour cette revanche, cette vengeance et cette justice, que nous continuerons de nous battre jusqu'au dernier jour, jusqu'au jour de la victoire totale et complète.

 

Ce devoir de guerre, tous les hommes qui sont ici et tous ceux qui nous entendent en France savent qu'il exige l'unité nationale. Nous autres, qui aurons vécu les plus grandes heures de notre Histoire, nous n'avons pas à vouloir autre chose que de nous montrer, jusqu'à la fin, dignes de la France.

 

Vive la France !

  

Le Jour de Gloire est arrivé... 26 Août 1944.

 

 

Après quatre ans d'occupation, l'Arc de Triomphe retrouve son drapeau - 26 Août 1944...

(Photo X DD 21787  n° Img 750)

  

  

...En présence du Général de Gaulle, descendant les Champs-Elysées,

accompagné, à gauche de Le Troquer (ministre du GPRF), Bastide (CGE),

Mayer, Laniel et Bidault (CNR) et à droite de Parodi (délégué en France du GPRF)

 et des Généraux Juin et Leclerc (derrière lui),

(Photo X DD 21789  n° Img 752)

  

  

Plusieurs centaines de milliers de personnes à la Concorde

pour acclamer de Gaulle qui repart en voiture vers Notre-Dame.

(Photo X DD 21788  n° Img 751)  

 

La foule délirante de bonheur, crie son enthousiasme au Général de Gaulle.

(Photo X DD 21805  n° Img 767)  

 

 

Dans la cathédrale, des coups de feu éclatent,

mais ne troublent pas le recueillement du Général.

(Photo X DD 21806  n° Img 768)

  

Devant Notre-Dame, les balles des tireurs

apeurent la foule, qui attend la sortie du Général de Gaulle.

(Photo X DD 21807  n° Img 769)

 

De Gaulle à la sortie de la cathédrale de Paris,

où il a chanté le Magnificat avec les dignitaires du clergé.

(Photo X DD 21804  n° Img 766)  

 

Voir aussi : La Bataille de Paris... en Août 1944.

http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=8345:guerre-39-45-la-bataille-de-paris-70eme-anniversaire-aout-1944-2014&catid=12:guerre-39-45&Itemid=221&lang=fr 

 

 Voir aussi : L'Ange drapé halluinois - Août 1944.

http://alarecherchedupasse-halluin.net/index.php?option=com_content&view=article&id=1647:au-monument-aux-morts&catid=12:guerre-39-45&Itemid=221&lang=fr

 

24/8/2012 - 23/8/2014

Commentaire : Daniel Delafosse

 

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Durant la guerre 1939-1945, un groupe de transmetteurs allemands dans une rue d'Halluin.

(photo n° 07894)

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Au cours de la guerre 39-45, des soldats allemands en poste, rue de la lys, sur les terrains de la SNCF, près du passage à niveau.

(photos n° 07853-07854)

 

 

 

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En 1945, Cérémonie au Monument aux morts, rue de Lille,

quelques mois après la Libération d'Halluin du 6 Septembre 1944.

On reconnaît, au premier plan de gauche à droite :Etienne Bauwens (brassard),

 Albert Louf, Maurice Schumann, et derrière lui Henri-France Delafosse.

 (photo n° 3037).
  

72ème anniversaire du 18 Juin 1940 - 2012,

 

Maurice Schumann ou « La voix de la France ». 

Il entend l’appel du 18 juin… grâce à un besoin pressant.

 

 « Je suis né le 18 juin 1940 »… Maurice Schumann entend « l’appel » à Niort, dans l’arrière cour d’un café alors qu’il est aux toilettes.

L'Ancien ministre répétait souvent cette phrase, mais comme le précisera à son décès, le jeune historien Thibault Tellier Professeur d'Université : "Avant 1940, Maurice Schumann était un homme politique d'une grande épaisseur, avec des convictions et des clairvoyances. Il existait déjà avant de Gaulle !"

 

Volontaire (il a été réformé pour tuberculose) servant comme interprète dans l’armée anglaise, il a failli être fait prisonnier sur la Somme. Il a reculé avec le reste de l’armée. Il décide de répondre à l’appel du général de Gaulle.

Après un passage à Bordeaux, il s’embarque à Saint- Jean de Luz sur un bateau polonais qui mettra une semaine avant d’arriver à Falmouth.

 

Le 30 juin 1940, au 130 de St Stephen’s House, dans un Londres qu’il connaît parfaitement pour y avoir été en poste pendant deux ans, il trouve les premiers ralliés historiques de la France Libre : Geoffroy de Courcel, René Pleven, Elisabeth de Miribel, Gaston Palewski, le Pr René Cassin, le lieutenant Christian Fouchet et le Capitaine Dewavrin (alias Passy).

 

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Le premier comité français de libération :

de g. à dr. Dejean, Diesthelm, l'amiral Muselier,

le général de Gaulle, Cassin, Pleven et Yalin.

(Photo DD 12605  n° Img 738)

 

Maurice Schumann raconte

 cette rencontre avec de Gaulle :

 

« Pour la première et dernière fois, il m’apparaît sous les traits d’un officier comme les autres, assis derrière une table de bois qui semble attendre le retour d’un commis aux écritures…

Seul avec lui, je reconnus ensuite l’accent du 18 juin. Et j’eus la sensation physique d’avoir la France devant moi… »

 

Le général monologue : « Cette guerre est une guerre mondiale… C’est donc un problème résolu » (sous-entendu la Russie et le Etats-Unis vont entrer dans le conflit et feront pencher le sort des armes). Et Maurice Schumann de commenter :

Je venais de comprendre l’esprit même du gaullisme qui pousse à voir toujours plus loin. De Gaulle en 1940 me parlait déjà de 1944. C’est à ses côtés que j’ai tenté d’apprendre à vivre dans l’avenir ».

 

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Maurice Schumann

Capitaine dans les Forces françaises libres.

Participera activement au débarquement allié de juin 1944 en Normandie,

ainsi qu'à la Libération de Paris en août 1944.

(Photo DD 12599  n° Img 704) 

 

A la BBC.

 

La BBC, Maurice Schumann refuse d’abord d’y aller, affirmant qu’il n’a jamais fait de radio.

 Un journaliste britannique le presse pourtant d’aller expliquer sur les ondes la position des Français libres sur l’affaire de Mers El Kebir et la destruction de la flotte française.

Par téléphone, de Gaulle donne son accord mais pourtant Jacques Duchesne, le patron de la section française de la BBC trouve, lui, que « la voix n’est pas bonne et peu radiophonique ! ».

L’émission se fait pourtant et, le lendemain, le général convoque M. Schumann pour lui dire : 

« C’était bien. J’ai droit à cinq minutes tous les jours à la BBC, je ne les utiliserai que dans certaines circonstances ; vous me remplacerez ».

"J'obéis au général, mais lui arrache la promesse d'en être le jour du débarquement. "Mon pauvre ami, me glisse-t-il, vous en avez pour 4 ans". Là encore, il ne se trompera pas !"

 

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A Londres, Maurice Schumann

Porte-parole de la France Libre.

(Photo DD 12602  n° Img 709) 

 

Maurice Schumann devient le porte-parole de la France Libre, sur les ondes de Radio Londres. Il parle au nom du général de Gaulle. A 21h15, l'indicatif, lu par un speaker, est lancé : "Honneur et patrie (devise du drapeau), voici le porte-parole de la France combattante". "C'est à mon tour de parler. C'est ainsi que j'annonce la coalition avant qu'elle ne se forme. Les difficultés viennent essentiellement de la musique que diffusent les Allemands pour couvrir notre voix. Nous n'y pouvons rien, mais d'après les témoignages que nous recueillerons, on réussit à nous entendre malgré le brouillage. 

 

Maurice Schumann interviendra plus de mille fois entre le 17 juillet 1940 et le 30 mai 1944.  "Ce 30 mai 1944, enfin, huit jours avant le débarquement, je quitterai l'Angleterre comme me l'avait promis le général de Gaulle, laissant Londres et mon studio de radio. De Gaulle me dicte ma nouvelle mission : " Vous allez regagner la France et prendre contact avec la Résistance ; vous allez enregistrer des messages radio. Oui, il nous faut quelqu'un dont la voix sera familière aux Résistants, une voix qui leur fasse comprendre l'importance de leur rôle".

 

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 Maurice Schumann, après le Débarquement,

 aux côtés du général de Gaulle.
(photo DD 12601  n° Img 710)

 

Maurice Schumann à Halluin, le 3 mars 1945…

 

Maurice Schumann devient président du Mouvement Républicain Populaire dès son congrès constitutif  le 11 novembre 1944. Il n’a que 33 ans. Le M.R.P. se veut alors le « parti de la fidélité à de Gaulle ». Ses fondateurs se sentent très proches du général qui lui-même ne se trouve pas éloigné de la démocratie chrétienne.

 

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 MM. Albert Louf et Maurice Schumann, 

quelques mois après la Libération d'Halluin de septembre 1944. 

(photo n° 3038) 

 

A la Libération, le Docteur Albert Louf est président-fondateur du Mouvement Républicain Populaire d’Halluin, et à ce titre, accueille, en compagnie de Gérard Verkindère, Maurice Schumann, porte-parole de la France Libre, le 3 mars 1945, au cours d’une réunion mémorable, salle du Manège.

  

 « 49 ans après, dans un courrier que Maurice Schumann m’avait envoyé, celui-ci m’indiquait que la réunion qui s’est déroulée à Halluin en 1945, était la première qu’il avait effectuée dans le Nord…Et depuis cette date, combien de centaines se déroulèrent ? » Daniel Delafosse.

 

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Maurice Schumann (1912 - 1998).

(Photo DD 12497  n° Img 181) 

                                                        

La voix de la France Libre s’est tue le 10 février 1998.

 

Maurice Schumann était âgé de 86 ans.  Compagnon de la Libération, Capitaine dans les Forces Française Libres, il s’illustra en 1944 au sein de la 2e Division blindée.

 

Député du Nord dès 1945, notamment dans la circonscription d’Armentières-Quesnoy- Tourcoing Nord, jusqu’en mars 1973, il deviendra sénateur représentant la région à partir de 1974 à son décès en 1998.

 

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Octobre 1995 : doyen d'âge, Maurice Schumann

préside la séance d'installation du Sénat.

(Photo DD 12606  n° Img 740)

 

Au plan national, premier président du MRP, il fut plusieurs fois secrétaire d’Etat,

Ministre d’Etat chargé des Affaires Sociales (1968 – 1969)

Ministre des Affaires Etrangères (1969 – 1973)

Académicien – Hommes de Lettres.

 

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Exposition "De Gaulle père de la Ve République"

à la Bibliothèque Municipale d'Halluin, le 17 septembre 1988.

(Photo DD 12501  n° Img 192)

 

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A l'occasion de la venue de Maurice Schumann,

pour une Conférence-Débat sur De Gaulle.

(qui sera sa dernière apparition officielle à Halluin).

(Photo DD 12500  n° Img 189)

 

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Une partie de l'exposition consacrée

 au 30e anniversaire de la Ve République.

(Photo DD 12502  n° Img 194)

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Maurice Schumann est venu pour la dernière fois à Halluin le 17 septembre 1988, à la bibliothèque municipale, dans le cadre de l’exposition sur le trentenaire de la cinquième République, intitulé « De Gaulle, père de la cinquième République », dédicacer son livre « Un certain 18 juin ». "La voix de la France" a entretenu l’auditoire, pendant près d’une heure, de quelques aspects d’Histoire sur le général de Gaulle.

 

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(Photo DD 12496  n° Img 180)

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Dédicace du livre par Maurice Schumann,

à la Bibliothèque Municipale d'Halluin, le 17 septembre 1988.

(Photo DD 12499  n° Img 183) 

 

Maurice Schumann a commencé par rappeler son passé lié à Halluin. Il exprima toute l’émotion qu’il ressentait à se trouver là : "Tous, vous êtes mes amis, même si vos orientations politiques sont différentes. Tout le monde est, a été ou sera gaulliste " (...).

 

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  Maurice Schumann : Ecrivain

(Photo DD 12604  n° Img 734)

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et Académicien.

(Photo DD 12606  n° Img 740) 

 

Pour la petite histoire... Maurice Schumann était un travailleur acharné, à l'âge de 84 ans, il travaillait encore 10 heures par jour, notamment à l'écriture de divers ouvrages, dont le dernier intitulé : "Bergson ou le retour de Dieu" (Flammarion).

 

Maurice Schumann décède à l'hôpital  des Invalides dans la nuit du 9 au 10 février 1998.

 

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Le 13 Février 1998, Cérémonie Nationale aux Invalides,

La France présente les armes à Maurice Schumann,

en présence de Jacques Chirac Président de la République.

(Photo DD 12596  n° Img 682) 

 

 Enterré au cimetière d'Asnelles (Calvados)  où il avait vu, le 6 juin 1944, mourir sous ses yeux 35 soldats débarquant avec lui. 

 Un seul titre est inscrit sur sa tombe : "Compagnon de la Libération".

 

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La tombe au cimetière d'Asnelles (Calvados),

où repose  Maurice Schumann.

(Photo DD 12603  n° Img 718)

 

La Reconnaissance Halluinoise

à Maurice Schumann... en 2000. 

 

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Inauguration du CCAS "Maurice Schumann", le 15 avril 2000.

Au 1er plan, Madame Lucie Schumann entourée

de Christian Vanneste et Alexandre Faidherbe.

(Photo DD 12556  n° Img 642)

 

  A Halluin, l e 15 avril 2000, en présence de Madame Lucie Schumann

 et du Maire d'Halluin Alexandre Faidherbe

le nom de "Maurice Schumann" fut attribué

 au  nouveau Centre Communal d'Action Sociale

rue Marthe Nollet.

 

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Le Maire d'Halluin Alexandre Faidherbe

présente les nouveaux locaux du CCAS à Madame Schumann.

(Photo DD 12555  n° Img 638)

 

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Le nouveau Centre Communal d'Action Sociale d'Halluin

dénommé "Maurice Schumann".

(Photo DD 12554  n° Img 637)

 

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Gerbes déposées ce 18 Juin 2012,

au Monument aux Morts, rue de Lille Halluin.

(Photo DD 12593  n° p1050616)

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(Photo DD 12594  n° p1050536)

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 14/6/2010 et 21/6/2012.2010

Commentaire : Daniel Delafosse